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Pierrick Fay 
  • Pétrole : période noire Bourses Golfe

    Pétrole : période noire pour les Bourses du Golfe

Dubaï, le Qatar et l’Arabie saoudite souffrent de la chute des prix du pétrole.

La chute du prix du pétrole a fini par rattraper les Bourses du Golfe. Cet été, lorsque le cours du brent était passé de 115 à 97 dollars, les indices des Bourses de Riyad et des Emirats arabes unis avaient fait mieux que résister, le Tadawul saoudien gagnant même 14 % entre le 21 juillet et le 31 août. Mais, depuis, le baril est retombé cinq ans en arrière, à 64 dollars, entraînant les actions du Golfe dans son sillage. Ainsi, le brent a plongé de 33 % depuis le 18 septembre, sans parler du WTI qui est passé hier pour la première fois depuis 2009 sous les 60 dollars. Dans le même temps, le DFM à Dubaï a cédé 29,5 %, dont 7,4 % hier, sa plus forte baisse depuis octobre 2008. Si la Bourse de l’émirat gagne encore 6,7 % depuis le début de l’année, il faut se souvenir qu’elle affichait un gain de 73 % le 6 mai… De son côté, l’indice Tadawul a perdu 25 % depuis le 9 septembre. Hier, Abu Dhabi et Oman ont cédé plus de 4 %, alors que l’Opep a revu à la baisse ses prévisions de demande pour 2015.

Impacts budgétaires

Pourtant, la Bourse saoudienne est considérée comme relativement insensible aux prix du pétrole, car elle est composée surtout de valeurs financières, industrielles et des télécoms. Mais les marchés s’inquiètent des conséquences de la baisse des prix sur son économie et sur celle de ses voisins. Si le pétrole devait revenir sous 50 dollars, cela pourrait avoir un impact sur leurs budgets. Standard & Poor’s vient d’abaisser la perspective de la note de l’Arabie saoudite, en raison de la faiblesse des prix du pétrole. La réflexion vaut aussi pour Dubaï et le Qatar, pays gazier quasiment sans pétrole. L’indice DSM du Qatar perd 17,7 % depuis le 18 septembre par crainte de baisse des investissements.

Enfin, les Bourses de Dubaï et du Qatar souffrent de leur intégration récente dans l’indice MSCI Emerging Market. Comme nombre de gérants ne font que répliquer l’indice, ils ont aujourd’hui tendance à sortir de ces marchés pour se diriger vers d’autres émergents, consommateurs d’or noir, pour qui la baisse du brut est une bonne nouvelle. Cela vaut aussi pour l’Arabie saoudite, qui a prévu d’ouvrir ses portes aux investisseurs internationaux en avril.

http://www.lesechos.fr