Étiquettes

, ,

La coalition a pris pour cible des « armes et des véhicules de combat » provenant des Émirats arabes unis au port de Mukalla, dans la province de Hadhramaout. (AFP)

Le président du Conseil, Rashad Mohammed al-Alimi, a annoncé dans un communiqué « l’annulation de l’accord de défense commune avec les Émirats arabes unis », appelant « toutes les forces émiraties et leurs membres à quitter l’ensemble du territoire yéménite dans les 24 heures ».

Il a également appelé « les forces du Bouclier national à se mobiliser et à prendre le contrôle de tous les camps militaires dans les provinces de Hadhramaout et de Mahra ».

Dans un autre communiqué présidentiel, le Conseil de direction a décidé de déclarer « l’état d’urgence sur tout le territoire de la République à compter du mardi 30 décembre 2025 pour une durée de 90 jours renouvelable », afin de « préserver la sécurité de tous les citoyens, d’affirmer son attachement à l’unité, à la souveraineté et à l’indépendance du Yémen, et de l’intégrité de son territoire, et en raison de la nécessité de faire face au coup d’État contre la légitimité qui se poursuit depuis 2014, ainsi qu’à la discorde interne menée par des éléments rebelles militaires qui ont reçu l’ordre des Émirats arabes unis d’intervenir militairement contre les provinces orientales dans le but de diviser la République du Yémen, et aux violations graves qu’ils ont commises à l’encontre de citoyens innocents ».

Le communiqué a appelé « toutes les forces et formations militaires des provinces de Hadhramaout et de Mahra à se coordonner pleinement avec le commandement de la coalition de soutien à la légitimité représentée par le Royaume d’Arabie saoudite, à regagner immédiatement leurs positions et leurs camps d’origine sans aucun affrontement et à remettre tous les sites aux forces du Bouclier national ».

La décision présidentielle a également accordé « aux gouverneurs de Hadhramaout et de Mahra tous les pouvoirs pour gérer les affaires des deux provinces et coopérer pleinement avec les forces du Bouclier national jusqu’à la prise de contrôle des camps », en plus d’« imposer un embargo aérien, maritime et terrestre sur tous les ports et points d’entrée pendant 72 heures ».

Opération militaire de la coalition

Dans ce contexte, la coalition menée par l’Arabie saoudite au Yémen a annoncé aujourd’hui avoir mené une « opération militaire limitée » visant des « armes et des véhicules de combat » provenant des Émirats arabes unis au port de Mukalla, dans la province de Hadhramaout, récemment prise sous le contrôle du Conseil de transition sudiste séparatiste soutenu par les Émirats.

Le porte-parole officiel des forces de la coalition, Turki al-Maliki, a indiqué que samedi et dimanche derniers, « deux navires en provenance du port de Fujairah sont entrés dans le port de Mukalla sans avoir obtenu les autorisations officielles du commandement des forces conjointes de la coalition », précisant que « l’équipage des deux navires a désactivé les systèmes de suivi des navires et déchargé une grande quantité d’armes et de véhicules de combat pour soutenir les forces du Conseil de transition du Sud dans les provinces orientales du Yémen (Hadramout, Al-Mahra) dans le but d’attiser le conflit, ce qui constitue une violation flagrante de l’imposition d’un cessez-le-feu et de la recherche d’une solution pacifique ».

Al-Maliki a ajouté que « conformément à la demande du président du Conseil de direction présidentiel yéménite aux forces de la coalition de prendre toutes les mesures militaires nécessaires pour protéger les civils dans les provinces de Hadhramaout et de Mahra… les forces aériennes de la coalition ont mené ce matin une opération militaire limitée visant les armes et les véhicules de combat déchargés des deux navires dans le port de Mukalla ».

Au début du mois, le Conseil de transition, principal partenaire du gouvernement d’Aden, s’est emparé de vastes territoires dans les provinces de Hadhramaout et de Mahra, limitrophes de l’Arabie saoudite et de la Sultanat d’Oman, lors d’une attaque éclair.

Il a affirmé que l’opération visait à expulser les islamistes et à mettre fin aux opérations de contrebande au profit du mouvement « Ansar Allah ».

Vendredi, le gouvernement d’Aden a demandé à la coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite de prendre des « mesures militaires » pour le soutenir, ce qui a poussé la coalition à menacer samedi de riposter aux mouvements militaires des séparatistes soutenus par les Émirats. Cependant, le Conseil de transition a réitéré son refus de se retirer, affirmant son attachement à la « restauration des droits » du sud du Yémen.

Al Akhbar