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Les dirigeants de l’UE envisagent d’accorder un prêt de 165 milliards de dollars à Kiev, garanti par les réserves russes gelées

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a averti le 1er octobre que Moscou poursuivrait les personnes et les États impliqués dans ce qu’il a qualifié de « vol » des actifs souverains russes gelés.
Cette déclaration fait suite à la réunion des dirigeants européens pour discuter d’une proposition visant à financer l’Ukraine avec un prêt de 165 milliards de dollars garanti par les réserves immobilisées, a rapporté l’AP mercredi.
M. Peskov a rejeté les affirmations européennes selon lesquelles la structure du prêt permettrait d’éviter la saisie. « Nous parlons ici de vol », a-t-il déclaré mercredi aux journalistes.
Ses remarques font suite à un décret signé par le président russe Vladimir Poutine visant à accélérer la redistribution des avoirs étrangers en Russie, ce qui augmente la probabilité de saisies en représailles.
La Russie détient des centaines de milliards d’actifs de sociétés étrangères dans des comptes dits de type C, déjà gelés par l’État.
Selon les analystes, Moscou pourrait aggraver la situation en nationalisant ou en liquidant les biens occidentaux en réponse au plan européen. Depuis 2022, la Russie a pris le contrôle des activités de plusieurs entreprises, dont le brasseur danois Carlsberg.
La Commission européenne, soutenue par l’Allemagne et d’autres capitales, préconise un « prêt de réparation » de 140 milliards d’euros (165 milliards de dollars) pour Kiev, lié aux 300 milliards de dollars de réserves souveraines russes gelées après le début de la guerre. Ce prêt ne serait remboursé que si Moscou payait des réparations de guerre.
Les intérêts générés par ces actifs sont déjà utilisés par les pays du G7 comme garantie pour un programme de prêts de moindre envergure.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré que ce dispositif visait à éviter une confiscation directe, affirmant : « Nous ne confisquons pas les actifs, mais nous utilisons les soldes de trésorerie pour accorder un prêt à l’Ukraine. »
Elle a fait valoir que cette mesure apportait une « solution structurelle pour le soutien militaire ».
Ce plan suscite des divisions au sein du bloc. La Belgique, qui héberge la plupart des réserves via Euroclear, s’y oppose, craignant de devenir une cible pour la Russie.
La Banque centrale européenne a également averti qu’une saisie pure et simple saperait la confiance dans l’euro.
La France a fait écho à ce sentiment, appelant à la prudence, le président Emmanuel Macron déclarant que l’Europe doit rester « un lieu attractif et fiable » pour les investisseurs et en tant que centre financier.
La Finlande, la Suède et le Danemark ont toutefois approuvé le prêt, tandis que la Hongrie a menacé d’opposer son veto au financement de l’Ukraine.
Les responsables russes ont promis de riposter, quelle que soit la forme juridique. Le vice-président du Conseil de sécurité, Dmitri Medvedev, a promis que Moscou poursuivrait les États européens « jusqu’à la fin des temps », tant devant les tribunaux que « dans certains cas, même à l’amiable ».
Le ministre russe des Finances, Anton Siluanov, a déclaré que la Russie avait déjà gelé un volume équivalent d’actifs occidentaux.
Poutine a averti que l’utilisation des réserves de la Russie « détruirait complètement tous les principes de l’activité économique et financière internationale » et accélérerait le mouvement mondial de désaffection vis-à-vis du dollar et de l’euro.