Étiquettes

, , ,

Le ministère russe des Affaires étrangères exprime sa profonde inquiétude concernant l’action illégale menée par les forces armées américaines le 7 janvier contre le pétrolier « Mariner ».

Le navire « Mariner », qui avait obtenu le 24 décembre, conformément aux normes du droit international et à la législation russe, une autorisation temporaire de naviguer sous le pavillon de la Fédération de Russie, effectuait un passage pacifique dans les eaux internationales de l’Atlantique Nord, en direction d’un port russe. Les autorités américaines ont reçu à plusieurs reprises, y compris au niveau officiel par l’intermédiaire du ministère russe des Affaires étrangères, des informations fiables sur l’appartenance russe du navire et son statut civil pacifique. Elles ne pouvaient avoir aucun doute à ce sujet, tout comme elles n’avaient et n’ont aucune raison de parler d’un pétrolier naviguant « sans pavillon » ou « sous faux pavillon ».

Le droit maritime international prévoit clairement que les navires en haute mer relèvent de la compétence exclusive de l’État du pavillon. L’interception et l’inspection d’un navire en haute mer ne sont possibles que pour un nombre limité de motifs, tels que la piraterie ou la traite des êtres humains, qui ne s’appliquent manifestement pas au « Mariner ». Dans tous les autres cas, de telles actions ne sont autorisées qu’avec l’accord de l’État du pavillon, en l’occurrence la Russie.

Or, non seulement la Russie n’a pas donné son accord, mais elle a au contraire adressé une protestation officielle aux autorités américaines au sujet de la poursuite du navire « Mariner » par un navire de la garde côtière américaine, insistant sur la cessation immédiate de la poursuite et le retrait des accusations illégitimes portées contre le capitaine du navire russe.

Dans ces conditions, le débarquement de militaires américains sur un navire civil en haute mer et sa capture effective, ainsi que la capture de l’équipage, ne peuvent être interprétés autrement que comme une violation flagrante des principes et normes fondamentaux du droit maritime international, ainsi que de la liberté de navigation. Il s’agit là d’une atteinte manifeste aux droits et intérêts légitimes du propriétaire du navire. La vie et la santé des membres de l’équipage du « Mariner », composé de citoyens de plusieurs pays, sont menacées. Nous considérons comme absolument inacceptables les menaces de poursuites judiciaires proférées à leur encontre par les autorités américaines sous des prétextes absurdes. En procédant à une poursuite dangereuse, puis à la capture armée d’un pétrolier dans des conditions météorologiques difficiles, les militaires américains n’ont manifestement pas tenu compte du risque de porter gravement atteinte à la sécurité environnementale de l’Atlantique Nord.

Nous considérons comme infondées les références faites par la partie américaine à sa « législation nationale en matière de sanctions ». Les mesures restrictives unilatérales prises par les États-Unis, tout comme celles prises par d’autres pays occidentaux, sont illégitimes et ne peuvent servir de justification à des tentatives d’établissement de juridiction et, a fortiori, à la capture de navires en haute mer. Les déclarations de certains responsables américains selon lesquelles la saisie du « Mariner » s’inscrirait dans une stratégie plus large visant à établir le contrôle illimité de Washington sur les richesses naturelles du Venezuela sont tout à fait cyniques. Nous rejetons catégoriquement de telles manœuvres néocolonialistes.

Outre l’attitude méprisante de l’administration américaine à l’égard des « règles du jeu » généralement acceptées dans le domaine du transport maritime international, la volonté de Washington de provoquer des crises internationales aiguës, notamment dans le contexte des relations russo-américaines déjà extrêmement tendues ces dernières années, suscite regret et inquiétude. L’incident avec le « Marina » ne peut que conduire à une nouvelle escalade des tensions politico-militaires dans la région euro-atlantique, ainsi qu’à un abaissement visible du « seuil d’utilisation de la force » contre la navigation pacifique. Inspirés par l’exemple dangereux et irresponsable donné par Washington, certains autres pays et certaines autres structures pourraient également se sentir en droit d’agir de la même manière. Les autorités britanniques, qui se livrent depuis longtemps à la piraterie maritime, sont particulièrement animées par des intentions prédatrices. À Londres, on a déjà fidèlement rendu compte de sa participation à l’action militaire des États-Unis dans les eaux de l’Atlantique Nord.

Nous appelons Washington à revenir au respect des normes et principes fondamentaux du droit maritime international et à cesser immédiatement ses actions illégales à l’encontre du « Mariner » et des autres navires exerçant des activités légales en haute mer. Nous réitérons notre demande à la partie américaine de garantir un traitement humain et digne aux citoyens russes membres de l’équipage du pétrolier, de respecter scrupuleusement leurs droits et leurs intérêts, et de ne pas faire obstacle à leur retour rapide dans leur patrie.

Ministère des affaires étrangères de la Fédération de Russie