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Collectif d'avocats, Justice, menaces de mort, Nicolas Sarkozy, plainte
Condamné à cinq ans de prison dans l’affaire libyenne, Nicolas Sarkozy fait l’objet d’une nouvelle plainte d’une vingtaine d’avocats, qui l’accusent d’”outrage à magistrat” et d’”atteinte à la justice” après des propos controversés au JDD.
Dans un entretien accordé au JDD, l’ancien président critiquait vivement la décision des juges dans l’affaire libyenne. MAXPPP – YOAN VALAT
Nicolas Sarkozy a été épinglé par une vingtaine d’avocats pour ses propos tenus dans un entretien accordé au Journal du dimanche samedi 27 septembre ne sont pas passés. L’ancien président de la République y estimait que sa condamnation « violait toutes les limites de l’État dr droit ». D’autres passages de l’interview ont également été incriminés dans la plainte, tels que celui où il indique qu’il ne pliera pas « face au mensonge, au complot et à l’insulte (des juges, NDLR) ».
Celle-ci a été déposée directement au parquet de Paris (Île-de-France) au nom d’une vingtaine d’autres avocats par le pénaliste Jérôme Giusti, également fondateur d’une « Brigade du droit », une structure engagée dans la défense de l’État de droit. « Lorsque Nicolas Sarkozy a été condamné, sa prise de parole à la sortie de l’audience semblait déjà être une attaque contre la justice. Mais c’est la réitération de ses propos dans le JDD qui nous a fait réagir », a affirmé Jérôme Giusti auprès de la chaîne d’information en continu.
« Tout le monde a le droit de critiquer une décision de justice. Nicolas Sarkozy a le droit de se défendre. Mais il y a des limites. On ne peut pas laisser passer cette attaque en règle de la justice », a-t-il ajouté. En outre, les propos de l’ancien locataire de l’Elysée constituent « un acte délibéré de discrédit porté à l’institution judiciaire, de nature à affaiblir la confiance des citoyens dans l’impartialité et l’indépendance de la justice », selon les signataires de la plainte.
« Les propos outranciers et dangereux de M. Nicolas Sarkozy nous causent par conséquent un préjudice d’exercice et d’image, tant matériel que moral » et « nuisent gravement à l’État de droit », précise la plainte.
La tension est renforcée par le climat entourant le jugement : la présidente de la 32e chambre correctionnelle, Nathalie Gavarino, a reçu des menaces de mort après le verdict.
Le parquet de Paris a confirmé l’ouverture de deux enquêtes distinctes sur ces menaces, sans se prononcer pour l’heure sur la plainte visant Nicolas Sarkozy.
Sollicité, l’avocat de l’ancien président, Me Christophe Ingrain, n’a pas répondu dans l’immédiat.