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C’est Jacques Sapir qui a dégotté cette information sur son blog : une étude de l’INSERM estime que le chômage provoquerait 10 à 20 000 décès de plus par an, à mettre en perspective avec les plus de 3000 victimes de la circulation routière. Un chiffre qui fait froid dans le dos.

Des conséquences du chômage

L’étude de l’INSERM est effrayante. Déjà, « entre 2008 à 2010, 584 suicides pourraient être attribués à la hausse du chômage ». Suite à une étude sur « 6000 volontaires pour observer les effets du chômage sur la santé cardiovasculaire et la mortalité globale », Pierre Meneton, de l’INSERM, affirme que le chômage tuerait « entre 10 000 et 20 000 personnes par an ». La surmortalité des chômeurs serait « trois fois supérieure à celle des non-chômeurs » du fait d’accidents cardiovasculaires et de pathologies chroniques, liés à leur condition. Les chômeurs ont davantage de comportements à risque, consommant plus d’alcool, moins de fruits et légumes et un apport calorique supérieur.

Pour l’instant, ce sujet est mal pris en compte, même si « les conseillers peuvent aussi les orienter vers les bilans de santé gratuits de la caisse primaire d’assurance-maladie ». Dans son papier, Jacques Sapir complète cette étude en citant Alberto Bagnai pour qui « on peut faire du mal à autrui pour plusieurs raisons : pour en tirer un avantage personnel, et dans ce cas on est un bandit ; sans avantage personnel, ou même avec un dommage pour soi, et dans ce cas on est un imbécile. Il s’ensuit que l’imbécile, au point de vue macroéconomique, est plus dangereux du bandit. Appauvrir sans s’enrichir, voir en appauvrissant soi-même, ne saurait pas être vu comme une bonne politique ».

Munich social, énième saison

Tout ceci montre à nouveau à quel point il est essentiel de garantir le plein emploi, ou de s’y rapprocher le plus possible, chose inconnue dans notre pays depuis plusieurs décennies malheureusement. Il est pour le moins suprenant que nous ne parvenions pas à comprendre à quel point l’assurer est important. Le plein emploi est si important aux Etats-Unis que la politique monétaire de la Fed en dépend, quand, dans la zone euro, la BCE ne regarde que le niveau de l’inflation. Il est vrai néanmoins que le marché du travail n’est pas conçu de la même manière que dans beaucoup de pays européens, entre un salaire minimum plus faible et une protection des travailleurs beaucoup moins développée.

Philippe Séguin avait raison de dénoncer, il y a plus de vingt ans, le « Munich social » d’une classe politique qui semble ne pas vraiment se soucier du niveau du chômage, se contentant de mesurettes désiroires et d’attendre les courants favorables de la conjoncture, venus des hoquets imprévisibles et irrationnels des marchés, des monnaies ou des matières premières. L’étude de l’INSERM donne une réalité concrète aux souffrances que créé le chômage de masse dans lequel la France vit depuis bien trop longtemps. Pire, la situation risque de se détériorer, entre automatisation à tout crin et une possibilité sans cesse accrue de délocaliser les emplois dans des pays à bas salaires.

Merci donc à Jacques Sapir de faire connaître cette étude capitale de l’INSERM qui montre à quel point nos dirigeants devraient faire de l’emploi l’objectif numéro de leurs politiques (sans remettre en compte le niveau des salaires). Que de souffrances du fait du chômage de masse !

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