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Un convoi, qui transporte le militant communiste libanais Georges Ibrahim Abdallah, quitte la prison de Lannemezan, près de Tarbes, dans le sud-ouest de la France, pour son extradition vers Beyrouth, le 25 juillet 2025.
Un convoi, qui transporte le militant communiste libanais Georges Ibrahim Abdallah, quitte la prison de Lannemezan, près de Tarbes, dans le sud-ouest de la France, pour son extradition vers Beyrouth, le 25 juillet 2025. ED JONES / AFP

Son incarcération en France aura duré quarante ans. Le militant libanais propalestinien, Georges Ibrahim Abdallah, condamné dans les années 1980 pour complicité d’assassinats de diplomates américain et israélien, a quitté sa prison dans la nuit, vendredi 25 juillet, et sera bientôt de retour au Liban.

Sur les coups de 3 h 40 vendredi, un convoi de six véhicules, dont deux vans noirs et la voiture du préfet des Hautes-Pyrénées, s’est élancé du centre pénitentiaire de Lannemezan, gyrophares allumés, a constaté une équipe de l’Agence France-Presse (AFP), sans pouvoir apercevoir le militant à la barbe désormais blanche. Ce dernier a ensuite pris un vol entre Tarbes et l’aéroport de Roissy en région parisienne.

Le vol Air France AF564, à bord duquel se trouve le militant libanais propalestinien, a décollé peu après 9 h 30 du tarmac, direction Beyrouth, au Liban. « C’est à la fois une joie pour lui, un choc émotionnel et une victoire politique après tout ce temps », a confié à l’AFP son avocat, Jean-Louis Chalanset, après le départ du convoi. « Il aurait dû sortir il y a tellement longtemps », a-t-il ajouté.

Présenté par ses défenseurs comme « le plus vieux prisonnier politique de France et même d’Europe », ses détracteurs voient plutôt en lui un terroriste, fier d’avoir tué le lieutenant-colonel américain Charles R. Ray, le 18 janvier 1982, et Yacov Barsimantov, deuxième secrétaire de l’ambassade d’Israël et probablement affilié au Mossad, le 3 avril 1982. Des assassinats perpétrés alors que les combats entre Israël et les fedayins de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), alors implantés au Liban, faisaient rage.

La semaine dernière, la cour d’appel de Paris avait ordonné sa libération « à compter du 25 juillet », à condition qu’il quitte le territoire français et n’y revienne plus. Selon MChalanset, qui l’a vu une dernière fois dans sa prison jeudi, « il semblait très heureux de sa prochaine libération, même s’il sait qu’il arrive au Moyen-Orient dans un contexte extrêmement lourd pour les populations libanaises et palestiniennes ». L’avocat devait désormais, a-t-il dit, « prévenir ceux qui l’attendent samedi à Beyrouth », car Georges Abdallah devrait rallier son pays natal un jour plus tôt que prévu.