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Emirats arabes unis, Espionnage, Etat totalitaire, Surveillance
Asaad Abu Khalil
Les Émirats arabes unis méritent les éloges de Hitler, de Gengis Khan et de tous les tyrans de l’histoire. Ils ont réussi, plus que tout autre pays arabe, à mettre en place un système de surveillance et de contrôle des citoyens qui dépasse l’expérience du Baas.
Elle s’est inspirée de l’expérience de la « National Security Agency » américaine (qui s’occupe de l’espionnage électronique et du décryptage à travers le monde) et a créé un modèle répressif local, pour lequel elle a recruté des conseillers et des agents issus des services de renseignement israéliens et américains.
Tout le monde aux Émirats connaît le contrôle total exercé par cet appareil, c’est pourquoi les Libanais résidant aux Émirats éteignent leurs téléphones lorsqu’ils se rendent au Liban, car ils connaissent les capacités d’espionnage électronique du ministère de la Tolérance, du Bonheur et de la Coordination globale avec Israël (les Émirats apparaissent en force dans les « dossiers Epstein »).
Il y a des prisonniers qui rentrent chez eux aux Émirats et trouvent des appareils électroniques sophistiqués dans leur salon, mais n’osent ni les toucher ni les jeter. Ils savent qu’ils font partie des éléments de la domination totalitaire dans le pays. Bien sûr, les médias, les universitaires et les artistes (hommes et femmes) libanais veulent que nous ne voyions des Émirats que les gratte-ciel, le gigantesque manège (qui est hors service pour des raisons non divulguées), le ministère de la Tolérance, le ministère du Bonheur et autres spectacles présentés par des consultants en relations publiques occidentaux.
La dernière trouvaille de la terrible mentalité totalitaire d’Abou Dhabi est une circulaire orwellienne adressée aux citoyens, les avertissant de la nécessité de s’espionner les uns les autres. Ce communiqué effrayant affirme que la sécurité de l’État est la responsabilité de tous, et l’État a mis en place un dispositif spécial pour recevoir les informations sécuritaires (c’est-à-dire les dénonciations, les rumeurs et les complots). Les citoyens émiratis sont désormais tenus de signaler toute activité extrémiste ou « comportement suspect » (comment définir ce qui est suspect ?) et le décret impose la nécessité de « traiter les signalements d’atteintes à l’État et à ses symboles ».
Les symboles de l’État ne sont pas des institutions, car il n’y a pas d’institutions aux Émirats, mais seulement le pouvoir d’un individu, de sa famille et de son entourage. La « sécurité de l’État » demande également aux citoyens de surveiller « l’espionnage et la divulgation d’informations » et de les signaler. Les citoyens doivent signaler les « comportements négatifs ». Mais comment ce pauvre citoyen peut-il déterminer ce qui constitue un « comportement négatif », notamment parler avec rudesse ou hostilité du sionisme ? Le citoyen est rassuré par l’existence de « multiples canaux de communication disponibles 24 heures sur 24 » avec la « sécurité de l’État ». La devise des Émirats est : chaque citoyen est un espion et un mouchard.