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Cecile Cornudet 

Nicolas Sarkozy va monter au créneau pour défendre les maires sur la question des réfugiés et enjoindre François Hollande d’intensifier la guerre en Syrie.

Le « rassemblement » est bon pour la photo de La Baule . Depuis dimanche, c’est autre chose. La question des réfugiés est en train de révéler l’étendue des sensibilités existant au sein des Républicains. A première vue, tout le monde tient la même ligne : il faut être « humain » mais « ferme », ouvert sur l’asile mais implacable sur l’immigration économique.

Derrière cette façade, les perceptions, les mots utilisés, les messages envoyés peuvent différer du tout au tout. Fermé comme François Baroin lorsqu’il refuse d’accueillir des réfugiés à Troyes. Et même très fermé comme Xavier Bertrand, lorsqu’il dit non aux quotas qui créeront un « appel d’air », écrit à François Hollande pour une intervention au sol en Syrie, et refuse d’accueillir des réfugiés dans sa ville de Saint Quentin. « Je ne sais pas les former, je ne sais pas les intégrer », explique-t-il sur Europe 1. Xavier Bertrand affronte Marine Le Pen aux régionales en Nord-Pas de Calais-Picardie. Ceci explique sans doute cela.

« Soyez prudents »

Rien à voir en tout cas avec la tonalité de François Fillon et Nathalie Kociusko-Morizet , qui ont tendance à considérer qu’ en accueillant 24.000 réfugiés , François Hollande a été en retard et en dessous de la main. Alain Juppé estime, lui, le chiffre « modéré et acceptable ». Il souhaite que les communes bordelaises participent à l’effort de solidarité, mais invite l’Europe à une réponse beaucoup plus ferme. Nicolas Sarkozy, pour sa part, marche sur des oeufs. « Soyez prudents » a-t-il demandé par SMS à Roger Karoutchi, qui présentait ce mardi les amendements de la droite sénatoriale sur la loi asile. Sur l’accueil des réfugiés, le communiqué du parti a eu cette phrase sibylline : « Si nous pouvons enfin saluer ses propositions pour répondre à l’urgence, nous regrettons qu’il le fasse si tardivement ». Un soutien à François Hollande ?

Pas si vite, le tout est très pesé. Nicolas Sarkozy cherche à se différencier de « l’inhumaine » Marine Le Pen, sans se laisser distancer. Il acquiesce donc à l’humanité, même hollandaise, mais il s’apprête à hausser le ton contre le chef de l’Etat. L’Etat ne peut pas laisser les maires seuls face au problème, va-t-il dénoncer prochainement. Le combat contre Daesh doit être beaucoup plus ambitieux, poursuivra-t-il, en enjoignant Hollande d’oeuvrer à une coalition internationale pour intervenir en Syrie. Fût-ce au sol.

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