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Larry C Johnson

Les pourparlers entre les États-Unis et l’Iran qui se sont tenus à Oman le vendredi 6 février 2026 (et non le 7 février, comme le suggéraient certaines références préliminaires au calendrier) étaient des négociations indirectes menées par le ministre des Affaires étrangères d’Oman, Badr bin Hamad Al Busaidi, à Mascate. Il s’agissait des premières discussions de haut niveau depuis les frappes américaines et israéliennes contre les installations nucléaires iraniennes en juin 2025, dans un contexte de tensions accrues déclenchées par le déploiement de porte-avions américains dans la mer d’Oman, les nouvelles sanctions américaines contre l’Iran et les menaces de Donald Trump d’attaquer l’Iran.
Les délégations américaine et iranienne ont rencontré séparément le médiateur omanais, qui a facilité les échanges. Il n’y a pas eu de rencontre directe en face à face, mais il y a eu un bref contact direct entre M. Araqchi et la délégation américaine dans la « salle de réception », où les deux parties ont échangé des salutations et se sont serré la main. M. Araqchi a d’abord refusé que le commandant du CENTCOM américain assiste aux négociations, mais, à la demande du médiateur omanais, il a accepté de le laisser participer, tout en refusant de lui serrer la main.
Les discussions ont porté exclusivement sur le nucléaire, à la demande insistante de l’Iran (elles ont porté sur le programme nucléaire de Téhéran, l’enrichissement d’uranium et l’allègement potentiel des sanctions). L’Iran a rejeté les demandes des États-Unis visant à élargir l’ordre du jour pour y inclure les missiles balistiques, le soutien aux mandataires (par exemple, les Houthis, le Hezbollah), les droits de l’homme ou les activités régionales.
Les Iraniens et les États-Unis ont tous deux adopté un ton positif à l’issue de la première réunion. L’Iranien Araghchi a qualifié cette réunion de « bon début » avec une « entente sur la poursuite des pourparlers ». Il a déclaré que la coordination des prochaines étapes serait décidée dans les capitales, signalant que ce cycle était terminé « pour l’instant », mais que des progrès sur un cadre étaient possibles. Le président Trump a également qualifié les discussions de « très bonnes » et « positives », affirmant que des efforts supplémentaires étaient nécessaires et que les délégations se réuniraient à nouveau au début de la semaine prochaine (éventuellement de manière virtuelle ou dans un autre lieu).
Lors d’un point presse à bord d’Air Force One, Trump a déclaré ce qui suit :
Journaliste : En ce qui concerne l’Iran, un accord portant uniquement sur le nucléaire serait-il acceptable pour vous ?
Trump : Cela serait acceptable. Mais une chose est sûre, et je le dis d’emblée, pas d’armes nucléaires. Si nous avions pu conclure cet accord il y a deux ans, nous l’aurions fait. Mais ils n’étaient pas disposés à le faire.
Aujourd’hui, ils sont prêts à le faire. Ils sont prêts à faire beaucoup plus qu’ils ne l’auraient fait il y a un an et demi.
Quelques heures après la réunion à Oman, le président Trump a signé un décret permettant aux États-Unis d’imposer des droits de douane de 25 % à tout pays faisant des affaires avec l’Iran, après qu’une violation ait été enregistrée et confirmée.
Trump semble suivre la stratégie qu’il a exposée dans son livre, The Art of the Deal : Trump présente la négociation comme une affaire personnelle, combative et théâtrale : commencer par des exigences extrêmes (ancrer haut), utiliser son influence et sa bravade pour dominer, user la résistance et se retirer si nécessaire. Il la considère comme un jeu moral où l’on gagne ou l’on perd, avec une loyauté envers ses alliés mais aucune pitié pour ses adversaires. The Art of the Deal met l’accent sur le fait de viser très haut, de pousser sans relâche et d’utiliser le pouvoir et la publicité pour créer un effet de levier, en traitant les accords comme des concours où le gagnant remporte tout, ce qui résume assez bien l’état actuel des négociations. J’espère que c’est ce à quoi nous assistons.
Pendant ce temps, à Moscou, le gouvernement russe a réagi avec une fureur contenue en accusant l’Ukraine d’avoir tenté d’assassiner le lieutenant-général Vladimir Alekseyev (directeur adjoint de l’agence de renseignement militaire GRU), qui a été abattu de plusieurs balles dans un immeuble du nord-ouest de Moscou le 6 février 2026. Alekseyev a été hospitalisé (son état est jugé critique ou grave selon certaines sources) et une enquête criminelle a été ouverte par la commission d’enquête pour tentative de meurtre et trafic illégal d’armes à feu.
Le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, dans des commentaires télévisés et lors d’une conférence de presse, a qualifié cette fusillade d’« acte terroriste » orchestré par les dirigeants ukrainiens… Il a spécifiquement accusé le président Volodymyr Zelensky. Il a affirmé qu’il s’agissait d’une provocation délibérée visant à « perturber le processus de négociation » sur la fin de la guerre en Ukraine, à saboter les pourparlers de paix et à influencer les soutiens occidentaux dans le cadre des efforts diplomatiques en cours (par exemple, les récentes négociations à Abu Dhabi et les discussions plus larges entre les États-Unis, la Russie et l’Iran). M. Lavrov a déclaré que de tels actes confirmaient que Kiev n’était pas prête pour des négociations substantielles.
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a confirmé que le président Vladimir Poutine avait été informé de l’incident. Il a déclaré : «Il est clair que ces chefs militaires et spécialistes de haut niveau courent un risque en temps de guerre ».
Peskov a ajouté que la sécurité de ces personnes relevait de la responsabilité des services spéciaux (et non directement du Kremlin), a souhaité au général de survivre et de se rétablir, et a souligné que les services spéciaux « faisaient leur travail ».
Je ne serais pas surpris que la Russie décide que Zelensky, dont l’opposition persistante à un règlement diplomatique ne montre aucun signe d’affaiblissement, doit être éliminé.