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Une enquête de Mediapart attribue à Quentin Deranque, militant identitaire tué en février, de nombreux messages racistes, antisémites et néonazis publiés sous pseudonyme sur le réseau X.
Quentin Deranque, militant identitaire de 23 ans mortellement frappé par des militants anti-fascistes, continue de faire parler de lui. Mediapart consacre un large dossier sur le jeune homme, publié le 12 mars, retraçant son parcours, notamment grâce à « des milliers » de publications sur X.
Le site d’investigation attribue à Quentin Deranque des messages glorifiant le fascisme, le nazisme, l’antisémitisme et le racisme, publiés sur X sous trois pseudonymes différents.
« On veut le fascisme », aurait-il ainsi écrit en janvier 2025 sous le pseudonyme « PatricienD », six mois avant d’écrire : « Je soutiens Adolf ». Ce compte aurait également commenté « À faire lire à tous les lycéens », sous une publication d’un extrait de Mein Kampf. Il aurait également posté « Il faudra déterrer et fusiller (((Halimi))) », à propos de l’avocate juive Gisèle Halimi, connue pour son combat pour les droits des femmes.
Mediapart fait également part de messages racistes, que le site attribue à Quentin Deranque : « On ne veut pas vivre avec des Africains, qu’ils soient délinquants ou non », aurait-il écrit. Il aurait aussi utilisé à plusieurs reprises des expressions comme « Total Nigger Death », (« mort totale des nègres »).
Il était déjà connu que Quentin Deranque était militant d’extrême droite et participait à des actions de mouvements ultranationalistes.
Qui était #QuentinDeranque, à qui l’Assemblée nationale a rendu hommage le 17 février ?@Mediapart a enquêté, jusqu’à retrouver ses milliers de messages sur @X.
Racisme, antisémitisme, apologie du nazisme. «Moi je soutiens Adolf».
Révélations👇https://t.co/w2wRB76yxGpic.twitter.com/U4AcmSxClO— Antton Rouget (@AnttonRouget) March 12, 2026
Des députés français réagissent
Dans la classe politique française, l’enquête fait réagir près d’un mois après la minute de silence à l’Assemblée nationale. Plusieurs députés à gauche de l’échiquier politique se distancient désormais de cet hommage. Au PS, Olivier Faure publie : « Que la droite et l’extrême droite aient cherché à transformer en héros un jeune néonazi, raciste et antisémite au dernier degré, est une honte. Quentin Deranque a été une victime mais il ne sera jamais un héros ». La députée LFI Gabrielle Cathala interroge : « Celles et ceux qui ont soutenu la minute de silence à l’Assemblée nationale ont-ils des remords ? Comptent-ils reconnaître que c’était une erreur et présenter des excuses ? ».
La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet (Renaissance) est « horrifiée par ces révélations », selon son équipe contactée par Le HuffPost. Toutefois, elle assume la minute de silence « adoptée à l’unanimité par la conférence des présidents, sur proposition d’Éric Ciotti, et sans aucune objection, y compris de Mathilde Panot« .