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«Il va falloir des ruptures, et pas seulement sur la forme ou dans la méthode. Des ruptures aussi sur le fond», a expliqué Sébastien Lecornu dans son discours. Il a également affirmé la nécessité de «changer» de méthode, «d’être plus créatif», tout en étant «plus sérieux dans la manière de travailler avec nos oppositions».
Après avoir remercié son prédécesseur, François Bayrou, pour son « extraordinaire courage », le nouveau locataire de Matignon a promis d’être « plus créatif », « plus sérieux dans la manière de travailler avec [les] oppositions », alors que la coalition gouvernementale sortante est privée de majorité à l’Assemblée nationale.
« On va y arriver », a-t-il lancé, promettant de recevoir les forces politiques « dans les tout prochains jours ».
L’ancien ministre des armées, très proche d’Emmanuel Macron, s’est contenté d’un discours très court – moins de cinq minutes – pour sa prise de fonctions, prônant « l’humilité » et « la sobriété » face à « cette instabilité et la crise politique et parlementaire que nous connaissons », a-t-il dit.
M. Lecornu a ajouté vouloir « mettre fin » au « décalage entre la vie politique du pays et la vie réelle », devenu selon lui « préoccupant » : « On ne pourra pas continuer ce décalage éternellement, parce qu’évidemment il nous rattrapera », a-t-il lancé.
Quelques instants plus tôt, François Bayrou lui avait assuré que son « aide » lui était « acquise à tout instant » pour « rassembler » plus largement. « Je ne crois pas une seconde que notre pays va rester éternellement dans les divisions, les injures, la violence », a assuré le maire de Pau, dans un discours également très bref.
Peu de temps après cette passation de pouvoirs, M. Lecornu a reçu l’ancien premier ministre et président du parti Renaissance, Gabriel Attal. Le patron des Républicains, ancien parti de M. Lecornu, Bruno Retailleau, également ministre de l’Intérieur démissionnaire, est arrivé à son tour à 15 h 30 avec le président du groupe LR à l’Assemblée, Laurent Wauquiez, et son homologue du Sénat, Mathieu Darnaud. Edouard Philippe, président d’Horizons et ancien premier ministre, sera reçu à 17 h 30.
Concernant les oppositions, le Parti socialiste et Les Ecologistes ont été contactés par Matignon et devraient être reçus dans un second temps, selon deux sources à gauche citées par l’Agence France-Presse. Enfin, au Rassemblement national, deux proches de Marine Le Pen assuraient, en fin de matinée à l’Agence France-Presse, ne pas avoir entendu parler d’une invitation.
Jordan Bardella a estimé, mercredi, que M. Lecornu était à « la tête d’un bail très précaire ». « Soit il y a une rupture, soit il y a une censure », a-t-il prévenu, appelant le nouveau premier ministre a changé la politique menée par les macronistes, sans quoi « il tombera comme M. Barnier et M. Bayrou ».