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Le Conseil d’État, règles de sécurité et de protection, Responsabilité des administrations, travailleurs privés
Le Conseil d’État précise les conditions dans lesquelles un employeur condamné à raison d’accidents ou maladies professionnelles de ses salariés peut se retourner ou non contre l’État du fait de l’insuffisance des règles de sécurité et de protection de la santé dans les entreprises.
L’essentiel
- Le Conseil d’État admet qu’un employeur, condamné par le juge judiciaire à indemniser ses salariés en raison d’un manquement à son obligation d’assurer leur sécurité et la protection de leur santé, peut se retourner contre l’État si l’administration a commis une faute qui a concouru à la réalisation des préjudices. Il n’en va autrement que si l’employeur a délibérément commis une faute d’une particulière gravité.
- Dans le cas de salariés d’une grande entreprise de construction navale, qui ont été victimes de maladies professionnelles liées à l’amiante, le Conseil d’État, chargé de répartir la réparation du dommage entre la société employeur et l’État, distingue deux périodes :
– Avant 1977, il estime que la faute des pouvoirs publics à ne pas prendre de mesures propres à limiter les dangers de l’amiante et la faute de la société à protéger ses salariés ont toutes deux concouru au développement de ces maladies professionnelles. Il procède à un partage de responsabilité à hauteur de deux tiers pour la société et un tiers pour l’État.
– Après 1977, le Conseil d’État relève que les évolutions réglementaires ont été de nature à réduire les risques de maladies professionnelle, alors que la société n’a pas respecté la réglementation sur cette période. Il estime, dans ces conditions, qu’elle ne démontre pas que l’État serait partiellement responsable du développement des maladies de ses salariés.