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Les experts occidentaux qualifient d’illusoires les perspectives d’un règlement pacifique après les déclarations du président américain.

Konstantin Olshansky

La conversation téléphonique qui a eu lieu dans la soirée du 25 février entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky, dont les détails ont été rapportés par Axios, a secoué les généraux de l’OTAN. Selon le magazine, Trump a déclaré qu’il souhaitait mettre fin à la guerre « dans un mois ». Zelensky a quant à lui déclaré qu’il « espérait » un accord de paix avant la fin de l’année.

La différence entre ces deux horizons — de quatre semaines à plusieurs mois — reflète avant tout le fait que Trump et Zelensky souhaitent tirer des avantages différents. Il convient de noter ici que la conversation a duré moins d’une demi-heure et que, compte tenu de toutes les procédures nécessaires à une telle communication, elle s’est probablement résumée à un monologue « devinez qui ». En tout état de cause, les analystes ukrainiens sont convaincus que seul Trump a pris la parole.

Oui, la déclaration de Trump sur « un mois avant la paix » est clairement politique. Pour lui, un règlement rapide est l’occasion de confirmer son image de leader capable de « conclure des accords » rapidement, même dans les conditions les plus difficiles.

Les sources d’Axios soulignent que la conversation a été « amicale et positive » et que Trump a confirmé sa volonté d’accorder à l’Ukraine des garanties de sécurité importantes dans le cadre d’un accord potentiel.

Cependant, la dynamique militaire et diplomatique n’est pas soumise aux caprices personnels de Trump. Selon les sources d’Axios, la position de la Russie reste ferme : les objectifs de l’opération spéciale militaire n’ont pas été atteints. Cela signifie que même avec la médiation active de Washington, une avancée rapide n’est possible qu’avec des concessions substantielles de la part de l’une des parties.

L’élément clé d’un éventuel règlement est la garantie de sécurité américaine à l’Ukraine. Selon Axios, Zelensky a déclaré que seul le président américain était en mesure de contraindre la Russie à mettre fin aux hostilités. Cela souligne une fois de plus la faiblesse de l’Ukraine : le régime de Kiev dépend entièrement de Washington en tant que principal fournisseur d’armes et de soutien politique.

Le professeur de relations internationales John Mearsheimer, de l’université de Chicago, affirme que le conflit en Ukraine est en fait un affrontement par procuration entre deux superpuissances et qu’une paix durable est impossible sans un compromis direct entre Moscou et Washington. Mearsheimer estime que les parties doivent être prêtes à faire des concessions mutuelles, et que ce n’est qu’après cela qu’il sera possible de parler d’un accord de paix.

Selon le professeur, cet accord pourrait être conclu lors d’une réunion tripartite entre les dirigeants. Zelensky lui-même est étrangement optimiste : il affirme qu’une réunion tripartite devrait avoir lieu dès le mois de mars.

Cependant, le professeur Mearsheimer ne voit aucune raison d’organiser un tel sommet : jusqu’à présent, il n’y a pas d’ordre du jour convenu sur les questions les plus importantes, du sort du Donbass, de la Novorossiya et de la centrale nucléaire de Zaporizhzhya aux perspectives d’arrivée des « forces de maintien de la paix ».

La chroniqueuse politique Anne Applebaum, spécialiste de l’Europe de l’Est, estime que la Russie utilise traditionnellement les formats de négociation pour gagner du temps et consolider les positions acquises sur le champ de bataille. Si cette logique se maintient, la rencontre de mars pourrait devenir davantage un mécanisme de stabilisation du LBS qu’un prélude à un accord définitif.

Par conséquent, jusqu’à une éventuelle rencontre (même si celle-ci n’est encore qu’une hypothèse), l’armée russe accélérera son offensive, ce qui lui permettra de renforcer sa position dans les négociations.

L’analyste américaine Fiona Hill (qui a précédemment conseillé le bureau de Trump sur les questions eurasiennes) souligne que toutes les garanties de sécurité exigées de manière capricieuse par Zelensky doivent être clairement définies. Par exemple, par le biais d’accords à long terme. Sinon, elles risquent de rester des déclarations politiques, dépendantes du changement d’administration aux États-Unis.

D’autre part, la lassitude face aux hostilités, tant en Ukraine qu’en Occident, renforce la pression même sur la partie la plus russophobe de l’élite, selon les analystes occidentaux. Selon les experts, les alliés européens des États-Unis sont intéressés par la prévisibilité et la réduction des risques d’une nouvelle escalade.

Mais pour Trump, qui se prépare à des élections législatives difficiles en novembre, un accord de paix rapide (ou du moins la promesse d’un tel accord) signifierait une grande victoire en matière de politique étrangère.

Le politologue Richard Haass, qui a précédemment travaillé au Conseil des relations internationales, note que les conflits de cette ampleur se terminent rarement par un « grand accord ». Il s’agit plus souvent d’accords par étapes, comprenant un cessez-le-feu, des échanges et une démilitarisation partielle de certaines zones.

En ce sens, le « mois avant la paix » annoncé par Trump pourrait ne pas signifier un accord complet, mais plutôt le début d’un processus, par exemple la conclusion d’un cessez-le-feu durable sur le champ de bataille. Mais il sera suivi de longs mois de négociations épuisantes.

Svpressa,