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baisse dans les sondages, Donald Trump, inquiètude des Républicains, un niveau historiquement bas
Le président américain connaît deux violents revers dans les sondages. Il atteint un niveau historiquement bas. De quoi inquiéter les troupes républicaines, concentrées sur les élections de mi-mandat.

Jusqu’à présent, Donald Trump a toujours refusé de montrer une quelconque inquiétude face aux signaux d’alarme envoyés par les sondages. Le locataire de la Maison-Blanche a préféré faire la sourde oreille, voire déformer la réalité. On se souvient de cette séquence à la tribune des Nations unies où le président américain s’était vanté de jouir d’une cote de popularité inédite. « J’ai atteint mes meilleurs chiffres jamais enregistrés dans les sondages », avait-il lancé, sans vergogne. Pourtant, déjà à l’époque, son taux d’approbation chutait (avoisinant les 39-41%).
Sept mois plus tard, Donald Trump va devoir redoubler d’inventivité pour ignorer les dernières enquêtes d’opinion. En effet, la cote de popularité du président américain a cette fois atteint son niveau le plus bas depuis le début de son second mandat. Selon une enquête de The Economist et YouGov réalisée entre le 27 et le 30 mars, le taux d’approbation du locataire de la Maison-Blanche dégringole à 35%, tandis que son taux de désapprobation monte à 58%. « Ce qui donne un taux d’approbation net de -23 », commente Allen Houston de YouGov, au média Newsweek. « C’est le taux d’approbation net le plus bas que Trump ait obtenu dans un sondage Economist/YouGov au cours de son premier ou de son second mandat présidentiel. »
Et une autre enquête d’opinion est venue confirmer cette tendance inquiétante pour le chef d’Etat américain. Le sondage, réalisé par l’Université du Massachusetts entre le 20 et le 25 mars (publié ce lundi), accorde un taux d’approbation encore plus bas à Donald Trump: 33%. Son taux de désapprobation atteint quant à lui les 62%.
« Une chute dans les abysses », détaille Harry Enten, analyste de CNN. « Il est à son plus bas pour son second mandat. » Pour M. Enten, cela s’explique surtout par le désamour des électeurs indépendants, auprès desquels son taux d’approbation net chute de 45 points : « C’est le pire chiffre pour n’importe quel président à ce stade du second mandat. Pire que Nixon au plus fort du Watergate (qui avait perdu 36 points) ! »
La Maison-Blanche minimise, mais en coulisses on s’inquiète
Du côté de la Maison-Blanche, on préfère détourner le regard. Interrogé par Newsweek, le porte-parole Davis Ingle botte en touche avec une pirouette à la Trump : « Le sondage ultime a eu lieu le 5 novembre 2024, lorsque près de 80 millions d’Américains ont massivement élu le président (…). Aucun autre président dans l’histoire n’a fait autant pour le peuple américain que le président Trump, qui travaille sans relâche à créer des emplois, à maîtriser l’inflation, à améliorer l’accessibilité au logement, et bien plus encore. »
Pourtant, dans Politico, on apprend que l’inquiétude est réelle dans les rangs du Républicain face à ces chiffres. Le parti, qui a les yeux rivés sur les élections de mi-mandat, craint de plus en plus de subir un lourd revers. Une source proche de la Maison-Blanche n’a d’ailleurs pas hésité à confier son désarroi face à la stratégie actuelle menée par l’équipe présidentielle: « Il ne semble pas tenir compte un instant de l’échéance électorale », a-t-il fustigé.
Il faut dire que la guerre en Iran, qui devait être éclair mais qui se prolonge, a un impact négatif sur la popularité du président et de son parti. La hausse des prix du carburant vient amener de l’eau au moulin des Américains déjà mécontents face à la gestion économique de Donald Trump. Cela fait des mois que ces derniers attendent du locataire de la Maison-Blanche qu’il se focalise davantage sur la politique intérieure. L’ouverture d’un nouveau front au Moyen-Orient a achevé d’atomiser leurs espoirs.
Donald Trump a toutefois annoncé qu’il tiendrait un discours la nation, ce 1er avril, laissant planer l’espoir de le voir mettre un terme au conflit en Iran. Selon ses équipes, il devrait communiquer « d’importantes nouvelles informations » sur la guerre en cours. Le locataire de la Maison-Blanche postulait déjà ce mardi soir que les Américains allaient quitter l’Iran « très bientôt ». « Dans deux ou trois semaines », a estimé le président.