Par Caitlin Johnstone
On peut toujours évaluer la cruauté quotidienne de l’empire américain d’après l’expression du visage du sénateur belliciste Lindsey Graham. En ce moment même, on dirait qu’il vient de découvrir sa mère noyée dans sa baignoire.
En début de mois, il semblait tout excité en posant avec le président Trump, brandissant une casquette “Make Iran Great Again” et s’extasiant sur un changement de régime à Cuba, prochain gouvernement socialiste d’Amérique latine à subir les barbares ingérences des États-Unis après le Venezuela, selon ses dires. Mais dans une vidéo de Fox News partagée par le sénateur de Caroline du Sud sur Twitter, il semble avoir passé la nuit à sangloter et à abuser de substances toxiques.
« La détermination du président Trump n’est pas en cause », a déclaré Graham d’un ton sombre aux journalistes jeudi, à propos d’une éventuelle attaque contre l’Iran. « La question est la suivante : lorsque nous menons une opération comme celle-ci, doit-elle être de grande ou de petite envergure ? Je suis partisan d’une opération de grande envergure. L’avenir nous le dira. Je suis optimiste et j’ai bon espoir que les jours du régime sont comptés. »
Je me fie davantage à l’air morose de Graham que sur les récentes informations selon lesquelles les frappes aériennes américaines sur l’Iran sembleraient désormais peu probables, car les États-Unis et Israël ont tendance à désinformer systématiquement sur leurs intentions avant de passer à l’attaque. En juin, Trump a feint d’espérer une solution diplomatique avec l’Iran concernant son programme nucléaire sur les réseaux sociaux quelques heures avant de bombarder les sites nucléaires iraniens. Méfions-nous donc des “informations” selon lesquelles Israël et les États arabes auraient réussi à convaincre Trump de suspendre son attaque contre l’Iran.
Et l’expression affligée de Lindsey Graham ? J’y vois personnellement un signe très rassurant. La guerre avec l’Iran a peut-être vraiment été reportée pour l’instant. Un cauchemar de moins en perspective.
Il serait peut-être judicieux de publier quotidiennement un “Graham-o-Meter” affichant la tête de Lindsey Graham sur une échelle allant de “déprimé” à “extatique”, pour illustrer à quel point l’empire américain est nuisible tel ou tel jour. Lorsque les États-Unis ordonnent des frappes aériennes ou orchestrent un changement de régime, le Graham-o-Meter afficherait un Lindsey aux anges, et lorsque l’empire reporte un coup de force, il présenterait un Lindsey accablé.
On dit souvent que Lindsey Graham est gay, mais je ne pense pas que ce soit le bon diagnostic. S’il existe un terme pour désigner une orientation sexuelle dont l’unique source de jouissance est la violence militaire de masse, ce n’est certainement pas “gay”.
Espérons qu’à l’avenir, nous verrons plus souvent un Lindsey en déprime.