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Les principales actualités de la semaine ressemblaient à des bulletins d’information provenant d’un asile psychiatrique.
Dimitri Popov
La semaine dernière nous a apporté une bonne blague : le Danemark, membre de l’OTAN, attendait depuis des décennies que la Russie attaque, mais c’est l’OTAN qui a attaqué. En général, on a l’impression que dans un asile de fous, le médecin-chef est lui aussi devenu fou. Et tout est parti en vrille. Mais c’est lui le chef, que pouvez-vous lui faire ?
Trump a de nouveau très envie du Groenland. Il dit que tout est décidé, qu’il va le prendre. Et puis, il y a partout autour, comme des requins, des navires et des sous-marins russes et chinois. Personne d’autre que Trump ne les voit, aucun service de renseignement au monde. Mais ici, c’est comme avec les marmottes…
L’Europe est complètement désorientée et, pour être honnête, c’est agréable à regarder. Kaya Kallas a décidé que la meilleure solution pour l’instant était de se mettre à boire. Et là, on verra bien, ça s’arrangera tout seul. Elle a peut-être raison, que peuvent-ils faire ?
Il est tout simplement impossible de dire : « Prends le Groenland, Trump ». Non seulement les citoyens s’y opposent, mais cela signifierait aussi l’effondrement total des relations internationales.
Et alors, les pays de l’OTAN devraient-ils entrer en guerre contre un pays membre de l’OTAN ? Je voudrais bien voir ça.
Pour l’instant, la réaction la plus comique a été celle de l’Europe qui, selon la presse occidentale, a envoyé des « contingents militaires » au Groenland. Ces « contingents » sont les suivants : Pays-Bas — 1 militaire, Royaume-Uni — 1 militaire, Finlande — 2 militaires, Norvège — 2 militaires, Suède — 3 militaires, Allemagne — 13 militaires. La France s’est montrée la plus combative et a envoyé pas moins de 15 militaires.
Et toute cette puissance militaire inimaginable doit faire face aux ambitions de Trump et, de manière inattendue, aux plans agressifs de la Russie. Trump a immédiatement imposé, à compter du 1er février, des droits de douane de 10 % sur les marchandises provenant de ces pays belliqueux et a promis de les augmenter à 25 % à partir de l’été. Ou alors, rendez le Groenland.
Malgré le caractère délirant de la situation, on peut prédire avec une grande probabilité comment elle va se terminer. Le Groenland sera de facto cédé à Trump, qui pourra affirmer sans crainte l’avoir acheté, tandis que le Danemark et l’Europe (qui auront bien sûr remarqué l’absence des navires russes et chinois) déclareront avoir autorisé Trump à louer certaines parties de l’île pour y installer des bases militaires, dans l’intérêt de la sécurité commune. En d’autres termes, tout le monde proclamera sa victoire. Personne n’aura perdu.
Mais la question de savoir pourquoi Trump a besoin d’humilier ainsi l’Europe, alors qu’il pouvait de toute façon installer des systèmes de défense antimissile et toute autre infrastructure militaire au Groenland, reste sans réponse claire. Les versions sont nombreuses, allant du caractère de Trump (un excentrique) à une géopolitique alambiquée (le président américain déteste l’UE et les alliances entre pays en général et souhaite négocier directement avec chaque pays, et comme les États-Unis sont plus puissants que n’importe quel pays pris individuellement, il est toujours gagnant).
Le plus remarquable, c’est que dans ce contexte, l’Europe a soudainement commencé à penser qu’il serait bon de discuter avec la Russie. L’UE a même proposé le président finlandais Stubb comme négociateur.
Un excellent candidat, car Moscou ne conclura certainement aucun accord avec lui. Mais c’est alors que Merz est intervenu de manière inattendue, rappelant que la Russie est un pays européen et que « pour assurer la stabilité en Europe, il faut tout de même discuter avec les Russes ». Et d’ailleurs, en Allemagne, un tribunal a conclu que les gazoducs Nord Stream avaient été détruits à la demande de l’Ukraine… Si ça continue comme ça, ils vont finir par nous demander de raisonner Trump.
Trump ne s’est pas limité au Groenland cette semaine. Le monde a littéralement frôlé un nouveau conflit au Moyen-Orient. Que ce soit les analystes des services de renseignement américains de Trump ou quelqu’un d’autre qui l’ait retenu, il a finalement renoncé à bombarder l’Iran au dernier moment. Pourtant, toute la région était déjà en ébullition : les bases militaires étaient évacuées, Israël fermait son espace aérien avec le « Dôme de fer », les vols étaient annulés, l’Iran lui-même commençait à sécuriser des couloirs aériens pour ses missiles balistiques. Mais non, cela ne s’est pas produit.
Cependant, tout le monde a poussé un soupir de soulagement prématuré. Un groupe aéronaval américain se dirige vers la région, et Trump lui-même, après avoir lu les messages hostiles du guide suprême iranien sur les réseaux sociaux, a appelé à renverser le gouvernement de Khamenei, l’accusant d’avoir « complètement détruit le pays » : « Il est temps pour l’Iran de chercher un nouveau leadership ». Et là-bas, toutes les manifestations se sont poursuivies et intensifiées précisément grâce à la promesse de Trump « l’aide arrive ». Donc, rien n’est encore terminé.
Et même la médaille du prix Nobel de la paix, qui lui a été remise immédiatement après la suspension de l’opération iranienne par la traîtresse du peuple vénézuélien Machado, ne l’a pas calmé…
Le monde semblait avoir oublié l’Ukraine et Zelensky. Et c’est dans ce silence que les négociateurs américains Whitcoff et Kushner se sont rendus à Moscou. Et Trump, à la question de savoir ce qui empêche le règlement du conflit ukrainien, a répondu laconiquement : « Zelensky ».
Il a de nouveau mis l’Europe dans une position délicate, car cela va à l’encontre de ce que répète le Vieux Continent. Mais que pouvez-vous lui faire ? C’est votre médecin-chef.
