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VIDÉO – Très liée à l’industrie pétrolière, cette ville s’est vidée en quelques heures face à l’avancée des flammes. Plusieurs dizaines de milliers d’habitants ont fui et l’armée a été appelée à la rescousse.

Catastrophe sans précédent au Canada. Depuis mardi, des feux de forêt et de broussailles ravagent la province canadienne d’Alberta (ouest). La ville de Fort McMurray a été vidée de ses 88.000 habitants fuyant cet incendie géant qui a déjà ravagé 7500 hectares de terrains et détruit des milliers de constructions. Alors que certains quartiers ont déjà été réduits en cendres, les conditions météorologiques de forte chaleur et les vents violents ont favorisé la progression des flammes qui menacent des milliers d’habitations supplémentaires.

Dans le quartier Waterways, coincé au sud entre l’autoroute et le fleuve Clearwater, 90% des logements ont été ravagés, a indiqué la mairie. Dans le quartier voisin de Beacon Hill, les trois-quarts des habitations ne sont plus qu’un tas de cendres.

Le feu, qui a pris dimanche au sud-ouest de Fort McMurray, a gagné en intensité, attisé par des vents chauds. Et les pompiers mobilisés pour combattre l’incendie avec l’appui d’avions et d’hélicoptères ne parviennent pas à le maîtriser. «Il est possible que nous perdions une large partie de la ville», a prévenu Scott Long, de l’agence régionale de gestion des secours.

Les autorités ont ordonné mardi l’évacuation des habitants de la ville, située non loin de sites d’exploitation de sables bitumineux. Il s’agit de la plus grosse opération de ce type dans l’histoire de la province du centre du Canada.

Mercredi soir, à mesure que le front se déplaçait vers le sud, les autorités ont également ordonné l’évacuation d’Anzac, une petite ville située à une cinquantaine de kilomètres de Fort McMurray, où un centre d’hébergement avait accueilli des personnes fuyant l’incendie, et de deux autres petites bourgades du même secteur, Gregoire Lake Estates et Fort McMurray First Nation.

Le premier ministre fédéral, Justin Trudeau, a indiqué que l’armée était prête à déployer des moyens aériens si nécessaire. «Des maisons ont été détruites, des quartiers ont disparu dans les flammes, les images que nous avons tous vues de voitures se ruant sur les routes tandis que le feu embrasait les bas-côtés sont tout à fait terrifiantes», a déclaré Trudeau. «C’est un jour terrible pour l’Alberta mais nous allons persévérer», a dit en pleurs Rona Ambrose, élue de la province.

Tout doit être mis en oeuvre et «nous devons faire tout ce qui est humainement possible pour sauver les populations de ce danger mortel et s’assurer que la bête peut être maîtrisée aussi vite que possible», a assuré le ministre de la Sécurité publique Ralph Goodale à la télévision publique CBC.

La direction de l’aéroport international de Fort McMurray a suspendu tous les vols commerciaux au décollage et à l’atterrissage.

Le feu, qui a pris dimanche au sud-ouest de Fort McMurray, a gagné en intensité, attisé par des vents chauds.

Un feu très compliqué

Les pompiers parlaient d’un feu très compliqué, tant les vents alimentaient les flammes dans plusieurs endroits de la ville. Jeudi, la situation était parfois hors de contrôle selon les pompiers.

Pour les rescapés ou les responsables, comparant l’incendie à «un monstre» ou «une bête», le cauchemar n’en finit pas et les scènes de fuite, relayées par les réseaux sociaux ou les télévisions, témoignent de l’ampleur de la catastrophe. De nombreux véhicules abandonnés ont brûlé dans des zones proches des bois et la totalité d’un grand parc réservé aux camping-cars a été détruit, laissant des carcasses calcinées et fumantes, selon les images des télévisions locales.

En 48 heures, l'incendie a été poussé par des vents de nord-est de 50 km/h et s'est rapidemment étendu sur la ville en raison de la sécheresse qui affecte en ce moment la province.

Il est naturellement trop tôt pour estimer le coût de la catastrophe. Mais les assureurs peuvent s’appuyer sur les sommes engagées il y a quatre ans après un incendie à Slave Lake, dans la même province. La facture pour les compagnies d’assurance avait alors atteint 700 millions de dollars canadiens (environ 475 millions d’euros). Mais le feu était de moindre importance: 374 habitations de cette petite ville avaient été détruites et 52 autres endommagées. «Il existe donc une possibilité pour que l’incendie en cours devienne le plus gros sinistre au Canada», estime Stewart McIlwraith, analyste chez DBRS.

Le record lié à une catastrophe naturelle – 1,9 milliard de dollars canadiens engagés par les assureurs à la suite d’inondations dans l’Alberta – pourrait également tomber. Pour Fort McMurray, l’incendie est un revers de fortune supplémentaire qui s’ajoute aux effets de l’explosion de la bulle des sables bitumineux dont les très lourds coûts d’exploitation n’ont pas résisté à la baisse des cours mondiaux du brut. La ville, surnommée Fort McMoney au plus fort du boom de ce type d’exploitation pétrolière, a compté jusqu’à 120.000 habitants l’an dernier. Un tiers d’entre eux sont partis après que l’effondrement des cours du pétrole a conduit à la fermeture de sites d’extraction.


Le pétrole remonte

Les prix du pétrole reprenaient du poil de la bête jeudi en cours d’échanges européens, bénéficiant à nouveau des craintes liées aux feux de forêt de l’Alberta. «Les prix (du Brent) ont rebondi à partir de leurs plus bas niveaux atteints (mercredi), aidés par des incendies de forêt au Canada qui ont été considérés comme pouvant affecter la production sur place», notait Michael van Dulken, analyste chez Accendo Markets. Jeudi midi à Paris, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juillet valait 45,43 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en hausse de 81 cents par rapport à la clôture de mercredi.

Depuis mardi, des feux de forêt et de broussailles ravagent la province canadienne d'Alberta (ouest).

efigaro.fr , AFP agence