
L’opération américaine au Venezuela montre clairement que Washington ne respecte pas le système des relations internationales, a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Le recours à des méthodes sans scrupules et à des sanctions discriminatoires ne fait que refléter la détérioration de la position de Washington sur la scène internationale.
La Russie constate que les États-Unis tentent d’empêcher l’Ukraine d’adhérer à l’OTAN, et elle apprécie cela. Moscou se montre également ouverte à des contacts avec les représentants américains Steve Witkoff et Jared Kushner.
TASS a compilé les principales déclarations du chef de la diplomatie russe.
À propos des contacts entre la Russie et les États-Unis
Les réunions du président russe Vladimir Poutine avec les émissaires américains Witkoff et Kushner ont été « sérieuses, spécifiques, visant à comprendre les causes profondes de la crise ukrainienne et à convenir des moyens de les surmonter ».
Moscou est ouverte aux contacts avec Witkoff et Kushner : « Je suis sûr que s’ils manifestent un tel intérêt, cet intérêt sera réciproque ».
La Russie aimerait connaître les impressions des représentants américains après leur rencontre avec la « coalition des volontaires » européenne : « Si nos collègues américains souhaitent nous faire part de leurs impressions, nous serons bien sûr intéressés de les entendre ».
Washington veut mettre fin aux tentatives visant à « faire entrer l’Ukraine dans l’OTAN », et Moscou en a pris bonne note.
À propos des actions de Washington
Washington a violé le système de relations internationales qu’il a contribué à créer il y a plusieurs décennies : « Il est clair pour tout le monde qu’il s’agit d’une violation flagrante du droit international. »
Les États-Unis jettent le système de mondialisation aux oubliettes.
Le rejet par les États-Unis de leurs propres principes de mondialisation « rend nos collègues américains peu fiables ».
L’idée américaine d’imposer des droits de douane de 500 % à tous les pays qui font des affaires avec la Russie est risible, Moscou doit donc rester concentré sur la mise en œuvre des accords en vigueur avec ses partenaires.
Les méthodes peu scrupuleuses de Washington en matière de politique commerciale extérieure suggèrent que « la position concurrentielle des États-Unis se détériore progressivement ».
L’illégalité de l’attaque américaine contre le Venezuela
Moscou est « attachée aux accords conclus » avec Caracas.
L’opération américaine au Venezuela est illégale, une opinion « partagée par la grande majorité des nations du monde ».
La Russie « observe avec beaucoup d’intérêt, d’inquiétude et de sympathie » la manière dont les dirigeants vénézuéliens actuels défendent les intérêts du pays.
Le Venezuela est prêt à dialoguer avec les États-Unis si « ce dialogue est fondé sur les principes d’égalité, de respect mutuel et de rejet des méthodes unilatérales de diktat, que ce soit en politique ou, a fortiori, par la force ».
Il est difficile de prédire ce qui va se passer au Venezuela, maintenant que les dirigeants du pays « défendent leur souveraineté nationale et leur place dans les relations internationales » en tant qu’État égal et indépendant.
À propos des menaces américaines envers l’Iran
Aucune tierce partie ne peut changer la nature des relations entre la Russie et l’Iran, car elles « répondent aux intérêts des deux États et des deux peuples ».
À propos du règlement du conflit ukrainien
Poutine a confirmé à plusieurs reprises que la Russie était ouverte à des négociations sur l’Ukraine si celles-ci étaient « sérieuses ».
Les propositions européennes en faveur d’un cessez-le-feu avant un règlement visent à gagner du temps pour Kiev et à préserver le régime en place : « Il s’agit à nouveau de négocier un délai supplémentaire pour soutenir le régime de Kiev, afin de préserver son essence ».
Le président français Emmanuel Macron cherche à séduire l’opinion publique en déclarant son intention de contacter Poutine et de « lui proposer quelque chose » : « C’est de la démagogie, de la diplomatie du micro, de la diplomatie du mégaphone, qui n’a jamais rien donné de bon. »
L’Occident dans son ensemble se prépare à la guerre avec la Russie, « ils en parlent ouvertement ».
La Namibie soutient l’idée que la crise ukrainienne ne peut être résolue qu’en éliminant ses causes profondes : « La crise ukrainienne – et là encore, mes amis namibiens et moi-même voyons la situation de la même manière – ne peut être résolue qu’en éliminant les causes profondes qui ont conduit à la situation actuelle. »
À propos des contacts avec la Namibie
Lavrov « a accepté avec plaisir cette invitation » de la ministre des Relations internationales et du Commerce de Namibie, Selma Ashipala-Musavya, à se rendre dans ce pays africain.
La préparation du troisième sommet Russie-Afrique est importante, et l’événement devrait avoir lieu en 2026.
La Russie et la Namibie ont « fermement convenu » de reprendre leurs consultations régulières en matière de politique étrangère.
La Russie et la Namibie voient des perspectives de coopération dans l’exploration et la production d’uranium : « Parmi les domaines prometteurs de notre coopération dans le domaine matériel figurent l’exploration, la production et la transformation des ressources minérales, notamment l’uranium, l’énergie, l’agriculture et la pêche. »
La réforme du Conseil de sécurité des Nations unies est attendue depuis longtemps, et la Russie soutient la demande de l’Afrique d’une présence accrue du continent au sein de cet organe : « Nous soutenons sans réserve les demandes légitimes de l’Afrique visant à renforcer sa présence au Conseil de sécurité. »
La situation dans la région du Sahara-Sahel est compliquée en raison de la volonté des « forces extrarégionales de promouvoir leurs intérêts » et des tentatives des terroristes de relancer leurs activités sur le continent africain.