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De la « Riviera du Moyen-Orient » au « Plan Marshall », Donald Trump a beaucoup d’idées pour tenter de reconstruire la bande de Gaza.
Si la première avait fait un véritable tollé et choqué une partie de l’opinion publique, la seconde devrait être présentée à Benjamin Netanyahu. Le premier ministre israélien se rend à la Maison Blanche ce lundi et devra analyser cet ambitieux programme de développement économique.Trump annonce « quelque chose de spécial » dans les négociations au Moyen-Orient
Le plan Marshall, c’est quoi ?
Présenté en 21 points, il s’agit, selon ses concepteurs, d’un « plan de développement économique » pour « reconstruire et dynamiser » la bande de Gaza.
Il a été consulté par les journalistes du The Times of Israël. Premier enseignement : il s’éloigne fortement de l’ancien projet appelé « Riviera du Moyen-Orient ».
Dans cet ancien plan, Trump avait suggéré que les habitants de Gaza puissent être réinstallés en Jordanie ou en Égypte, malgré le refus catégorique de ces pays et des Palestiniens eux-mêmes. Il voulait, dans cette première version, « prendre le contrôle » de la bande de Gaza, ravagée par la guerre, pour en faire une destination luxueuse.
Cette fois, personne ne sera contraint de quitter Gaza, selon ce nouveau texte. Au contraire, les Gazaouis seront encouragés à rester et à investir dans l’avenir de leur territoire. En revanche (et sans surprise), le Hamas n’aura pas voix au chapitre et devra être écarté de toute responsabilité gouvernementale.
L’économie au centre du projet
De prime à bord, ce « plan Marshall » semble donc répondre à beaucoup plus d’exigences pour satisfaire éventuellement les deux camps.
Dans un premier temps, une aide humanitaire d’envergure affluerait vers Gaza dès la signature de cet accord. Objectif : rétablir l’électricité et l’approvisionnement en eau, déblayer les décombres, rouvrir les routes, puis reconstruire progressivement les infrastructures essentielles, en commençant par les hôpitaux, les écoles et les commerces alimentaires.
L’une des grandes nouveautés de ce plan correspond à sa dimension économique. Donald Trump souhaite créer une zone économique spéciale à Gaza, encadrée par des pays occidentaux, avec des infrastructures modernisées, des droits de douane réduits et une ouverture aux investissements étrangers.
Par cette action, le président américain souhaite pérenniser la viabilité économique de la région. Grâce à cela, Washington pourrait aussi profiter de ce nouveau pôle économique puisque cela représenterait un marché considérable pour ses entreprises.
Création d’un État palestinien
Enfin, et cela ne devrait pas plaire à Benjamin Netanyahu, ce plan marque son ouverture à la création d’un État palestinien. Ce qui ne devrait pas arriver tout de suite puisqu’avant de penser à cela, il faut stabiliser les tensions et accepter une période de transition qui pourrait être assez longue.
Pour stabiliser la région, un groupuscule international prendrait la main pour restaurer la sécurité et organiser la future gouvernance. Le texte affirme notamment que ce n’est qu’au terme « de ce processus que les conditions pourraient enfin être réunies pour une voie crédible vers un État palestinien », répondant ainsi à l' »aspiration légitime du peuple palestinien ».
Bien entendu, ce texte est encore (très) loin d’être en application. La Riviera du Moyen-Orient était avant tout une stratégie politique et médiatique. Ce plan pourrait aussi suivre cette même voie, surtout avec un Donald Trump qui convoite plus que jamais le prix Nobel de la paix.