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Etats-Unis, Israël, La Syrie, le Maroc du Roi, les émirats d'Al-Zayed, les traîtres, Liban
Ibrahim Al-Amine
Il n’y a plus besoin d’informations ni d’analyses. Le bloc mené par les États-Unis a pris sa décision et a décidé que sa puissance lui permettait d’imposer ce qu’il voulait, où il voulait, à l’est, à l’ouest, au nord ou au sud. Tout ce que le Premier ministre canadien a dit, au moment de vérité, c’est que l’Amérique cherche à s’accaparer le monde, pays après pays, peuple après peuple, puissance après puissance, et qu’elle ne voit en ceux qui s’opposent à elle qu’une poignée de groupes humains faibles.
S’il n’est pas prévisible, du moins à court terme, que des puissances telles que la Chine ou des pays et des puissances moyennes, comme celles mentionnées par le responsable canadien, prennent des mesures concrètes pour contrer cette tendance, il est probable, et sans surprise, que les États-Unis multiplient leurs actes de brutalité et leurs crimes à travers le monde.
Dans notre région, la politique américaine accule tout le monde dans un coin et leur donne le choix entre se ranger à ses côtés en position d’infériorité ou se soumettre à elle. Elle n’accepte plus les demi-alliances ou les quarts de coopération, ni le silence, la neutralité ou l’indifférence, mais exige une participation active de tous ceux qui se considèrent comme ses alliés.
Dans cette région, Israël prend la tête de cet aspect de l’alliance. Elle établit une coopération directe avec des pays qui n’ont plus honte de leurs relations avec l’entité, comme les Émirats d’Al-Zayed, le Maroc du roi tremblant ou les séparatistes qui se répandent en Syrie, au Yémen, en Irak, en Libye, au Soudan et en Somalie, et elle offre ses services sécuritaires et militaires, à condition de superviser directement toute coopération et tout soutien.
Quant aux alliés d’Israël parmi les États et les puissances, ils sont dans un état de capitulation quasi totale. Ils estiment que la situation est irrémédiable et que résister à cette attaque reviendrait à un véritable suicide. Mais ils ne se contentent pas de rester à l’écart, ils s’impliquent davantage dans le projet lui-même. Aucune minorité ne semble prête à se réveiller, même après ce qui est arrivé aux Kurdes de Syrie qui se considéraient comme des alliés des États-Unis et qui ont subi le sort qu’on leur a réservé. Ces forces séparatistes continuent de penser que leur avenir ne peut se construire et se poursuivre qu’en s’engageant dans le projet américano-israélien.
Bien sûr, il y a un vaste débat sur le comportement et les performances des forces au pouvoir dans tous les pays de la région, débat qui a déjà eu lieu avec des régimes comme ceux qui sont tombés en Irak et en Syrie. Mais rien ne laisse présager que ceux qui ont pris le pouvoir souhaitent un véritable partenariat avec les autres. Ce que le monde arabe a connu au cours des quinze dernières années suffit à affirmer que tout régime qui ne comprend pas le langage de son peuple s’effondrera à l’improviste, et que le monde entier ne sera pas en mesure de le protéger.
Les Libanais impliqués dans les projets des ennemis américains et israéliens tentent de répéter l’expérience de 1982, sans avoir bien pris la mesure des changements survenus dans la société et des aspirations du reste des Libanais.
Au Liban, le danger est particulièrement évident, non seulement parce que le projet américano-israélien est très clair et effronté, mais aussi parce que les forces locales, en particulier celles qui accueillent favorablement l’invasion étrangère, estiment que leur avenir dépend de leur soumission à l’administration américaine. Ce que nous avons vu un an après la guerre israélienne révèle que les agents des États-Unis et d’Israël ne sont ni peu nombreux ni limités en termes d’influence et de pouvoir.
Mais le plus grave, c’est qu’une partie importante des Libanais, qui reconnaissent le danger du projet américano-israélien, ont choisi de se rendre sous prétexte d’incapacité à résister. Ce prétexte ne signifie qu’une seule chose : ils ne veulent pas faire d’efforts ni consentir de sacrifices pour leur pays, ce qui fait d’eux des complices effectifs de la grande invasion.
Ce que fait le pouvoir de la capitulation, que ce soit à la tête des institutions de l’État libanais ou en son sein, c’est exactement le comportement de celui qui se résigne, qui non seulement refuse de résister, mais ne veut pas que quiconque résiste. Ils se montrent prêts à faire davantage de concessions et l’expriment dans leurs discours, leurs positions et leurs décisions, ainsi que dans leurs engagements, que les jours suivants ne tardent pas à révéler.
Aujourd’hui, le fou du monde se prépare à une nouvelle aventure, dont le titre annoncé est l’Iran, mais dont l’objectif réel est de soumettre toute la région d’un seul coup, d’obliger Israël à administrer ces pays et à piller leurs richesses, son but ultime étant de fragmenter la région et de la plonger dans des guerres civiles sans fin. Au milieu de cette folie, certains au Liban parient fortement sur cette aventure. Il existe un groupe au sein des institutions du pouvoir, parmi les forces politiques, et même dans le club des hommes d’affaires, qui pense qu’une frappe américaine contre l’Iran faciliterait l’élimination du Hezbollah.
Parmi eux, certains brandissent le slogan de la souveraineté, mais ne s’opposent pas à l’aide de l’armée syrienne, dirigée par Ahmad al-Shara, pour se débarrasser du Hezbollah et de la résistance. Ce courant se tient aujourd’hui sur la colline, s’imaginant que les États-Unis s’occuperont de frapper le centre mondial des forces de résistance et couperont la tête, après quoi toutes les autres parties s’effondreront.
Le problème avec ces personnes est qu’elles ignorent le fait qu’elles appellent à tuer une partie de leur peuple et qu’elles incitent en pratique au meurtre de Libanais de leur propre sang. Elles supposent, à tort, que ce groupe restera les bras croisés et se rendra pour sauver sa peau. Le problème de la mentalité dominante au sein de ce groupe d’agents libanais est qu’il a lui-même, par ses dirigeants ou ses héritiers, misé il y a plus de quarante ans sur les États-Unis et Israël, accueilli les armées israélienne, américaine et européenne, et constitué sa propre armée qui a mené des opérations de répression systématique contre son propre peuple.
Le problème de ce groupe ne réside plus seulement dans son esprit malade, mais aussi dans son ignorance des leçons de l’histoire. Il croit que le fait de se glorifier d’une époque révolue peut lui redonner son éclat et sa capacité à gouverner.
Le plus grave, c’est que ce groupe de mercenaires, répartis entre les institutions de l’État et ses forces politiques, religieuses et économiques, n’a pas compris que celui qui tente de répéter l’histoire doit se souvenir que l’histoire elle-même a réservé les réponses les plus sévères à de telles campagnes. Ce que nous voyons aujourd’hui, c’est une ignorance des droits des peuples à la terre, à la libération, au développement, à la souveraineté et à la liberté, qui n’est qu’une répétition de l’ignorance qui a accompagné la grande invasion de 1982, et qui a abouti à un soulèvement populaire qui a ramené les choses à ce qu’elles étaient avant l’invasion, a fait échouer les tentatives de normalisation avec l’ennemi et a abouti à un changement qualitatif dans la nature du régime au pouvoir au Liban.
Aujourd’hui, les choses semblent se diriger vers une répétition de la même expérience, ce qui signifie qu’il existe un réel besoin d’un soulèvement populaire contre le régime en place. Ce soulèvement pourrait être un passage obligé pour corriger l’erreur. Il s’agit d’un soulèvement politique par excellence, mais qui ouvre en même temps une large brèche dans le mur de la crise économique. C’est un soulèvement qui ne peut attendre des élites et des forces encore plongées dans des débats sur le « sexe des anges », mais un soulèvement qui créera ses propres leaders et ses propres cadres, et qui découvrira que le peuple l’attendait. Ce sera un soulèvement nécessaire pour protéger la résistance et ses armes, et non l’inverse.