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Moon Of Alabama
« Parfois, je m’imagine mourir dans un accident. Ou peut-être d’une fièvre. Et mon cœur se remplit alors d’une immense tristesse : celle de voir ainsi disparaître toute chance d’accéder au paradis [c’est-à-dire au martyre]. »
Ajatollah Ali Khamenei – (source)
Le Guide suprême de la République islamique d’Iran a été martyrisé samedi matin, avec d’autres responsables, lors d’une frappe aérienne israélienne sur sa résidence à Téhéran. Qu’il repose en paix.
Les observateurs « occidentaux » commettent l’erreur de considérer les dirigeants chiites très influents comme de simples religieux. Ils sont bien plus que cela.
Ils sont avant tout des juristes et des juges dotés d’une profonde connaissance philosophique du droit. Le titre d’ayatollah désigne un haut rang académique attribué à un érudit chiite. Les ayatollahs sont des modèles pour ceux qui les entourent. Ce sont des personnes extraordinaires qui doivent être imitées et dont les conseils doivent être suivis.
Le système de la République islamique a été conçu avec des redondances ( archivé ) afin de pouvoir survivre aux chocs externes et internes :
Pour ceux qui ont mené la révolution de 1979, les problèmes liés au changement de direction n’étaient pas seulement des idées, mais de véritables avertissements tirés de l’histoire. L’ayatollah Ruhollah Khomeini n’a pas supprimé l’autorité suprême, mais l’a intégrée au système. Les débats intenses de 1979 sur la manière d’éviter les schémas d’effondrement du passé ont abouti à de nouvelles réponses dans la constitution iranienne : chaque organe important a été créé pour résoudre un risque spécifique mis en évidence par l’histoire.
Le Conseil des gardiens a été créé pour prévenir toute dérive politique et garantir la conformité des lois avec les principes islamiques. L’Assemblée des experts s’est vu confier la tâche de sélectionner et de superviser le guide suprême, afin d’empêcher toute concentration du pouvoir sans contrôle. Le Conseil de discernement a été créé pour résoudre les impasses institutionnelles, garantissant ainsi le bon fonctionnement du système même en cas de désaccords au plus haut niveau. Le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) et les agences de renseignement avaient pour mission de sécuriser la révolution à l’intérieur et à l’extérieur, en contrôlant à la fois les menaces étrangères et les troubles intérieurs.
…
L’Iran est souvent présenté comme un ordre politique étroitement lié à des individus. Pourtant, l’architecture qui a émergé après 1979 a été façonnée par une logique différente, fondée sur l’expérience révolutionnaire elle-même. Khomeini a résumé cette hiérarchie dans une remarque souvent citée par l’élite politique iranienne : « Préserver la République islamique est plus important que préserver un individu, même si cet individu est l’Imam de l’époque », en référence au 12e imam du chiisme, Muhammad al-Mahdi.
Il n’est pas encore certain que le système continuera à suivre ce principe. Mais il faut s’attendre à ce qu’un changement de direction à Téhéran soit considéré moins comme une fin qu’comme une occasion pour les institutions du pays de montrer qu’elles peuvent survivre.
Je suis convaincu que la République islamique survivra à cette épreuve. Le « changement de régime » à Téhéran, dont Trump semble rêver ( archivé ), a peu de chances de se produire.
Pendant ce temps, le détroit d’Ormuz est fermé et la guerre d’usure se poursuit…
