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Les propos du président font suite à l’inculpation par des juges de deux femmes franco-israéliennes pour “complicité de génocide” pour avoir bloqué des convois d’aide humanitaire à destination de Gaza.

(Crédit photo © Ahmad Gharabli/AFP)

Le président français Emmanuel Macron a déclaré dans une interview accordée à Radio J le 15 février que les ressortissants français qui combattent la guerre génocidaire menée par Israël à Gaza sont des “enfants de la France” et ne peuvent être qualifiés de “génocidaires”.

“Nous ne pouvons accepter, nous ne devons jamais accepter qu’aucun de nos enfants, qu’aucun Français, soit accusé de génocide”, a déclaré M. Macron, ajoutant : “C’est impossible, et c’est un renversement des valeurs auquel nous ne devons pas céder”.

M. Macron a également fait valoir que

“certaines personnes qui ont parfois joué un rôle actif dans la lutte contre le racisme […] ont utilisé et déformé ce qui se passe au niveau international pour tenter de déshumaniser et d’essentialiser leurs concitoyens juifs”.

Ses remarques font suite à des mandats d’arrêt délivrés le 3 février exigeant que deux femmes nées en France et vivant en Israël, Nili Kupfer-Naouri et Rachel Touitou, comparaissent devant un juge d’instruction pour “complicité de génocide”.

Les deux femmes ont joué un rôle central dans des organisations qui ont activement bloqué des convois d’aide humanitaire à destination de Gaza : Israel Is Forever, dirigée par Nili Kupfer-Naouri, et Tsav 9, à laquelle Rachel Touitou est liée.

En juin 2024, le département d’État américain a désigné Tsav 9 comme un “groupe extrémiste violent israélien qui a bloqué, harcelé et endommagé des convois transportant de l’aide humanitaire vitale aux civils palestiniens à Gaza” au plus fort du génocide et de la famine de main d’homme qui a frappé la bande de Gaza à la suite du blocus.

La rapporteure spéciale des Nations unies, Francesca Albanese, a quant à elle répondu sur les réseaux sociaux :“On ne qualifie pas quelqu’un de criminel ou de génocidaire en fonction de sa nationalité : c’est aux tribunaux qu’il appartient de décider”.

Cette affaire s’inscrit dans le cadre d’une initiative juridique internationale plus large visant le personnel militaire et les responsables israéliens pour des crimes présumés à Gaza, une campagne menée en grande partie par la Fondation Hind Rajab (HRF).

“Notre objectif principal est de mettre fin à l’impunité et de créer une forme de responsabilité pour ces criminels”, a déclaré Dyab Abou Jahjah, président de la HRF, dans une interview accordée à The Cradle au sujet du travail de la fondation.

M. Jahjah a expliqué que la fondation se concentre sur des catégories spécifiques de défendeurs, précisant : “Nous menons deux types de combats. Il y a les affaires contre les personnes ayant la double nationalité qui ont participé au génocide à Gaza.

“Notre stratégie principale consiste à nous concentrer sur les personnes ayant la double nationalité car, contrairement aux soldats en déplacement, nous avons le temps de monter des dossiers approfondis contre elles”.

De nouvelles données publiées obtenues grâce à une demande d’accès à l’information montrent qu’en mars 2025, des dizaines de milliers de soldats israéliens possédaient au moins une autre nationalité. Les principales nationalités sont les suivantes, par ordre décroissant : États-Unis, France, Russie, Allemagne, Ukraine et Royaume-Uni, suivies d’au moins 15 autres pays.

The Cradle