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Kerry et Lavrov lors d’une précédente rencontre le 26 août 2016 / Keystone © MARTIAL TREZZINI
Malgré leur relations glaciales, les ministres des Affaires étrangères américain et russe se retrouvent vendredi à Genève pour évoquer le règlement du conflit syrien
Les chefs des diplomaties américaine et russe John Kerry et Sergueï Lavrov se retrouveront vendredi 9 septembre à Genève pour tenter d’arracher un accord de règlement du conflit meurtrier en Syrie, malgré des échecs successifs ces derniers mois.
Moscou et Washington, qui soutiennent depuis plus de cinq ans des camps adverses sur le théâtre de guerre syrien, cherchent à relancer un plan de paix adopté fin 2015 par la communauté internationale et qui comprend un cessez-le-feu durable, de l’aide humanitaire conséquente et un processus de transition politique entre le régime syrien et l’opposition modérée.
Après deux jours de tergiversations, le secrétaire d’Etat américain a quitté Washington jeudi soir pour être vendredi matin à Genève, où se trouve Sergueï Lavrov, a annoncé le département d’Etat.
Un échange téléphonique jeudi
Dans la ville suisse, «leur discussion fera suite à de récentes conversations et sera centrée sur la réduction de la violence, l’élargissement de l’aide humanitaire pour le peuple syrien et les avancées vers une solution politique pour mettre fin à la guerre civile» en Syrie, a résumé le porte-parole de la diplomatie américaine John Kirby.
John Kerry et Sergueï Lavrov se sont encore parlé jeudi au téléphone d’une éventuelle «coopération russo-américaine dans le but de détruire les groupes terroristes actifs en Syrie, de contribuer à résoudre les problèmes humanitaires et de promouvoir un règlement politique du conflit syrien», a indiqué le ministère russe des Affaires étrangères, précisant que cette conversation avait eu lieu à l’initiative des Etats-Unis.
Après cinq ans et demi de chaos en Syrie qui a provoqué la mort de plus de 290 000 personnes, John Kerry est accusé par ses détracteurs de courir après Sergueï Lavrov pour tenter d’arracher à tout prix un accord en Syrie, à quatre mois de la fin de la présidence de Barack Obama.
Difficulté des rebelles sur le terrain
Mercredi, à Londres, l’opposition modérée syrienne, très affaiblie face au régime et aux jihadistes, avait présenté un plan de transition politique.
Ces rebelles sont en grande difficulté sur le terrain, dans la ville symbole d’Alep (nord) où les forces syriennes appuyées par l’aviation russe ont réussi à faire le siège des quartiers rebelles, parachevant jeudi cet encerclement.
«L’idée est qu’une fois que nous aurons atteint une véritable cessation des hostilités, alors la fenêtre sera ouverte pour reprendre les négociations politiques» sous l’égide de l’ONU à Genève, a expliqué à l’AFP Anas al-Abdé, président de la coalition syrienne de l’opposition politique en exil.
Il a réaffirmé «certains principes pour lesquels le peuple syrien se bat depuis le début de la révolution» en 2011, en allusion au départ du président Bachar al-Assad.
La principale alliance de rebelles perd son commandant
Coup dur pour les insurgés islamistes, Abou Omar Sarakeb, commandant de l’«Armée de la Conquête», la principale alliance de rebelles, est «tombé en martyr» dans la province d’Alep dans une frappe aérienne, selon le Front Fateh al-Cham (ex-Front al-Nosra) jeudi.
Egalement acteur du drame syrien, le président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé être prêt à coopérer avec les Etats-Unis pour chasser le groupe Etat islamique (EI) de sa «capitale» syrienne Raqa. Recep Tayyip Erdogan a affirmé s’être entendu avec Barack Obama, en marge du G20 pour «faire le nécessaire» afin de chasser les jihadistes de la ville.
Et jeudi, l’agence de presse progouvernementale Anadolu s’est fait l’écho d’une conversation téléphonique entre Recep Tayyip Erdogan et son homologue russe, Vladimir Poutine. Le président turc a dit qu’il était essentiel de s’accorder sur un cessez-le-feu «dès que possible», selon cette source.
Par ailleurs, 73 ONG ont annoncé qu’elles suspendaient leur coopération avec l’ONU en Syrie pour protester contre la «manipulation des efforts humanitaires» par le régime et l’incapacité des Nations unies à résister à ces pressions.