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par Elijah J Magnier

Le président Donald Trump est désormais dépassé de la menace à l’instrument et au châtiment collectif de la population iranienne. Washington a annoncé le début d’un siège maritime des ports iraniens, transformant sa suprématie navale en tentative d’étranglement économique. Il ne s’agit ni d’un geste symbolique ni d’un simple coup de semonce. Il s’agit d’un effort visant à contrôler par la force l’accès à l’Iran, à intercepter le trafic maritime lié au commerce iranien et à imposer en mer une nouvelle réalité dans laquelle les États-Unis s’arrogent le droit de décider quelle cargaison circuler, quels pétroliers naviguent et quels acteurs commerciaux sont autorisés à faire des affaires avec Téhéran. En pratique, une telle opération peut mobiliser toute l’architecture de la puissance maritime américaine : imagerie satellite, surveillance radar, drones, moyens navals, surveillance aérienne et tous les autres moyens militaires nécessaires pour, identifier, pister et suivre tout pétrolier suspect ayant versé des redevances aux autorités iraniennes. Trump a également brandi la menace de viser les navires de guerre iraniens et les pétroliers iraniens dans les eaux internationales, élargissant ainsi la confrontation au delà même d’Ormuz pour en faire un affrontement plus vaste sur le contrôle de l’une des artères commerciales les plus vitales du monde.
La réponse de l’Iran a été immédiate et méprisante. Téhéran a averti que l’approche de tout bâtiment militaire américain près des eaux iraniennes serait considérée comme une grave escalade et recevrait une réponse par la force, mettant en péril le cessez le feu déjà fragile. Le commandant de la marine iranienne, Shahram Irani, a qualifié la menace américaine de risible, mais l’essentiel ne réside pas seulement dans le mépris affiché. Téhéran comprend parfaitement ce qui est en jeu. Il ne s’agit pas simplement d’un différend sur le passage à travers un corridor maritime étroit. C’est une tentative directe d’étouffer le commerce maritime iranien, d’intimider ses acheteurs, d’effrayer les assureurs et de contraindre armateurs, négociants et États importateurs à choisir entre le commerce avec l’Iran et la coercition américaine. La question n’est donc pas seulement de savoir ce que Washington peut faire à l’Iran, mais contre qui cette pression est réellement dirigée : les acheteurs chinois, les raffineurs indiens, les internationaux de tankers, les routes maritimes du Golfe, les consommateurs asiatiques d’énergie et l’ensemble des réseaux commerciaux liés au transport du pétrole, du gaz et des produits pétrochimiques à travers Ormuz. Les corridors ferroviaires à travers l’Asie centrale, les liaisons vers le Kazakhstan et les routes terrestres qui s’étendent sur près de 5 900 kilomètres de frontières iraniennes avec sept États voisins peuvent maintenir une partie du commerce en vie, mais ils ne peuvent pas remplacer l’échelle maritime. Ce sont des lignes de survie, pas des substituts. Et c’est précisément là le point essentiel : des années de sanctions occidentales n’ont pas appris à l’Iran à se rendre. Elles lui ont appris à chercher des alternatives, à vivre avec la privation et à s’adapter sans capituler.
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