Larry C. Johnson

« La GRANDE interview de Poutine » est à voir absolument. Il a réalisé cette interview dimanche, sans doute en prévision de l’énorme annonce de Trump concernant l’aide à l’Ukraine, qui s’est avérée être un pet de souris à mon avis (j’y reviendrai plus tard). Le contraste entre la façon dont Poutine parle et répond aux questions et la performance maladroite de Donald Trump est stupéfiant. Prêtez une attention particulière au langage corporel de Poutine… il est détendu et ouvert. Aucune tension ou nervosité n’est visible. Il est également capable d’autoréflexion et n’a pas peur d’admettre ses erreurs.
L’importance des propos de M. Poutine réside dans le fait qu’il explique clairement deux raisons fondamentales de la tension entre la Russie et l’Occident : les mensonges répétés des dirigeants occidentaux et les rejets répétés des offres russes de coopération sur des questions de sécurité nationale mutuelle. L’entretien est bref, mais profond :
Ce qui m’amène à l’énorme annonce de Trump sur l’aide à l’Ukraine. Après son discours aujourd’hui, alors que j’étais assis à côté du secrétaire général de l’OTAN, M. Rutte, j’ai entendu Peggy Lee chanter « Is that All There Is ? La grande révélation de M. Trump est que l’OTAN, qui est essentiellement contrôlée par les États-Unis, va désormais nous acheter certaines armes pour les donner ensuite à l’Ukraine. Il a également déclaré que la Russie avait 50 jours pour accepter un cessez-le-feu et que, si elle continuait à refuser le cessez-le-feu mis en place par Trump, ce dernier imposerait des droits de douane de 100 % aux pays qui soutiennent la Russie, c’est-à-dire la Chine et l’Inde.
Pourquoi 50 jours ? Poutine a-t-il dit à Trump, lors de leur conversation du 3 juillet, que la Russie vaincrait l’Ukraine d’ici le 2 septembre ? C’est peu probable, mais je n’ai pas trouvé d’autre explication que de conclure qu’il s’agit d’un chiffre arbitraire qui, à mesure que la date approche, permettra à Trump de faire marche arrière et de fixer une autre date limite artificielle. La réalité est que les États-Unis n’ont pas de systèmes d’armes qu’ils enverront à l’Ukraine par l’intermédiaire de l’OTAN et qui modifieront la situation tactique et stratégique sur le terrain. L’Ukraine perd des territoires et des hommes à un rythme accéléré, et cette situation ne fera qu’empirer au cours des deux prochains mois.