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Par Kathy Kelly, World BEYOND War,

Le 29 janvier 2026 marque le deuxième anniversaire du meurtre de Hind Rajab par l’armée israélienne, à l’aide d’armes fournies par les États-Unis. Si elle avait survécu, cette petite Palestinienne qui aimait se déguiser en princesse aurait aujourd’hui sept ans et demi. Les chars israéliens ont tiré une salve de missiles sur la voiture dans laquelle elle fuyait avec ses proches l’invasion israélienne de leur quartier.

Le calvaire fatal de la famille a commencé le 29 janvier 2024 à Tel al-Hawa, une zone située au sud de la ville de Gaza, lorsque les forces israéliennes ont ordonné à la famille de Hind d’évacuer leur maison. La mère de Hind, Wissam Hamada, et un frère aîné se sont mis en route à pied. Il pleuvait abondamment et la mère de Hind ne voulait pas qu’elle marche sous la tempête. Hind a rejoint sa tante, son oncle et ses quatre cousins qui fuyaient en voiture les forces d’invasion israéliennes. L’oncle, espérant atteindre un refuge à l’hôpital Al Ahli, a demandé conseil aux bureaux du Croissant-Rouge palestinien sur l’itinéraire le plus sûr à emprunter. Mais avant qu’ils ne puissent trouver refuge, l’armée israélienne a tiré sur leur voiture, tuant sur le coup la tante, l’oncle et trois des cousins de Hind.

Sa cousine survivante, Layan, âgée de quinze ans, a pu recontacter par téléphone les secouristes du bureau du Croissant-Rouge palestinien. La conversation a pris fin lorsque Layan a crié que le char était très proche et que les secouristes ont entendu une explosion. Hind a regardé avec horreur Layan se faire tuer. Les secouristes ont appelé Hind. La jeune fille, terrifiée, a répondu et ils l’ont exhortée à rester cachée dans la voiture et à essayer de rester calme. Les sauveteurs allaient venir, ont-ils dit. Mais il aurait été suicidaire pour les secouristes de se mettre en route sans avoir d’abord coordonné leur action avec l’armée israélienne. Il a fallu deux heures à l’armée israélienne pour autoriser deux ambulanciers à emprunter l’itinéraire approuvé, un trajet de huit minutes, dans l’espoir de sauver Hind.

Entourée des cadavres des membres de sa famille, Hind a supplié les secouristes du Croissant-Rouge de venir rapidement. « J’ai tellement peur », leur a-t-elle dit. « Venez, s’il vous plaît. »

Mais lorsque les sauveteurs se sont trouvés à moins de 50 mètres du véhicule où Hind était coincée, un char israélien a tiré des missiles et les a assassinés.

La voix de Hind continue de toucher les gens. Trois films primés ont raconté son histoire, éveillant les consciences, dans le monde entier, au génocide en cours perpétré par Israël.

La voix de Hind résonne tragiquement dans les supplications des enfants palestiniens d’aujourd’hui, qui sont confrontés à la torture et à la mort aux mains des décideurs politiques et des militaristes génocidaires d’Israël. Les enfants palestiniens qui vivent dans des tentes de fortune, trempés et transis par les tempêtes hivernales, aspirent à être secourus. L’innocence pure de Hind parle aussi en leur nom, ces petits qui ne pourraient jamais être confondus avec des criminels ou des menaces pour la sécurité, ces petits qui implorent chaleur et protection. Le vocabulaire change légèrement : « Venez, s’il vous plaît. J’ai tellement froid. Venez, s’il vous plaît. Je suis tellement malade.

Pourtant, les camions chargés de fournitures humanitaires restent bloqués aux postes-frontières, tandis que les enfants à l’article de la mort souffrent dans des conditions atroces.

Plus de 100 enfants seraient morts à Gaza depuis le cessez-le-feu d’octobre 2025.

Un rapport de l’UNICEF daté du 26 janvier 2026 note que les attaques incessantes d’Israël ont détruit les systèmes d’approvisionnement en eau et d’égouts à Gaza. Depuis le début de l’hiver, de fortes pluies ont provoqué des inondations d’eau insalubre dans des zones densément peuplées où les gens s’entassent dans des tentes de fortune. Le sol devient boueux, rendant l’hygiène presque impossible, car les gens dorment dans des vêtements et des couvertures détrempés. Les tempêtes ont détruit les tentes. Le carburant pour les générateurs est rare et il n’y a pas d’électricité centrale depuis plus de deux ans.

Faute de couvertures chaudes et dormant sur un sol froid et humide, les enfants dont l’immunité est déjà affaiblie risquent de mourir d’hypothermie et de maladies d’origine hydrique.

Jusqu’à présent, cet hiver, au 27 janvier, 11 nourrissons de moins d’un an sont morts d’hypothermie et de froid extrême.

Une mère de 34 ans vivant dans le camp de tentes d’al-Mawasi, près de Khan Younis, est toujours sous le choc après avoir perdu son bébé de deux semaines, mort à cause du froid extrême.

« J’ai immédiatement réveillé mon mari pour que nous puissions l’emmener à l’hôpital », a-t-elle déclaré à Al Jazeera, « mais il n’a trouvé aucun moyen de transport pour nous y conduire ».

Les fortes pluies ont rendu impossible l’accès à l’hôpital. Le lendemain matin, ils se sont précipités à l’hôpital à bord d’une charrette tirée par un âne, mais il était trop tard. Mohammad Abu al-Khair est décédé le 15 décembre 2025.

À Khan Younis, Ayesha Ayesh al-Agha, âgée de 27 jours, est décédée d’hypothermie le 17 janvier 2026.

Le 20 janvier, à Gaza, Shaza Abu Jarad, âgée de trois mois, est morte d’hypothermie.

Ces nourrissons vivaient dans des tentes, sans protection contre le froid et la pluie.

Écoutez la voix de Hind, ses murmures, ses supplications. Faites résonner sa voix. Exigez la fin immédiate des graves violations des droits humains et du droit international humanitaire commises par Israël. Exhortez la communauté internationale à veiller à ce qu’Israël et tous les pays participant à son génocide soient tenus responsables en vertu du droit international.

Kathy Kelly (Kathy.vcnv@gmail.com) est présidente du conseil d’administration de World BEYOND War.

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