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Andrew Korybko

Il est l’économiste en chef de l’opposition et chargé de « dérussifier » le secteur énergétique en cas de victoire, ce qui déclencherait une série de conséquences qui subordonneraient la Hongrie au mondialisme, comme Soros a cherché à le faire, faisant ainsi de cet ancien vice-président de Shell le « cardinal gris » de la Hongrie dans cette éventualité.

La troisième guerre du Golfe fait rage depuis près d’un mois et la crise énergétique mondiale ne fait que commencer. La perturbation des exportations régionales et la destruction des infrastructures énergétiques ont déjà entraîné des flambées de prix qui devraient encore s’aggraver à mesure que les réserves stratégiques s’épuisent. Les industries à forte consommation d’énergie pourraient réduire leur production, des mesures d’économie de carburant telles que la réduction de la semaine scolaire pourraient suivre, et le rationnement ne peut être exclu. Dans de telles conditions, un accès fiable à une énergie abordable est une priorité de sécurité nationale.

Le parti d’opposition hongrois Tisza, qui devrait donner du fil à retordre au Fidesz au pouvoir de Viktor Orbán avant les élections législatives du mois prochain, a fait de la « dérussification » du secteur énergétique un élément majeur de son programme. Cela reste le cas malgré la crise énergétique mondiale, en raison de l’influence de ses protecteurs européens et ukrainiens. Même s’ils abandonnaient cette politique ou annonçaient son report, ce qui est possible compte tenu de son impopularité actuelle, il y a de bonnes raisons de ne pas les croire.

Il a été annoncé en janvier qu’Istvan Kapitany, ancien vice-président de Shell chargé de la mobilité jusqu’en 2024, rejoindra Tisza en tant que conseiller économique en chef. Le magazine d’information local Mandiner a rapporté que Shell avait réalisé des bénéfices records tout au long du conflit ukrainien, allant de 5 à 20 milliards de dollars de plus par an depuis 2022 par rapport à 2021. On pense toutefois qu’il détient encore de nombreuses actions, ce qui explique pourquoi il a réaffirmé la politique de « dérussification » énergétique de Tisza lors de sa première interview ce mois-là.

Il a été nommé précisément pour mettre en œuvre cette politique, notamment grâce à son vaste réseau de contacts dans le secteur qu’il a cultivé au cours de sa carrière de près de quatre décennies chez Shell ; il ne devrait donc y avoir aucun doute sur le fait que Tisza souhaite réellement y parvenir, même si le parti modifie son discours à des fins électorales. Le ministre des Affaires étrangères, Peter Szijjarto, a averti après l’interview susmentionnée de Kapitany que les coûts des services publics pour les ménages tripleraient et que la production industrielle pourrait s’effondrer, conduisant ainsi à un suicide économique.

Kapitany tirerait profit de ce scénario, d’où son intérêt à ce qu’il se produise, et son ancien employeur, Shell, obtiendrait le contrôle de facto de la compagnie énergétique nationale MOL, avec des conséquences désastreuses pour la souveraineté nationale durement acquise de la Hongrie sous l’ère Orbán. C’est l’issue inévitable d’une coupure volontaire de l’accès fiable de la Hongrie à l’énergie russe abordable, en pleine crise économique qui s’aggrave, avec un ancien dirigeant du secteur énergétique étranger à la tête de sa politique économique.

En effet, Kapitany est en passe de devenir le « cardinal gris » de la Hongrie si Tisza forme le prochain gouvernement, et ses allégeances étrangères discutables lui permettraient en substance de réussir là où son compatriote George Soros a échoué, à savoir subordonner leur pays au mondialisme. Outre les conséquences désastreuses pour l’économie et la souveraineté nationale, la sécurité hongroise serait également compromise, car le pays devrait armer l’Ukraine si Orban était évincé, devenant ainsi un co-belligérant contre la Russie.

Dans cette optique, les observateurs ne devraient pas douter que Tisza va bel et bien « dérussifier » le secteur énergétique hongrois s’il remporte les élections, peu importe si son discours à ce sujet évolue au milieu de la crise énergétique mondiale, et les conséquences en cascade de cette décision subordonneraient leur pays au mondialisme, comme expliqué. La nomination de Kapitany est la preuve ipso facto de leurs intentions, et lui-même est profondément ancré dans le système mondialiste, ce qui lui permettra de mettre en œuvre ce plan avec une relative facilité, au détriment des intérêts de la Hongrie.

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