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La défaite de la candidate républicaine lors d’un scrutin local agite le parti. Certains y voient un signe avant-coureur des difficultés que la formation politique risque de rencontrer lors des élections de mi-mandat.

Marie Rigot

President Donald Trump listens to a question from a reporter as he speaks in the Oval Office of the White House, Monday, Feb. 2, 2026, in Washington. (AP Photo/Alex Brandon)
Le président américain, Donald Trump, est-il responsable de la débâcle électorale des Républicains dans une circonscription du Texas ? ©Copyright 2026 The Associated Press. All rights reserved

Samedi 30 janvier, les Républicains ont vu leur candidate Leigh Wambsganss être battue à plate couture par le démocrate Taylor Rehmet (43 contre 57), dans la circonscription de Fort Worth au Texas. Cette victoire pourrait sembler anecdotique. Une goutte d’eau dans l’océan. Mais non. Bien au contraire. Tant les Républicains que les Démocrates avaient les yeux rivés sur ce scrutin, perçu comme un test avant les élections de mi-mandat. Et d’autant plus depuis la performance inattendue de M. Rehmet, dirigeant syndical, au premier tour en novembre. Inquiets de perdre là où Donald Trump avait connu un franc succès en 2024 et de voir les Démocrates investir pour peser à un endroit qui leur était normalement acquis, les Républicains avaient redoublé d’effort pour trouver des soutiens à Mme Wambsganss. Le président américain avait mis la main à la pâte, en postant un message sur ses réseaux sociaux. En vain, visiblement.

Évidemment, du côté démocrate, on jubile. Ken Martin, président du Comité national, s’est fendu d’un communiqué triomphal et conquérant relayé par le New York Times : « Dans une circonscription où Trump a obtenu 17 points d’avance, les Républicains ont dû déployer tous leurs efforts et ont malgré tout perdu cette élection. Les résultats de ce soir prouvent qu’aucun siège républicain n’est à l’abri. »

Le ton est drastiquement différent chez les Républicains, où la défaite est difficile à avaler. Pour Ted Cruz, l’issue de cette élection est « très préoccupante« . « Ces résultats doivent servir d’électrochoc aux Républicains du Texas« , a commenté le lieutenant-gouverneur du Texas, Dan Patrick, dans des propos relayés par Politico. Le gouverneur de l’État, Ron DeSantis, a quant à lui pris acte de cette débâcle précisant qu' » un tel basculement ne peut être ignoré« .

Donald Trump en ligne de mire

Mais très vite, dans les rangs républicains, l’inquiétude a laissé place au questionnement et à une profonde remise en question. Ils le savent : s’ils ne veulent pas connaître le même sort aux élections de mi-mandat, ils doivent trouver les causes de cet échec. Et résoudre les potentiels problèmes avant que la situation ne dégénère.

Selon Politico, il se murmure que certains s’accorderaient pour dire que le principal responsable de leur mauvaise forme ne serait autre que le président américain, Donald Trump. Et plus particulièrement, sa politique anti-immigration. « Les images venant du Minnesota (où deux Américains ont été abattus par l’ICE soulevant un élan de protestation, ndlr.) ont eu un impact considérable, non seulement sur les électeurs hispaniques, mais aussi sur les électeurs indécis et les indépendants au Texas et dans tout le pays« , a regretté Brendan Steinhauser, consultant du Parti républicain du Texas, auprès de nos confrères de Politico. « Ce qui s’est passé là-bas a sans aucun doute provoqué une réaction politique.« 

Des chiffres inquiétants pour les Républicains

Ce désamour des électeurs hispaniques préoccupe les Républicains, conscients du rôle qu’ils ont joué dans la réélection de l’actuel locataire de la Maison-Blanche. En 2024, Donald Trump a obtenu le soutien de presque la moitié des électeurs latinos (48 %), selon le Pew Research Center. Un basculement majeur dans cet électorat historiquement pro-démocrate, qui ne lui avait accordé que 36 % de ses voix en 2020.

Or, les sondages actuels montrent que ces électeurs qui s’étaient tournés vers le candidat républicain en 2024 « s’éloignent désormais de lui sur toute une série de questions, et pas seulement sur les opérations de l’ICE », développe David Schultz, professeur de sciences politiques à l’université Hamline, à l’AFP, évoquant également la situation économique du pays.

Il ne fait toutefois aucun doute, selon les observateurs, que la situation à Minneapolis ne va faire qu’amplifier ce phénomène. Même la co-fondatrice du mouvement « Latinas for Trump », Ileana Garcia, a estimé au New York Times que le président américain « allait perdre les élections de mi-mandat ».

Et il n’y a pas que les enquêtes d’opinions consacrées aux électeurs latinos qui donnent des frissons au parti républicain. Les dernières données concernant la cote de popularité du locataire de la Maison-Blanche ne sont pas non plus réjouissantes. Selon un sondage Reuters/Ipsos, réalisé entre le 23 et le 25 janvier, le taux d’approbation de Donald Trump chute à 37 %. La précédente enquête d’opinion du même institut, réalisé entre le 12 et le 13 janvier, donnait une cote de popularité de 41 % au président.

La Libre