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Le secrétaire général du Hezbollah a affirmé hier que la résistance est forte et prête à faire face à une invasion terrestre, et qu’elle est capable de poursuivre la guerre quelle que soit sa durée, qualifiant la bataille d’« existentielle ». Tout en définissant clairement les conditions de la résistance, il a appelé le gouvernement libanais à ne pas avancer d’« idées préconçues », en réponse directe à la proposition des autorités d’entamer des négociations directes avec Israël.

Dans son deuxième discours depuis l’intensification de l’agression israélienne contre le Liban, il a annoncé que la résistance s’était préparée à une « longue confrontation », menaçant les Israéliens de « surprises sur le terrain ». Il a également affirmé que les résistants resteraient « sur le terrain, forts, quels que soient les sacrifices et les efforts consentis. Nous sommes prêts à aller jusqu’au bout. Personne ne se fatigue avec nous, personne ne doit croire que si nous souffrons, cela signifie que nous allons reculer. Nous ne reculerons pas, car il s’agit de notre existence. C’est une bataille existentielle, pas une bataille limitée ou simple ».

Quant aux conditions de la résistance «pour mettre fin à cette bataille ou à cette confrontation», il les a définies comme étant l’arrêt de l’agression et le retrait «total» d’Israël des territoires occupés, la libération des prisonniers libanais, le retour des gens dans leurs villages et le début de la reconstruction.

En conséquence, il a demandé au gouvernement libanais « de cesser les concessions gratuites, car cela rend l’ennemi plus avide et prolonge la durée de la guerre », l’appelant à ne pas proposer « d’idées préconçues et gratuites ni de concessions gratuites », et à ne pas poignarder la résistance dans le dos.

De même, il a insisté sur la nécessité de « mettre fin à l’agression, et non à la résistance. C’est notre pays, nous ne laisserons personne contrôler son destin, ses décisions et la manière dont ses enfants vivent. Nous combattons et sommes confiants dans la victoire ; nous ne permettrons pas à l’ennemi d’atteindre ses objectifs en effaçant notre existence et en contrôlant le Liban. Nous resterons un rempart infranchissable face aux objectifs de l’ennemi ».

La bataille est libanaise

« la bataille que nous menons, la bataille de l’Asf al-Ma’kul, est celle de la résistance au Liban et du peuple de la résistance au Liban contre l’agression israélienne qui s’en prend au Liban. Certes, d’autres éléments s’y ajoutent, mais ces ajouts ne changent rien au fait que cette bataille n’est pas menée pour quelqu’un d’autre, elle est menée pour nous, c’est une bataille libanaise, une bataille qui découle de la légitime défense à laquelle tout le monde doit participer ».

« l’agression israélo-américaine est la cause de ce qui se passe au Liban, et non la résistance ; la résistance est une réaction », soulignant que « c’est l’agression israélo-américaine qui sape la stabilité, qui sape la sécurité, qui perturbe la vie des Libanais et nous place devant deux choix : soit la capitulation, soit la poursuite de la résistance ».

Dans ce contexte, il a révélé que la direction du Hezbollah s’était réunie après l’accord de cessez-le-feu « à trois reprises, en trois étapes » pour discuter de la réponse aux agressions israéliennes, mais qu’elle avait conclu que « le moment n’était pas opportun » et avait préféré « donner une chance supplémentaire » au gouvernement libanais.

Il a précisé qu’elle avait estimé « qu’après l’agression contre l’Iran et après le témoignage de l’imam Khamenei , les conditions étaient désormais réunies pour affronter cet ennemi : d’une part, il nous attaque depuis 15 mois et ne semble pas vouloir s’arrêter ; d’autre part, il a tué notre imam et notre chef ; enfin, lorsque la bataille coïncide avec ce qui se passe face à l’Iran islamique, nous pouvons affaiblir la capacité de l’ennemi et l’amener à un meilleur accord. Ainsi, un ensemble de facteurs nous a aidés à prendre la décision de riposter ».

Il a affirmé que la résistance avait tiré « les leçons de la bataille d’Oul al-Bas, ce qui a privé l’ennemi de cibles militaires ; désormais, la résistance le combat en prenant pour cible ses soldats à l’aide de tactiques mobiles, sans que la résistance ne dispose de positions fixes ». Concernant la menace d’une invasion terrestre, il a déclaré qu’il ne s’agissait « pas d’une menace, mais d’un des écueils dans lesquels l’ennemi va tomber, car chaque fois qu’il y a une avancée et une invasion, les résistants, grâce à leur mobilité sur le terrain, parviennent à remporter des gains et à obtenir des résultats en affrontant cet ennemi de près ».

En réponse à la menace du ministre israélien de la Guerre, Yisraël Katz, de prendre le contrôle du territoire si le gouvernement libanais ne maîtrisait pas le Hezbollah,il lui a rétorqué : « Personne ne se dresse contre vous, allez-y, prenez le contrôle du territoire pour que nous voyions : pouvez-vous vous stabiliser ? Pouvez-vous pérenniser votre occupation ? Pouvez-vous asseoir votre présence ? Vous ne le pouvez pas et vous ne le pourrez jamais. » Il a estimé que la pression israélienne sur le gouvernement libanais et les menaces proférées à son encontre étaient « une preuve d’impuissance ». Il a également répondu à la menace d’assassinat proférée par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou en déclarant : « Ta menace est sans saveur et n’a aucune valeur ».

Quant aux déplacés et aux exilés, il a estimé qu’ils se trouvaient dans une « position de contribution et de sacrifice », affirmant qu’ils « l’acceptent et y croient (…) La persévérance est la solution pour surmonter cette étape ».

Al Akhbar