Étiquettes

, ,

Le Premier ministre français François Bayrou a regretté lundi « un jour sombre » pour l’Europe qui « se résout à la soumission » en signant l’accord commercial annoncé dimanche entre l’Union européenne et les États-Unis.

AFP

French President Emmanuel Macron (R) and French Prime Minister Francois Bayrou (L) talk during a meeting with New Caledonia's elected officials and state representatives at the Elysee Palace, in Paris on July 12, 2025. France on July 12, announced a "historic" accord with New Caledonia in which the overseas territory, rocked by deadly separatist violence last year, would remain French but be declared a new state. After 10 days of talks, the parties agreed that a "State of New Caledonia" should be created. Home to around 270,000 people and located nearly 17,000 kilometres (10,600 miles) from Paris, New Caledonia is one of several overseas territories that remain an integral part of France. (Photo by Tom Nicholson / POOL / AFP)
« Un jour sombre », « une défaite »: en France, l’accord UE/USA est vivement critiqué

« C’est un jour sombre que celui où une alliance de peuples libres, rassemblés pour affirmer leurs valeurs et défendre leurs intérêts, se résout à la soumission », a réagi le chef du gouvernement sur X.

Quant à Emmanuel Macron, il n’a toujours pas réagi.

Le président américain Donald Trump et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen ont arraché dimanche en Ecosse un accord douanier prévoyant que les produits européens exportés aux Etats-Unis soient taxés à 15%. Les Européens espèrent à ce prix éviter une escalade commerciale.

« Ursula von der Leyen a accepté hier la reddition commerciale de l’Europe, au détriment de nos exportateurs, agriculteurs et industriels », a dénoncé sur X Jordan Bardella, le président du Rassemblement national. La veille, Marine Le Pen avait taclé « un fiasco politique, économique et moral ».

Avec cet accord, l’UE s’engage à 750 milliards de dollars d’achats d’énergie, visant notamment à remplacer le gaz russe, et à 600 milliards d’investissements supplémentaires aux États-Unis.

« C’est une défaite de la Commission européenne qui n’a pas su créer le rapport de force et défendre correctement les intérêts européens », a réagi Pieyre-Alexandre Anglade, député macroniste et président de la Commission des Affaires européennes de l’Assemblée nationale. Il dénonce un « signal de faiblesse » envoyé « à nos concurrents ». « Il faut se battre pour inverser les choses. »

« On peut encore jouer le rapport de forces. Trump ne s’en priverait pas quant à lui », a abondé Aurélien Rousseau, ex-ministre de la Santé (Place publique).

L’ex-ministre macroniste Clément Beaune, désormais à la tête du Haut-commissariat au Plan, s’est félicité que l’aéronautique soit épargné, qualifiant toutefois l’accord global de « déséquilibré ». « On ne peut pas être les Télétubbies du commerce international », a-t-il ajouté.

Mêmes critiques du côté du MoDem. « Je regrette profondément cet accord. Il évite certes une guerre commerciale, mais au prix d’une soumission coupable, d’une hypothèque sur notre futur et du sacrifice de pans entiers de notre souveraineté. C’est un mauvais deal, sauf pour Trump », a affirmé le député Philippe Latombe sur X.

Dimanche, le Parti socialiste avait déploré une « vassalisation » de l’UE, Jean-Luc Mélenchon (LFI) dressant « le choix de l’insoumission à l’Empire et le non-alignement » comme la « seule alternative possible ».