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Etats-Unis, guerre contre l'Iran, Iran, Israël, pays du Golfe
La campagne menée par l’Iran contre les Émirats arabes unis se poursuit sous la forme d’une offensive délibérée multimodale sur plusieurs fronts, visant à exercer une pression économique et stratégique maximale en prenant pour cible des infrastructures critiques terrestres et maritimes.
L’attaque contre les installations de Thuraya Telecommunications à Sharjah témoigne d’une volonté persistante de perturber les réseaux de communication.
La situation maritime continue de s’aggraver de manière critique avec l’attaque confirmée par l’Iran contre le pétrolier Al-Salmi, battant pavillon koweïtien et ancré dans le port de Dubaï, ce qui constitue une attaque directe et grave contre les exportations énergétiques en provenance d’une plaque tournante mondiale majeure.
L’administration Trump semble engagée dans un monologue avec elle-même ou avec un interlocuteur imaginaire, multipliant les menaces ou parfois les atténuant pour marchander ou exercer un ultimatum avant de reprendre les menaces à nouveau face à l’absence de réponse du côté iranien. En réalité, cela confirme que les Américains ne savent plus qu’elle est la nouvelle architecture du pouvoir iranien, adaptée à une situation de conflit de haute intensité et dans un combat décisif pour la survie. De ce côté, la posture de l’Iran est assez claire: poursuite des frappes balistiques et de drones.
Le détroit d’Hormuz reste de facto fermé sous contrôle iranien, ce qui a consolidé la position de l’Iran en tant que puissance dans le secteur pétrolier grâce à un système officiel de péage générant d’importantes recettes et un levier géopolitique considérable, tandis que les États-Unis tentent la ruse stratégique en laissent faussement entrevoir une volonté potentielle de mettre fin aux opérations militaires pour tromper les dirigeants iraniens tout en préparant une réouverture forcée du détroit. Le Pentagone se concentre actuellement sur l’affaiblissement des forces armées conventionnelles iraniennes tandis que Washington exerce des pressions sur ses vassaux pour qu’ils assument à l’avenir la charge de la sécurité, dans un contexte de perturbations économiques mondiales graves et croissantes.
La Grande-Bretagne, la France, Türkiye et l’Ukraine apportent une aide importante en matière de lutte antidrone aux pays du Golfe et en Jordanie mais il semble que cette lutte impliquant des moyens techniques considérables est loin d’avoir trouvé un optimum contre cette menace paradoxale. Des opérateurs aguerris de drones ukrainiens ont été tués le 28 mars 2026 à Dubaï, Émirats Arabes Unis par des frappes iraniennes.
La montée en puissance des forces aérospatiales iraniennes est un fait qui laisse perplexes de nombreux analystes.
La force aérospatiale des Gardiens de la révolution islamique iranienne a lancé des missiles balistiques contre une installation pétrochimique à Beersheba dans le Sud d’Israël où les défenses aériennes et balistiques ont le plus grand mal à intercepter les vagues de missiles iraniens en dépit d’un pont logistique aérien avec les États-Unis. Il s’agit de l’une des frappes de représailles menées par l’Iran en réponse aux frappes aériennes de l’armée de l’air israélienne contre ses infrastructures industrielles.
L’Iran s’attaque désormais à des cibles industrielles sur le territoire israélien, et l’illusion d’une victoire rapide contre l’Iran s’est complètement évanouie.
Ce qui avait été présenté comme une campagne courte et décisive se transforme rapidement en un conflit de très longue haleine dont l’issue ne fait aucun doute.
L’Iran a encaissé les coups et n’est plus en position défensive, mais ajuste et intensifie sans cesse ses attaques dans une posture résolument offensive, prenant de plus en plus le contrôle du rythme de cette guerre. L’aspect le plus omis est celui de la résilience des populations des pays islamiques aux bombardements massifs et aux pertes humaines et matérielles. Cet aspect est très sous-estimé malgré qu’il soit fort bien connu et documenté depuis longtemps. Il semble que personne au sein de l’administration Trump n’a daigné ouvrir un livre d’histoire.
C’est un désastre stratégique en gestation rapide. Non seulement l’administration Trump a mal évalué la situation, mais elle s’est précipitée comme un taureau déchaîné dans un conflit qu’elle ne comprenait manifestement pas et dont les conséquences s’aggravent aujourd’hui de manière exponentielle, pour aboutir finalement à un échec géopolitique historique.
Une éventuelle opération aéro-terrestre ou amphibie US contre l’Iran sera le signe le plus évident d’un échec retentissant car en déclenchant cette guerre, les États-Unis voulaient rééditer le scénario vénézuélien d’une frappe de décapitation et éviter tout enlisement similaire ou pire à celui de la guerre du Vietnam.
Plus important encore est l’opposition active et passive de nombreux militaires américains à cette guerre et certains n’hésitent pas à l’exprimer. Au moins six gouverneurs se sont ouvertement opposés à cette guerre, dont Wes Moore, gouverneur du Maryland. En tant qu’ancien combattant de l’armée de terre, le gouverneur Moore a exprimé de profondes réserves. Il a déclaré qu’en tant que participant à une « guerre de changement de régime », il connaissait parfaitement le prix à payer pour les militaires, et a critiqué le gouvernement pour ses « déclarations contradictoires » concernant ce conflit.
La guerre majeure contre l’Iran comporte un autre aspect passé sous silence: la colère et le mépris des populations des pays Arabes pour leurs dirigeants a atteint un pic historique sans précédent aucun; il s’agit d’une délégitimation de facto de tous les pouvoirs arabes, perçus par les populations comme « soumis », » traîtres « , » faibles », « vendus », » fantoches » et « non fiables ». Cette colère est accentuée par les sommes colossales que les pays Arabes du Golfe paient aux États-Unis dans le cadre d’un effort de guerre gigantesque se déployant sur deux théâtres (Iran et Ukraine) sans aucun résultat probant ou issue claire. Cette situation est susceptible de générer de graves troubles politiques et sociaux et éventuellement des révoltes dans la majorité des pays arabes dans la sphère d’influence US et même dans ceux qui font semblant de condamner les actions US tout en les endorsant pour diverses raison en secret.
Au Liban, la situation est catastrophique. La Force Intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) est encore ciblée avec trois soldats indonésiens tués et des soldats israéliens ont pointé leurs armes sur le chef d’état-major de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) et son adjoint. Quelques heures plus tard, des soldats israéliens ont délibérément ouvert le feu sur des soldats français de la FINUL. Ce n’est guère étonnant que tous les casques bleus internationaux qui ont servi au sein de la FINUL reviennent avec un très fort sentiment anti-israélien.
La perception des élites israélienne d’un danger existentiel annoncé par une croyance superstitieuse tenace et infondée dans les milieux sionistes selon laquelle « tout royaume fondé par des Juifs ne peut durer plus de 80 ans » a entraîné le monde dans un désordre sans précédent. Israël n’est plus perçu comme allié puisqu’il a déclenché une situation fort préjudiciable aux économies des États-Unis, d’Europe, des pays du Golfe et d’Asie. C’est le piège de l’influence disproportionnée qu’exercent les lobbies favorables à Israël en Occident: en validant les choix désastreux d’une équipe de fous furieux pris de délires messianiques et psychotiques ayant pris en otage les populations israéliennes, ils entraînent les États-Unis et le monde vers une catastrophe certaine. C’est ce manque de garde-fou et la marginalisation des élites juives opposées la politique d’un gouvernement corrompu qui a rendu cet engrenage possible.