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Egypte, Gaza, la résistance Palestinienne, Palestine, plan trump, pressions américaines, Qatar, Turquie
Washington fait pression via le Qatar, l’Égypte et la Turquie pour pousser le Hamas à accepter le « plan Trump », tandis que Le Caire et Doha émettent des réserves quant à ses lacunes et que des cercles hébreux préviennent que le plan échouera et conduira à une escalade.

Alors que les dirigeants du Hamas et des factions de la résistance palestinienne continuent d’étudier le plan américain visant à mettre fin à la guerre israélienne sur la bande de Gaza, Washington intensifie les pressions exercées sur le mouvement ainsi que sur les pays médiateurs, notamment le Qatar, l’Égypte et la Turquie, afin de pousser ces parties à intensifier leurs pressions sur le Hamas pour l’inciter à accepter le plan.
Il semble que l’objectif principal de cette campagne soit de pousser le mouvement à prendre position sous une pression politique et médiatique intense, alors qu’il étudie les détails de l’initiative américaine et prépare sa réponse, sachant que Tel-Aviv et Washington sont convaincus que le mouvement émettra des réserves fondamentales sur ce qui est désormais connu sous le nom de « plan Trump ».
Selon les estimations des capitales concernées, le Hamas ne rejettera pas le plan dans son ensemble, mais cherchera à en modifier certaines clauses, ce que Washington considère comme une menace pour son essence même, ce qui explique le ton sévère adopté par l’administration américaine dans les déclarations de ses responsables. Ces déclarations sont comprises comme un message direct indiquant que la marge de négociation est très étroite, voire inexistante.
Dans ce contexte, le président américain Donald Trump a déclaré hier, lors d’une interview avec la chaîne « News One America », que « le problème du Moyen-Orient peut être facilement résolu après 3 000 ans, et nous aurons plus que Gaza », ajoutant : « Nous obtiendrons Gaza en plus d’une paix globale, ce qui sera une réalisation extraordinaire », avant d’ajouter : « Après avoir résolu la question de Gaza, nous nous pencherons sur celle de la Russie, que je pensais facile mais qui s’est avérée difficile ».
De son côté, la Maison Blanche a annoncé hier que Trump fixerait un délai à Hamas pour répondre à son plan de cessez-le-feu. Sa porte-parole, Caroline Levitt, a confirmé à Fox News qu’ « il y a une ligne rouge que le président des États-Unis devra tracer », soulignant que « le plan, qui comprend 20 points, bénéficie d’un large soutien international » et que « la Maison Blanche attend de Hamas qu’elle l’accepte pour aller de l’avant ».
Le Caire se montre de plus en plus sceptique quant aux chances de succès du plan.
Dans le même temps, Le Caire se montre de plus en plus sceptique quant aux chances de succès du plan. Selon des sources égyptiennes, « Al-Akhbar » que les responsables américains ont clairement fait savoir à leurs homologues cairotes que « le plan Trump constituait la dernière chance » avant qu’Israël ne lance une opération militaire de grande envergure dans la bande de Gaza visant à éliminer totalement le Hamas et les factions. Selon cette source, « Washington refuse de discuter de toute remarque de la part du mouvement ou des factions », notamment en ce qui concerne le calendrier de libération des prisonniers dans un délai de 72 heures, les détails du retrait israélien ou les mécanismes de gouvernance « au lendemain ».
Pour sa part, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdel Aty, a déclaré qu’il y avait « beaucoup de lacunes à combler » dans le plan de Trump, soulignant, lors d’un discours à l’Institut français des relations internationales, que « le plan nécessite davantage de discussions, notamment sur les mécanismes de mise en œuvre, en particulier en ce qui concerne la gouvernance et les dispositions sécuritaires ». Abdul Ati a souligné que son pays travaillait actuellement avec le Qatar et la Turquie pour influencer la position du Hamas et le pousser à accepter l’initiative américaine, avertissant que « le rejet du plan par le Hamas conduirait à une escalade dangereuse ». Il a également affirmé que « l’Égypte ne permettra en aucun cas le déplacement des habitants de Gaza, car cela signifierait la fin de la cause palestinienne ».
Alors que les médiateurs au Caire et à Doha poursuivent leurs contacts avec la participation de la Turquie, « Al-Akhbar » a appris que certaines observations palestiniennes préliminaires sur le plan ont été transmises directement au président américain lors de son entretien avec l’émir du Qatar, Tamim ben Hamad, hier soir. Du côté israélien, le journal hébreu Ma’ariv s’attendait à ce que le Hamas réponde au plan de Trump par un « oui, mais », c’est-à-dire une acceptation conditionnelle qui pourrait inclure des modifications incompatibles avec l’essence même de l’initiative.
Selon le journal, le plan est « en danger » en raison de « l’intransigeance de Hamas et de sa méfiance envers Israël ». Dans le même contexte, une note d’analyse publiée par l’Institut Masgav pour la sécurité nationale et la stratégie sioniste, rédigée par l’ancien conseiller à la sécurité nationale Meir Ben-Shabbat, a estimé que le plan en 21 points pourrait conduire à « une accalmie temporaire à Gaza sans s’attaquer aux véritables racines de la crise », Il a souligné que « le Hamas restera la force dominante dans la bande de Gaza même s’il ne se voit pas attribuer un rôle officiel dans son administration » et que le plan lui permet de restaurer ses capacités militaires sous le couvert de la « reconstruction civile », tant que la question du désarmement se limite aux « armes offensives ».
Ben Shabat a averti que « le plan pourrait transformer Gaza en un modèle similaire à celui du Hezbollah au Liban », où les institutions civiles sont gérées par une entité apparente, tandis que le Hamas contrôle les coulisses grâce à ses armes et à sa structure organisationnelle.
Il a estimé que « l’introduction de l’Autorité palestinienne dans l’équation du pouvoir ne changeait pas la nature de l’équation, à moins qu’elle ne s’accompagne d’une exigence de désarmement complet et de renversement du pouvoir de Hamas, ce qu’Israël considère comme une condition préalable à tout accord ». Tout en affirmant qu’Israël « a fait un grand pas vers la réalisation de son objectif de démantèlement de Hamas » grâce à l’opération militaire menée dans la ville de Gaza, il a souligné « la nécessité d’examiner en détail le plan américain avant de l’accepter, car l’absence de mécanismes de contrôle efficaces permettra au mouvement de continuer à renforcer ses capacités sous le couvert de l’aide humanitaire, ce qui va à l’encontre des intérêts stratégiques de Tel-Aviv ».