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Les avancées de l’armée de Bachar el-Assad n’incitent pas les délégations venues négocier à Genève à faire des concessions.
L’ambassadeur syrien auprès des Nations Unies Bashar al-Jaafari. Image: AFP
L’optimiste du médiateur de l’ONU croyant pourvoir annoncer dès lundi soir l’ouverture officielle des pourparlers syriens a été douché par les propos beaucoup plus réservés de Bachar al-Jaaffari. Contrairement à Staffan de Mistura, le chef de la délégation gouvernementale syrienne n’adhère pas à l’idée que tout a été «réglé». Impossible pour ce dernier de s’avancer à ce point. «Nous sommes encore dans la phase préparatoire», a affirmé mardi le diplomate syrien. Agacé de ne toujours pas connaître la composition de la délégation de l’opposition envoyée à Genève pour négocier, Bachar al-Jaaffari a refermé la porte à peine entrouverte la veille. Oublié le mince espoir des premières heures. C’est bien le spectre d’un nouvel échec qui hante l’ONU. L’opposition syrienne a, elle aussi, mis un bémol à l’enthousiasme de Staffan de Mistura en annulant sa participation à la réunion prévue ce mardi au Palais des Nations. Il n’est encore pas question de «rupture» mais on n’en est pas loin. Les porte-paroles du Haut comité de négociation (HCN) se sont relayées toute la journée pour réclamer l’arrêt immédiat des bombardements russes comme préalable à leur retour à la table des négociations.
Ces dernières heures, l’armée de Bachar el-Assad a repris des positions stratégiques au nord d’Alep. Plusieurs villes sont repassées sous le contrôle de Damas grâce à l’appui aérien russe. A Genève, les efforts déployés par Staffan de Mistura, se heurtent à une réalité militaire qui restreint sa marge de manœuvre. Les demandes des deux parties sont plus inconciliables que jamais. Le régime de Damas met un point d’honneur à ne pas entrer en discussion avec les groupes et personnes qu’il classe dans la catégorie «terroristes». Quant à l’opposition, elle pose comme préalable à tout début de dialogue l’arrêt immédiat des bombardements.
Dans ce contexte, Washington et Moscou ont démenti la tenue prochaine à Genève d’une rencontre entre Sergei Lavrov et John Kerry. Trop tôt. Seule la conférence internationale organisée à Munich le 11 février prochain et à laquelle Russes et Américains ont associé Occidentaux, Arabes et Iraniens, semble en mesure d’imposer un nouveau tempo aux discussions conduites par l’ONU. Staffan de Mistura est tenu par la feuille de route du Conseil de sécurité. La résolution 2254 prévoit «dans les six mois», «une gouvernance crédible, inclusive et non sectaire», et des élections «libres et régulières dans les 18 mois». Un processus politique qu’il est encore très loin de pouvoir engager.