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Anne-Sophie Damecour

Sceaux, octobre. Le chocolatier et meilleur ouvrier de France Patrick Roger a créé une sculpture en chocolat pour la réouverture du musée Rodin à Paris. Elle sera exposée dans le hall d’accueil de l’institution.
Sceaux, octobre. Le chocolatier et meilleur ouvrier de France Patrick Roger a créé une sculpture en chocolat pour la réouverture du musée Rodin à Paris. Elle sera exposée dans le hall d’accueil de l’institution. (DR.)

« C’est un peu comme faire la première partie de Madonna ou Michael Jackson! » Chocolatier rock’n’roll et meilleur ouvrier de France, Patrick Roger sculpte depuis toujours le chocolat, créant chaque année de sublimes vitrines pour ses neuf boutiques dont celle historique située à Sceaux, tout comme son laboratoire de production.

Une marque de fabrique qui a fait la renommée de l’artiste-artisan déjanté, avec notamment ses hippopotames et ses orangs-outangs grandeur nature. A tel point que le musée Rodin, qui rouvre ses portes ce jeudi à Paris, lui a demandé d’imaginer une sculpture monumentale. Une réinterprétation d’une œuvre de Rodin, en chocolat évidemment. Et Patrick Roger a choisi le Monument à Balzac, sculpture datant de 1897. « Il fallait une œuvre avec une assise assez forte pour pouvoir être stable », explique l’intéressé. Qui ne s’inspire pas pour la première fois de Rodin : dans toutes ses boutiques, un Penseur de chocolat noir accueille les visiteurs.
1,2 t de chocolat, 450 heures de travailD’une hauteur de 3,87 m -plus haute donc que l’originale qui mesure 2,70 m- la sculpture de Balzac trônera pendant plusieurs semaines dans le nouveau hall d’accueil de l’institution de la rue de Varenne (Paris VIIe). Il aura fallu 450 heures de travail à Patrick Roger pour créer son œuvre. Une sculpture scindée en onze pièces avant d’être assemblée dans le musée. « Techniquement, c’était très compliqué à réaliser, car il n’y a aucune structure, uniquement du chocolat, environ 1,2 t », souligne l’artiste au col tricolore. Qui a du également travailler dans des conditions complexes depuis l’incendie qui a ravagé une grande partie de son atelier-laboratoire de Sceaux, en septembre 2014.

Mais peu importe, il n’était pas question pour cet amoureux de la matière de ne pas relever le défi. « La sculpture est pour moi un projet intellectuel, explique-t-il. Faire des bonbons en chocolat, c’est le cœur de mon métier, mais c’est par la sculpture que j’y suis venu ». Il vient d’ailleurs de publier « La sculpture a du goût », ouvrage dans lequel il retrace 15 ans de créations en chocolat. En décembre, le professionnel investira d’ailleurs une galerie parisienne pour y présenter une soixantaine de ses sculptures.

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