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TÉHÉRAN, 7 février (MNA) – La présentation par l’Iran du missile Khorramshahr-4 redéfinit la dissuasion régionale en augmentant le coût et la complexité d’une confrontation militaire.

Lors de la présentation d’une nouvelle ville souterraine dédiée aux missiles et exploitée par le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) iranien, le missile balistique Khorramshahr-4, également connu sous son nom opérationnel Kheibar, a été présenté comme un élément central du réseau souterrain.

Selon les médias iraniens, le positionnement du Khorramshahr-4 dans une infrastructure souterraine renforcée élève le système du statut de capacité déclarée publiquement à celui d’atout opérationnel déployable en permanence et résilient. Stratégiquement, cela signifie que la force de missiles est conçue pour résister à une première frappe et rester capable de riposter rapidement, même sous une pression militaire soutenue.

Le Khorramshahr-4 appartient à la catégorie des missiles balistiques lourds iraniens, avec une portée opérationnelle d’environ 2 000 kilomètres et une ogive de grande masse. Sa vitesse élevée, qui atteint plusieurs fois la vitesse du son pendant différentes phases de vol, réduit considérablement les délais d’alerte et d’interception pour les systèmes de défense antimissile. Le missile est conçu pour pénétrer les défenses aériennes et antimissiles multicouches grâce à son profil de vol, sa vitesse et ses systèmes de guidage modernisés.

Capacité de seconde frappe et message stratégique

L’intégration du Khorramshahr-4 dans des plates-formes de lancement souterraines envoie un signal stratégique clair : l’Iran dispose d’une capacité de seconde frappe fiable. Le moment choisi pour cette révélation, dans un contexte de menaces sécuritaires ouvertes et cachées impliquant les États-Unis et Israël, souligne que ce missile est désormais un élément actif de la posture défensive-offensive de l’Iran, fondée sur la doctrine de la « dissuasion active ».

Les analystes notent que ces révélations militaires coïncident souvent avec des périodes d’engagement diplomatique et de pression politique, servant davantage de levier que d’escalade. Le message est que les négociations ne sont pas menées à partir d’une position de vulnérabilité, tandis que le coût de l’aventurisme militaire est délibérément augmenté.

Profil technique du Khorramshahr-4

Dévoilé pour la première fois le 25 juin 2023, le Khorramshahr-4 mesure environ 13 mètres de long, 1,5 mètre de diamètre et pèse environ 30 tonnes. Il transporte une ogive pesant environ 1 500 kilogrammes, l’une des plus lourdes de l’arsenal iranien, capable de transporter plus d’une tonne d’explosifs.

Le missile est propulsé par le moteur avancé Arvand, qui utilise un combustible liquide hypergolique, ce qui permet une mise en service plus rapide et réduit la complexité de la préparation du lancement. Une innovation majeure dans la conception consiste à placer le moteur à l’intérieur du réservoir de carburant, ce qui améliore la stabilité structurelle, réduit la longueur totale et améliore les performances balistiques et la précision.

Vitesse, phases de vol et temps de réaction réduit

Le Khorramshahr-4 atteindrait une vitesse maximale de Mach 16 en dehors de l’atmosphère et d’environ Mach 8 à l’intérieur de celle-ci. Avec une durée de vol totale estimée entre 10 et 12 minutes, ce missile limite considérablement l’efficacité de nombreux systèmes de défense.

Le missile fonctionne en trois phases de vol : la phase initiale de propulsion et de définition de la trajectoire, une phase intermédiaire au cours de laquelle l’ogive se sépare et corrige les perturbations de vol, et une phase terminale impliquant la rentrée dans l’atmosphère. Au cours de la phase finale, des moteurs auxiliaires stabilisent la trajectoire de l’ogive grâce à un mouvement de rotation contrôlé, garantissant ainsi une précision dans des conditions extrêmes.

Ogive manœuvrable et résistance à la guerre électronique

Le missile est équipé d’un véhicule de rentrée manœuvrable (MaRV) doté de huit moteurs auxiliaires, quatre pour le contrôle et la stabilisation de l’attitude, et quatre pour la correction latérale de la trajectoire. Cette configuration améliore à la fois la précision et la capacité de survie face aux défenses antimissiles.

L’une des caractéristiques déterminantes du Khorramshahr-4 est sa domination en matière de guidage à mi-parcours. Une fois que l’ogive est rentrée dans l’atmosphère, les systèmes de guidage électroniques sont désactivés, ce qui neutralise efficacement l’impact de la guerre électronique et réduit la vulnérabilité aux perturbations des signaux.

Faible signature radar et haute précision

Les modifications apportées à la conception, notamment la suppression des ailettes conventionnelles et le recours au contrôle du vecteur de poussée, réduisent la section radar du missile tout en améliorant sa maniabilité. Les responsables de la défense iraniens estiment l’erreur circulaire probable (CEP) du missile à environ 30 mètres à portée maximale, un niveau de précision qui, combiné à sa tête militaire lourde, lui confère une capacité destructrice importante.

Préparation opérationnelle et impact multipoint

La durée de vie du carburant a été prolongée grâce à des modifications apportées aux alliages des réservoirs et à la composition du carburant, ce qui permet un stockage à long terme et un déploiement rapide. Le missile peut être lancé à partir de plates-formes mobiles, le temps de préparation étant réduit à moins de 15 minutes selon certaines informations.

Les responsables du CGRI ont précédemment déclaré qu’un seul missile Khorramshahr pouvait générer plusieurs points d’impact dans une zone cible, augmentant considérablement son effet sur le champ de bataille. Dans des scénarios de déploiement massif, cette capacité exercerait une pression considérable sur les systèmes de défense.

Implications stratégiques

La présentation du Khorramshahr-4 dans une ville souterraine dédiée aux missiles met en évidence un changement plus large dans la dynamique militaire régionale. Alors que les grandes plateformes coûteuses sont confrontées à des défis croissants en matière de précision, de vitesse et de dissimulation, l’équilibre continue de s’orienter vers des systèmes conçus pour la survie, la réactivité et la dissuasion asymétrique.

Dans ce contexte, le Khorramshahr-4 n’est pas présenté simplement comme une arme, mais comme une déclaration stratégique qui reflète l’importance accordée par l’Iran à la dissuasion par la résilience, la préparation et le contrôle de l’escalade.

MNA/6741671