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TÉHÉRAN, 31 août (MNA) – Le professeur Hongda Fan affirme qu’avec l’escalade des tensions avec l’Europe et les États-Unis, l’Iran a le droit souverain de se retirer du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) en tant que nation indépendante.

Le 28 août 2025, le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne (E3) ont annoncé leur décision de déclencher le mécanisme de « snapback » prévu par la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies. L’Iran a qualifié l’action de l’E3 d’« injustifiée, illégale et dépourvue de tout fondement juridique », soulignant que Téhéran réagirait de manière appropriée pour protéger ses droits.

Le mécanisme de rétablissement, décrit dans la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies, permet aux signataires du JCPOA, les parties à l’accord nucléaire désormais caduc, de rétablir automatiquement les sanctions de l’ONU qui avaient été levées en échange de limitations des activités nucléaires de l’Iran, si Téhéran venait à violer de manière « significative » ses engagements.

Cette mesure est considérée comme très controversée et pourrait aggraver considérablement la situation déjà tendue autour du programme nucléaire iranien.

Pour mieux comprendre cette évolution, l’agence de presse Mehr News Agency a contacté le professeur Hongda Fan afin de recueillir son avis sur cette question. Voici le texte intégral de l’interview.

1. Le retrait potentiel de l’Iran du TNP (Traité de non-prolifération nucléaire) rendrait-il inefficace le mécanisme de « snapback » du JCPOA ?

Face à l’hostilité actuelle de certains pays européens et des États-Unis envers l’Iran, Téhéran doit certainement réagir. Le retrait du TNP est une option, et c’est un droit légitime de l’Iran en tant que nation indépendante. Cependant, le retrait de Téhéran du TNP pourrait ne pas apporter d’avantages significatifs à l’Iran. Dans ce cas, je pense qu’il serait difficile pour le Conseil de sécurité des Nations unies de prolonger l’exemption de sanctions pour l’Iran, et que ce dernier serait susceptible de faire face à des sanctions internationales encore plus strictes.

2. Quelles mesures concrètes l’Iran devrait-il prendre pendant le délai de 30 jours pour répondre aux pressions internationales ou renforcer sa position ?

D’une part, Téhéran devrait rechercher activement des négociations avec les trois pays européens que sont la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne, et devrait également reprendre les négociations avec les États-Unis. Négocier avec des pays hostiles n’est pas un signe de faiblesse, mais plutôt un moyen de mieux protéger les intérêts nationaux. Quels sont les intérêts nationaux fondamentaux de l’Iran ? Téhéran doit fournir une réponse claire qui corresponde à la volonté du peuple. Les négociations internationales devraient être menées sur cette base.

D’autre part, si les négociations échouent, l’Iran sera inévitablement confronté à des sanctions internationales encore plus strictes, en particulier de la part de l’Occident. Dans ce contexte, l’Iran doit activement développer ses relations avec l’Orient et les pays du Sud. Dans ce processus, Téhéran doit démontrer que ce choix diplomatique n’est pas une mesure temporaire, mais plutôt la manifestation d’une diversification diplomatique à long terme du pays.

En bref, dans un contexte d’incertitude extérieure, la tâche la plus urgente pour l’Iran est de parvenir à l’unité nationale et de transformer rapidement le potentiel de son peuple en réalité.

Hongda Fan est professeur à l’Institut d’études sur le Moyen-Orient de l’Université des études internationales de Shanghai, en Chine.