François Hollande . « Alors vous l’avez fait. Vous avez réussi là où il y avait un échec il y a 6 ans. Vous avez réussi alors que le scepticisme était encore élevé. Pour trouver un accord, ambition, universel et contraignant. Je veux vous remercier d’avoir été à la hauteur de la responsabilité qui vous était confiée. Plus tard, nous pourrons évoquer bien des faits, raconter bien des histoires, mais une reviendra : vous pourrez dire, le 12 décembre 2015, nous étions à Paris pour l’accord sur le climat, et vous pourrez en être fiers devant vos enfants et vos petits-enfants. »
« Cet accord, nous l’attendions depuis longtemps. Depuis 40 ans, la prise de conscience progressait. Des femmes et des hommes, des précurseurs, comme Al Gore ici présent, lançaient des alertes, nous disaient qu’il était temps d’agir. Mais les engagements décisifs étaient toujours attendus. Et puis il y avait cet échec de Copenhague, qui avait découragé.«
« nous sommes en mesure de limiter le réchauffement à 2°C, et même 1,5°C, puisqu’il y a un mécanisme de révision ». « Nous entrons dans l’ère du bas-carbone, c’est un mouvement puissant et irréversible ».
« Après les droits de l’homme, grâce à vous aujourd’hui, vous venez de proclamer les droits de l’Humanité. Je suis fier que la France ait accueilli cette conférence, fier que les Nations unies aient été capables de prendre cette responsabilité, fier que les idéaux de justice aient pu prévaloir, fier que notre génération ait pu décider pour un monde que nous ne verrons pas. Le 12 décembre 2015 restera une grande date pour la planète. A Paris, bien des révolutions se sont déroulées, mais aujourd’hui, c’est la plus belle des révolutions, la plus pacifique, la révolution pour le changement climatique.«
l’Equateur, « rejoint cet accord ». Mais : « nous devons aller plus loin », faire plus qu’un équilibre entre ce qui est émis et ce qui est absorbé ». Il ne faut pas oublier qu’il faut réduire d’ici à 2050 80% des émissions. « Il n’y aura pas d’équilibre global si nous ne nous décarbonisons pas. » « Nous interprétons cet accord comme un cadre de règles qui permettront de compenser les services environnementaux rendus par les pays en développement. » Une solution selon lui : une quantification des émissions évitées, grâce aux politiques climatiques. « Paris n’est pas la fin, mais un bon début, vers la justice environnementale. » Il appelle un traité obligatoire pour respecter les droits de la nature, avec une cour de justice environnementale permettant de sanctionner les parties qui violent les obligations prises aujourd’hui. « La vie n’est pas un marchandage.«
Représentant du groupe Afrique : « Nous pensons que cet accord n’a pas laissé tomber l’Afrique. » Fabius promet des consultations spécifiques sur la prise en compte au titre de la vulnérabilité de l’Afrique.
Ban Ki-moon :Aujourd’hui, nous pourrons dire à nos enfants et petits enfants que nous nous sommes donné la main pour un monde habitable pour les générations futures. Nous devons rester unis, et passer l’épreuve de la mise en œuvre. Le travail commence vraiment à partir de demain.«
L’accord de Paris est « un succès monumental
« Il y avait un défi sans précédent à relever. Le changement climatique, c’est le grand défi de notre temps, l’une de mes grandes priorités depuis que je suis arrivé à mon poste de secrétaire général de l’ONU. » ‘J’ai été sur la ligne de front du climat, de l’Arctique à l’Antarctique, dans les îles du Pacifique, submergées par les vagues, l’Amazone, le Sahel... (...) J’ai écouté les jeunes, les plus vulnérables, les plus pauvres de tous les coins du monde. Ils ont exigé que les dirigeants de la planète assurent l’avenir de la planète. Ici à Paris, nous avons entendu leur voix. Cet accord est ambitieux, crédible, flexible, durable...«
Venezuela : un préambule « révolutionnaire, car il intègre toutes les dimensions sociales du changement climatique, avec l’égalité entre les hommes et les femmes, l’autonomisation des femmes, l’équité entre générations, le droit à la santé, la justice climatique, le droit au développement, la Terre notre mère et surtout, les droits de l’homme »
après Copenhague, « au bout de six ans, l’accord est bien meilleur ». Le Venezuela annonce qu’il a remis sa contribution nationale de réduction des émissions de gaz à effet de serre (INDC).
Le représentant de l’Inde prend la parole. « Nous vivons aujourd’hui une journée historique. Nous avons écrit un nouveau chapitre de l’espoir dans la vie des 7 milliards d’habitants de la planète. La Terre nous est prêtée par les générations futures. Aujourd’hui nous avons assuré à ces générations futures que nous leur transmettrons une Terre qui sera meilleure. «
L’Inde émet des critiques. « Nous aurions espéré avoir un accord plus ambitieux. Cet accord ne va pas nous garantir de limiter le réchauffement à 2°C et les actions pour les pays développés ne sont pas proportionnelles à leur responsabilité historique. »
C’est maintenant au représentant des Etats-Unis, John Kerry, de parler : « Vous avez fait un travail extraordinaire. C’est une victoire formidable pour tous les citoyens. C’est un succès pour la planète et les générations futures. Nous sommes parvenus à un accord mais tout le monde comprendra qu’il y a des éléments qui gène les uns ou les autres. Mais cet accord, quand il sera appliqué, nous permettra d’assurer la transition vers une économie propre et d’empêcher les conséquences les plus dévastatrices du changement climatique.«
Kerry indique que la France « a donné un exemple au monde, et tenu bon après les attentats ». « La France a galvanisé la communauté internationale et toutes les délégations présentes se sont jointes à cet effort. Personne ne pense que cet accord est parfait. ça ne serait pas un bon accord s’il en était autrement. Ce qui est important c’est de savoir comment nous allons le mettre en oeuvre, comment appliquer les objectifs. »
Le délégué de la Chine prend la parole. « Cet accord n’est pas parfait. » Toutefois, nous avons « réalisé des progrès historiques ».
cet accord est « équilibré, juste, équitable, très ambitieux, efficace et durable. Il a une force juridiquement contraignante. C’est un signal fort, positif. Il suit le principe d’une responsabilité commune mais différenciée, reflète l’équilibre entre atténuation du changement climatique et adaptation. Un choix responsable face aux générations futures, un acte merveilleux qui appartient à toute notre génération. Nous devons maintenant passer à l’application de cet accord.
Le représentant de la Turquie prend la parole : « Nous félicitons la présidence française. Nous espérons que le point spécifique qui nous préoccupe trouvera une solution, autrement il serait difficile pour le parlement turc d’adopter cet accord.«
Le Maroc, qui accueillera la COP22, prend la parole : « Nous avons, pour la première fois dans l’histoire moderne, réussi à porter un accord transformationnel. Il n’y a pas de gagnant ni de perdant dans cet accord. Nous avons contribué à renforcer le multilatéralisme. La COP21, qui demeurera historique, prend fin aujourd’hui. Mais ce n’est pas la fin de notre histoire commune : c’est une nouvelle étape, pour rendre opérationnel l’accord de Paris et cela démarrera à Marrakech du 7 au 18 novembre 2016.«
« Le Maroc agira de concert avec la présidence française pour que la COP22 soit une réussite. La COP22 se veut une COP de l’action, de l’innovation et de partage des solutions. Renforcer la mobilisation de tous les acteurs étatiques et non étatiques. Accélérer la mise en oeuvre des décisions prises pour la période pré-2020. Il faut innover au service de l’adaptation, de l’atténuation. Une bataille a été gagnée à Paris, mais le combat continue. Nous pouvons transformer le changement climatique en une opportunité.«
La représentante de l’Union européenne a maintenant la parole. Elle félicite la présidence française pour son « travail exceptionnel » : « Vous avez su trouver le fragile équilibre entre une approche inclusive et les impératifs d’efficacité. » Applaudissements
C’est votre succès, c’est notre succès. C’est le succès de tous les pays, de la société civile, de tous ceux qui se sont engagés pour que nous parvenions à cet accord ambitieux et juridiquement contraignant. Cet accord est un jalon qui permettra d’apporter la sécurité et la stabilité, qui contribuera à améliorer la qualité de la vie et la santé de nos concitoyens, et qui aidera les régions les plus vulnérables. Nous avons tous maintenant la responsabilité de traduire cet accord en actions concrètes. Il s’agit d’un défi immense, mais je suis confiante. Aujourd’hui, j’ai vu la volonté politique qui m’amène à espérer que nous pourrons ensemble changer le monde.«
Le représentant du Nicaragua est mécontent, et regrette de ne pas avoir eu la parole avant : « nous ne pouvons pas accompagner ce consensus. » « Nous considérons qu’il doit y avoir un article qui dit que si les résultats des INDC (contributions nationales de réduction des émissions) amène au scénario supérieur à 1,5 °C, sur les bases des informations scientifiques disponibles, il faut calculer un bilan carbone mondial conforme aux responsabilités historiques, dans la justice et le contexte du développement durable, et permettant l’éradication de la pauvreté. » « Nous ne pouvons pas risquer ces 3°. Dans 10 ans, ce sera trop tard, il faut freiner la hausse de la température.«
Nicaragua : « Nous voulons ajoute la création d’un fonds basé sur les responsabilité historique. » Il demande que l’Amérique centrale soit inclue dans le groupe des pays vulnérables, et souhaite refuse d’abandonner « nos droits juridiques de demander des indemnisations » face aux impacts du changement climatique. « Ce n’est pas possible de vivre avec 3°, car pour nous (sous les tropiques) ce serait 4 ou 5°. »

La représentante de l’Australie salue « le talent » du président de la COP21 Laurent Fabius. « Notre pays s’associe à tous les pays du monde pour adopter cet accord de Paris pour les changements climatiques ». « Le travail est terminé ici, nous pouvons rentrer dans nos pays pour appliquer cet accord historique.« « Pour aucun pays, ce n’est un résultat parfait, mais il met en place une stratégie nous permettant de travailler ensemble dans les années à venir, pour une action efficace. « »Chacun progressera au mieux de ses capacités et aucun pays ne reculera. » « Notre objectif commun, c’est un réchauffement bien en deçà de 2°, et vers 1,5° ». « 2020 sera une année clé pour accroître nos ambitions ». « Nous pouvons être optimistes au sujet de notre avenir »
La représentante du groupe G77+Chine, originaire d’Afrique du Sud, salue un « esprit de compromis » constructif pour mettre un point final à cette COP21. Le texte « n’est pas parfait, mais c’est une fondation solide à partir de laquelle nous pourrons lancer nos actions renforcées ». « Un accord équilibré, le meilleur accord qu’on ait pu obtenir ». Applaudissements. « Nous acceptons ce texte sans amendements ». « L’accord de Paris, c’est un grand pas en avant pour les pays en développement, avec de nouvelles obligations juridiques. » « Il est crucial que les pays développés renforcent leurs actions, et qu’il y ait un soutien suffisant aux pays en développement »
« Nous espérons une plus grande ambition en matière de finances pour l’après 2020 », poursuit cette représentante du groupe G77+Chine, coalition cruciale des pays en développement.. Après Laurent Fabius ce matin, la déléguée d’Afrique du Sud cite à son tour Nelson Mandela : « j’ai parcouru ce long chemin vers la liberté, et je n’ai pas failli. J’ai avancé. Et j’ai découvert le secret : après avoir gravi une montagne élevée, on constate qu’il y en core de nombreuses montagnes à gravir... »
La Fondation pour la nature et l’homme (ex-Fondation Nicolas Hulot), a décrypté le texte
– « L’ambition d’un réchauffement « bien en dessous de 2°C » en poursuivant les efforts pour viser 1,5°C »
– « La reconnaissance des pertes et dommages, avec un mécanisme adapté. »
– « La révision tous les 5 ans, et toujours à la hausse, des engagements nationaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre. »
– « Les 100 milliards de dollars par an d’ici 2020, somme plancher, avec un nouvel objectif plus élevé défini au plus tard en 2025 – même si on aurait préféré des cycles réguliers de 5 ans »
– « Une place plus importante donnée à l’adaptation pour l’après-2020 »
- Les points insuffisants :
– « L’accord ne renforce pas les financements dédiés à l’adaptation avant 2020 ».
– « Objectif de long terme [de réduction des émissions] trop flou, sans chiffre ni référence aux énergies renouvelables »
– « Date de première révision obligatoire trop tardive (bilan en 2023 pour révision 2025) »
– « Absence de référence claire au prix du carbone »
Le groupe du « G77+Chine », qui regroupe 134 pays en développement et émergents, dont la Chine et l’Inde, s’est dit « satisfait » du projet d’accord sur le climat proposé samedi par la présidence française de la conférence de l’ONU. « Nous sommes unis, tous ensemble. Nous sommes heureux de rentrer à la maison avec ce texte », a déclaré à l’AFP Nozipho Mxakato-Diseko, ambassadrice sud-africaine et porte-parole de ce groupe, poids-lourds des négociations climatiques.
L’accord définitif à télécharger ici
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