
Téhéran – IRNA –Les récentes prises de position russes concernant l’Iran mettent en lumière un clivage de plus en plus net entre, d’un côté, une approche fondée sur la diplomatie, la stabilité régionale et le droit international, et de l’autre, une stratégie occidentale marquée par la pression, la menace et l’escalade permanente. Les déclarations convergentes du ministère russe des Affaires étrangères et du Kremlin confirment que la question iranienne dépasse désormais le simple dossier nucléaire pour devenir un révélateur majeur des déséquilibres de l’ordre international actuel.
Selon IRNA, citant l’agence TASS, Dmitri Peskov a affirmé lors d’un tout récent entretien télévisé que « les dirigeants actuels des pays européens ne sont pas seulement incapables de répondre aux défis mondiaux contemporains, mais qu’ils ne parviennent même pas à en saisir pleinement l’ampleur, la gravité et l’importance ».
Il a ajouté : « Dans la majorité des pays européens, nous voyons des personnes au pouvoir qui manquent de culture politique, font preuve d’irresponsabilité et ont un horizon intellectuel limité. Elles sont incapables d’apporter des réponses aux défis auxquels nous sommes tous confrontés aujourd’hui et ne comprennent même pas le poids et la portée réels de ces défis. »
Le porte‑parole du Kremlin a également déclaré que le processus de négation du rôle de l’Union soviétique dans la victoire sur le nazisme par certains pays européens s’est mis en place progressivement et qu’il fait partie de dynamiques irréversibles ayant conduit à l’instauration de doubles standards à l’égard des principes fondamentaux de la construction de l’État et de la société.
Le rejet clair de toute option militaire contre l’Iran
Le ministère russe des Affaires étrangères a déclaré dans un communiqué, en condamnant les ingérences étrangères dans les processus politiques internes de l’Iran, que la menace de recourir à une action militaire contre la République islamique d’Iran est totalement inacceptable.
Selon un communiqué publié ce début de semaine par le site officiel du ministère russe des Affaires étrangères et relayé par IRNA, Moscou condamne fermement les interventions et ingérences étrangères dans les processus politiques internes de l’Iran.
La condamnation sans ambiguïté par Moscou de toute menace d’action militaire contre la République islamique d’Iran constitue un signal politique fort. En qualifiant ces menaces de « totalement inacceptables », la Russie rappelle un principe fondamental du droit international : aucun État ne peut instrumentaliser des tensions internes, réelles ou supposées, pour justifier une agression extérieure.
Cette position prend une importance particulière à la lumière des événements de juin 2025, lorsque l’Iran a déjà été la cible d’une agression militaire. Moscou souligne avec justesse que toute répétition d’un tel scénario aurait des conséquences graves non seulement pour le Moyen-Orient, mais également pour la sécurité internationale dans son ensemble. Cette analyse rejoint celle de nombreux acteurs régionaux, conscients qu’une confrontation ouverte avec l’Iran entraînerait une déstabilisation en chaîne.
L’Iran comme acteur rationnel et ouvert à la négociation
Contrairement au discours dominant dans certains cercles occidentaux, les faits récents démontrent que l’Iran adopte une posture diplomatique responsable et pragmatique. Les déclarations du ministre iranien des Affaires étrangères, Seyyed Abbas Araghchi, confirment la disponibilité de Téhéran à négocier un accord garantissant le caractère strictement pacifique de son programme nucléaire, à condition que les sanctions injustes soient levées.
Cette position, claire et constante, révèle une volonté de compromis fondée sur l’égalité, le respect mutuel et la reconnaissance des intérêts nationaux iraniens. En ce sens, l’Iran ne cherche pas la confrontation, mais refuse logiquement une diplomatie sous contrainte, vidée de toute crédibilité par les menaces militaires et les pressions économiques.
Le rôle constructif de la Russie face à l’escalade occidentale
L’offre russe de faciliter l’exportation d’uranium enrichi excédentaire iranien illustre une approche concrète et technique de la désescalade. Loin des slogans politiques, Moscou propose des mécanismes réalistes capables de réduire les tensions tout en respectant la souveraineté iranienne.
Parallèlement, la Russie maintient des contacts avec toutes les parties concernées, se positionnant comme un acteur stabilisateur dans un contexte international marqué par la polarisation et l’irresponsabilité stratégique. Cette posture contraste fortement avec celle de certains pays européens, accusés par le Kremlin d’alimenter les tensions au lieu de chercher des solutions durables.
La crise de leadership et de vision en Europe
Les critiques sévères formulées par Dmitri Peskov à l’encontre des dirigeants européens ne doivent pas être perçues comme de simples attaques rhétoriques. Elles traduisent un malaise plus profond : l’incapacité croissante de l’Europe à comprendre les mutations du monde multipolaire et à s’y adapter.
L’alignement quasi automatique de plusieurs capitales européennes sur les positions les plus dures de Washington, dont la plus récente, le blacklistage du Corps des Gardiens de la Révolution islamique d’Iran (CGRI), une force issue du peuple souverain iranien, combiné à une politique de sanctions et de pressions sans résultats tangibles, a conduit à une marginalisation de l’Europe dans les grands dossiers internationaux, y compris celui de l’Iran. En revanche, les pays de la région, conscients des risques d’embrasement, jouent désormais un rôle plus constructif en tant qu’intermédiaires et facilitateurs du dialogue.
Une réalité centrale : l’Iran, pivot de stabilité face à la logique de confrontation
L’ensemble de ces développements confirme une réalité souvent occultée : Dans un environnement international marqué par la tension, l’Iran apparaît clairement comme un facteur d’équilibre et de retenue. l’Iran apparaît aujourd’hui comme un acteur central de la stabilité régionale, engagé dans une diplomatie active malgré un environnement hostile. Le soutien politique de la Russie à une solution négociée, combiné à la volonté iranienne de parvenir à un accord équitable, met en évidence l’isolement croissant des stratégies fondées sur la menace et la coercition.
Dans un monde marqué par la multiplication des crises, la question iranienne illustre un choix fondamental : celui entre une sécurité collective fondée sur le dialogue et le respect mutuel, ou une spirale d’escalade dont les conséquences seraient incontrôlables.