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Complicité dans la famine, Etats-Unis, Gaza, Israël, Union Européenne

Par Elijah J. Magnier
À Gaza, la famine n’est pas une conséquence de la guerre : elle est la guerre. Il ne s’agit pas d’un échec logistique, mais d’un succès stratégique. Et dans cette catastrophe en cours, l’Occident n’est pas un simple spectateur : il est un acteur central. Alors que le gouvernement israélien, dirigé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, resserre son blocus sur Gaza, des millions de civils sont confrontés à une famine planifiée. Ce n’est pas un accident. C’est le résultat de décisions délibérées : couper l’approvisionnement en nourriture, en eau, en électricité, en carburant et en aide humanitaire, et bloquer les convois de secours. Ce qui se déroule n’est pas une catastrophe naturelle, mais une famine provoquée par l’homme, imposée avec une précision clinique.
Malgré des preuves accablantes et une indignation internationale, les États-Unis et l’Union européenne ont refusé de tenir Israël pour responsable. Pire encore, ils continuent d’armer, de financer et de protéger l’entité responsable de l’un des blocus les plus brutaux du XXIe siècle.
Le gouvernement de Netanyahu utilise la famine pour atteindre un objectif politique cynique : le nettoyage ethnique de la population palestinienne de Gaza. Cette stratégie est en troublante harmonie avec les propos du président américain Donald Trump, qui, dès sa première semaine en fonction, aurait suggéré de transformer Gaza en une « Riviera » et en un projet immobilier lucratif, ambition faisant écho à ses succès commerciaux à Manhattan.
Symbole glaçant de cette complicité, le conseiller spécial de Trump et magnat de l’immobilier Steve Witkoff a visité Gaza, passant cinq heures à un point de distribution alimentaire à Rafah – tristement surnommé la « zone piège mortel » – où les Palestiniens cherchant de l’aide sont régulièrement pris pour cibles. Le message était clair : les États-Unis ne se contentent pas d’observer, ils participent activement à la mise en œuvre de cette politique de famine stratégique et de changement démographique forcé. À cela s’ajoute la complicité quasi-totale de la société israélienne, dont le débat public est obsédé par le sort de 20 prisonniers israéliens, tandis que les 2,5 millions de Palestiniens affamés et assiégés sont largement ignorés.
Trump a également évoqué la « petitesse géographique d’Israël » et son « besoin d’agrandissement » – un discours qui s’inscrit parfaitement dans la vision du « Grand Israël » défendue par la coalition d’extrême droite actuellement au pouvoir. Cette guerre n’est donc pas simplement une opération militaire, mais fait partie intégrante d’un projet expansionniste plus vaste. Tandis que Gaza est réduite en poussière par les bombes et la faim, la même machine idéologique poursuit son œuvre d’annexion en Cisjordanie, avec le soutien des États-Unis et la passivité européenne.