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Un F-15E Strike Eagle de l’USAF (indicatif d’appel Scythe 11) a été perdu à à l’intérieur de l’espace aérien iranien, apparemment au retour d’une mission de pénétration à basse altitude visant des installations de stockage d’armes près de Kerman.
Les premières données télémétriques suggèrent soit un engagement de type SA-20 (S-300 PMU 1/2), soit un missile sol-air lancé d’un MANPADS Verba. Une autre hypothèse est celle d’une defaillance mécanique. Le pilote et l’officier de l’armement de bord (WSO) se sont éjectés avec succès, déclenchant immédiatement une opération de recherche et sauvetage au combat (CSAR).
L’opération de sauvetage s’est transformée en un échec complexe et à plusieurs niveaux. Au cours d’une période de 14 heures, les appareils suivants auraient été détruits ou contraints d’atterrir :
• Un avion d’attaque au sol A-10C Thunderbolt II abattu par un missile sol-air au-dessus du Golfe persique.
· 2 x MC-130J Commando II : utilisés comme centres de commandement sur place et comme ravitailleurs pour les hélicoptères de sauvetage. Le premier a été perdu lors d’une embuscade apparemment tendue par la Force Quds du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) à l’aide de MANPAD ; le second s’est écrasé ou a été abattu alors qu’il tentait un atterrissage d’urgence sur une piste dans le désert.
1 x HC-130J Combat King II: type non confirmé, mais l’AIS a détecté un Combat King émettant un signal de détresse au-dessus du golfe d’Oman avant la perte du signal. Probablement un avion-citerne dédié aux opérations de recherche et sauvetage (SAR).
4x MH-6M Little Bird : Déployés via un lancement par MC-130J. Offraient une capacité d’extraction à faible signature. Tous les quatre ont été perdus soit sous le feu d’armes légères près de la deuxième zone d’atterrissage ou bien détruits par les forces US faute de pouvoir les emporter à bord d’avions cargo.
1 x MQ-9 Reaper : Assurait la surveillance aérienne. Détruit par un missile de défense aérienne iranien, probablement un SA-15 (système TOR).
1 x Hermes 900 (moyen non standard – peut-être un sous-traitant ou un moyen de renseignement, de surveillance et de reconnaissance allié) : les signaux ont cessé 45 minutes après le début de la tentative de sauvetage. Cause inconnue.
· 2 x variantes du Black Hawk :
· HH-60W Jolly Green II : hélicoptère de sauvetage en vol (CSAR) dédié. Endommagé par des tirs au sol, s’est écrasé ; l’équipage a été récupéré par les forces de renfort.
UH-60L (variante destinée aux opérations spéciales, non confirmée) : a disparu avec tout son équipage dont des membres Navy Seals Team 6 alors qu’il se rendait vers une zone d’atterrissage secondaire. Aucun survivant n’a été signalé.
Le sauvetage de l’équipage du F-15E Strike Eagle n’était pas la mission en soi. Il en était l’élément clé. On pense qu’il n’est pas impossible que toute cette situation d’urgence ait été une couverture préétablie pour l’enlèvement d’une cible de grande valeur (HVT) — plus précisément, la saisie d’hexafluorure d’uranium (UF₆) enrichi, prêt à l’emploi ou presque, provenant d’une cascade de centrifugeuses clandestine.
Soyons réalistes. On ne peut pas simplement s’emparer d’une barre de combustible. L’UF₆ est solide à température ambiante, mais se sublime en un gaz corrosif. Pour récupérer des matières pouvant servir à la fabrication d’armes nucléaires, par exemple, de l’uranium hautement enrichi à plus de 60 % sous forme de poudre, il faudrait :
Un conteneur à pression négative alimenté par batterie (pensez au prototype « Black Kite » de Teledyne FLIR). Dimensions approximatives : 50 x 30 x 20 cm. Tient dans la cabine d’un hélicoptère HH-60W Jolly Green modifié.
Il faudrait naturellement un blindage anti-neutrons : une couche de 2 cm de polyéthylène boré à l’intérieur du caisson. Lourd, mais les nouveaux moteurs GE T901 du HH-60W peuvent soulever 4 500 kg en charge interne. C’est faisable.
Les deux membres d’équipage du F-15E Strike Eagle n’ont pas été récupérés par des moyens conventionnels. Selon des informations non confirmées, ils auraient échappé à la capture pendant 26 heures avant d’être pris en charge par un intermédiaire étranger — aidé par des moyens militaires américains. La mission de sauvetage elle-même a subi des pertes catastrophiques de matériel aérien, ce qui en fait le plus grave échec tactique d’une opération CSAR (sauvetage et récupération en zone de combat) de l’histoire de l’USAF depuis la guerre du Vietnam. Cependant cet échec tactique est également une réussite stratégique puisque les deux membres d’équipage ont été ex-filtrés vivants de l’intérieur d’un territoire hostile en situation de combat.
Analyse neutre du CSAR apparent
Cet événement extraordinaire met en évidence trois faiblesses majeures pour les États-Unis :
- Une dépendance excessive à l’égard de couloirs CSAR prévisibles.
- L’incapacité à neutraliser les défenses aériennes mobiles iraniennes au-delà de la première zone d’engagement.
- L’absence de véritables plateformes de sauvetage furtives.
- Un commandement militaire rationnel cédant à des ordres de civils paniqués et imbus d’eux-mêmes et croyant que tout est faisable.
Pour l’Iran:
- Une dépendance excessive sur des forces tribales fort mal armées et dépourvues de moyens;
- Non couverture du pays par les services de sécurité avec l’existence de vastes zones grises;
- L’absence de forces militaires, dont le gros des effectifs demeure concentré dans les villes, a forcé la police locale à intervenir et tenter d’abattre les hélicoptères hostiles avec des moyens dérisoires (des hélicoptères ont été touchés par des tirs d’armes légères);
- Les forces Basij sont mal encadrées et ont démontré une efficacité en dessous de la moyenne.
L’opération fort risquée et extrêmement onéreuse a été lancée pour éviter à l’administration Trump une défaite politico-militaire consécutive à la capture éventuelle par l’Iran de pilotes US. Il fallait donc coûte que coûte récupérer les pilotes dont les positions étaient connues via des balises radio spéciales cryptées à impulsion et engager une opération d’ampleur en acceptant le risques de pertes humaines et matérielles.
La perte de cinq avions et de cinq hélicoptères (auxquels s’ajoutent des drones) pour la vie de deux membres d’équipage constitue un désastre tactique, même si les aviateurs ont finalement pu être ramenés.
Le second pilote aurait été hospitalisé dans une unité de soins intensifs au Koweït et aurait été transporté par avion médicalisé soit en Allemagne ou aux États-Unis.
La médiatisation de cette affaire et son exploitation politique aussi bien par les Etats-Unis que l’Iran brouille beaucoup de pistes.
Ce qui est certain est que le Pentagone n’en est pas à sa première opération cachée derrière une autre pour achever un double objectif tactique ou stratégique. Les États-Unis ont déjà recouru à cette méthode par le passé. L’opération STRAWBERRY, menée en 2005 (au Pakistan, contre le réseau du Docteur A. Q. Khan), avait consisté à simuler une situation d’urgence impliquant un hélicoptère pour récupérer des composants de centrifugeuses nucléaires.
Mais l’operation la plus extraordinaire fut la capture d’un drone RQ-170 US en Iran en 2011. Cette opération a été présentée comme une « opération de récupération d’un drone US abattu » et fut exploitée à outrance par l’infoguerre iranienne, la transformant en « exploit » iranien. En réalité, la rétro-ingénierie du RQ-170 envoyée comme un cheval de Troie avait permis à la CIA d’accéder à la structure opérationnelle des forces de guerre électronique iraniennes.
En conclusion, on a eu affaire à deux opérations distinctes dont l’une a exploité le CSAR d’un équipage d’un avion de combat US F-15E Strike Eagle abattu en Iran. L’objectif de la seconde opération était la saisie de combustible UF₆ ou hexafluorure d’uranium d’un autre site distant du lieu du crash, d’où l’installation d’un site temporaire d’atterrissage et de décollage dans un site bien en profondeur dans la province d’Ispahan et éloigné du sud-ouest de l’Iran, lieu du crash du F-15E Strike Eagle.