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L’État du Vatican ne participera pas à l’initiative dite « Board of Peace » ou « Conseil de la Paix » du Président US Donald Trump.
Le Cardinal Pietro Parolin, Chef de la diplomatie du Vatican a annoncé ce refus mardi en soulignant que les efforts visant à gérer les situations de crise- dans une nette référence au désastre sans précédent de la bande de Gaza- devaient être menées par l’organisation des Nations Unies.
Le Saint-Siège avait été invité à rejoindre cette initiative en janvier mais il était clair que le Vatican n’allait pas s’associer à une entreprise.
Le refus du Vatican a été rapide et catégorique. Il est fondé sur deux arguments clés concernant son rôle dans le monde.
Le raisonnement du Vatican repose essentiellement sur une défense nette du multilatéralisme. Le cardinal Parolin a explicitement déclaré qu’« au niveau international, c’est avant tout l’ONU qui devrait gérer ces situations de crise ». D’un point de vue politique, cela revient à rejeter les coalitions ad hoc qui pourraient compromettre ou contourner la légitimité des Nations unies. En tant qu’observateur permanent auprès de l’ONU, le Vatican considère cette organisation mondiale comme le forum indispensable pour arbitrer les conflits et faire respecter le droit international, malgré ses imperfections, ses limites et le sabotage ou le piratage de son action par les grandes puissances.
Au-delà de l’aspect géopolitique, ce refus touche à l’identité unique du Vatican. Le Cardinal Parolin a souligné la « nature particulière du Saint-Siège, qui n’est évidemment pas celle des autres États ». Et de fait, le pouvoir diplomatique du Vatican ne réside pas dans sa puissance militaire ou économique, mais dans son autorité morale et sa capacité à agir en tant que médiateur neutre. Rejoindre un conseil présidé par une figure politique extrêmement controversée – et qui exigerait, selon certaines sources, une contribution ou droit d’entrée d’un milliard de dollars pour devenir membre permanent d’une sorte de club– pourrait compromettre cette neutralité perçue. Le Vatican s’engage dans un « engagement progressif » et un dialogue discret, et non dans des coalitions politiques très médiatisées comme le sont les shows de téléréalité les plus vulgaires (dits aussi télé poubelle) ou, plus bas encore sur l’échelle de la nouvelle axiologie, les « influenceurs », le degré zéro de l’humanité.
De plus, le mandat initial de ce Conseil, qui consiste à superviser la gouvernance de la bande détruite de Gaza, le place au cœur d’un conflit dans lequel le Vatican n’a jamais cessé d’appeler à une aide humanitaire et à une solution à deux États, et non à des structures de gouvernance imposées de l’extérieur ayant un agenda plus que douteux.
En choisissant l’ONU plutôt que le conseil d’administration de Trump, le Vatican a fait un pari calculé : dans un monde de plus en plus fragmenté et déstructuré, la légitimité des institutions établies reste un outil plus efficace pour la paix que l’unilatéralisme des grandes puissances. Dans ce cas de figure, le Vatican a fait le choix d’un conservatisme mesuré face à la folie au pouvoir.