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Le choix Juppé hier était, de loin, le meilleur pour la droite. Il était gagnant. Elle l’a refusé.
Débrancher François Fillon pour lui substituer Alain Juppé, voilà une idée qu’elle est bonne.
Et cependant absurde.
Car qu’est-ce qui dopait, hier, le phénomène Juppé?
Le ralliement à sa candidature d’électeurs de gauche déçus qui le considéraient comme un moindre mal.
Le renfort de François Bayrou qui lui apportait l’onction centriste.
Et la volonté de faire échec à un retour de Nicolas Sarkozy.
Le tout générant des sondages flatteurs et dynamisants.
Or, aujourd’hui, Juppé n’est plus le vainqueur possible mais l’ex-perdant avéré, ce qui a fracassé la dynamique.
Surtout (et c’est l’œuvre de Nicolas Sarkozy, l’homme qui aura réussi, c’est un exploit, à transformer le triomphe assuré de la droite en débâcle programmée), les électeurs de gauche déçus, rejetés avec mépris, ont trouvé un autre candidat de substitution.
Bayrou, seul vraie incarnation du centre, en vérité, s’est ancré à un autre port d’attache qu’il a du même coup crédibilisé.
Le noyau dur de l’électorat sarkozysto-fillonesque, chauffé à blanc, frustré, se sentant trahi, s’abstiendra ou se ralliera à Marine Le Pen, plutôt que de se mobiliser en faveur d’Alain Juppé que Nicolas Sarkozy n’a cessé de décrire en homme de gauche. (Ils rappelleront, en outre, qu’il a été lui aussi condamné pour « emploi fictif »).
Lequel Juppé, de toute façon (alors qu’il n’y a plus de danger Sarkozy), apparaîtra cette fois vieux, usé, décalé, d’un autre temps comparé à l’Ovni évangéliste Macron. (On voit mal Juppé électriser des foules dans des Zéniths archi combles).
Le choix Juppé hier était, de loin, le meilleur pour la droite. Il était gagnant. Elle l’a refusé.
Aujourd’hui, il est le mauvais choix et il est perdant. Donc elle le choisira.