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Par Ghislaine Ottenheimer
Le président des Hauts-de-France a démissionné du parti Les Républicains en raison du positionnement trop droitier du nouveau président Laurent Wauquiez. Héros ? Résistant face au durcissement de la droite ? Pas seulement …

Xavier Bertrand ne croit plus en l’efficacité des partis politiques. Gonzalo Fuentes
Cela fait un moment que Les Républicains se chamaillent sur l’attitude à adopter en cas de second tour FN-PS. Une majorité des électeurs de droite adhérant aux idées promues par le FN -sur l’Europe, la sécurité, l’immigration- la famille néo gaulliste a eu du mal à adopter une doctrine. Elle s’est contorsionnée, au gré des échéances, selon qu’il s’agissait d’une élection locale ou nationale ! François Fillon avait même fait preuve de beaucoup de créativité en appelant à voter pour le candidat le moins sectaire ! » Au fil des ans, c’est le ni ni qui s’est imposé lors des scrutins locaux : « Ni Front républicain, ni Front national». Mais pas à la présidentielle.
Ambitions présidentielles
Le malaise n’est donc pas nouveau. Et Xavier Bertrand -qui a été élu président de région grâce au soutien de la gauche face à Marine Le Pen- ne payait plus ses cotisations à LR depuis belle lurette, en raison avait-il dit, de ces ambiguïtés. S’il a choisi symboliquement de quitter LR, au lendemain de l’élection de Laurent Wauquiez, c’est certes pour bien marquer son opposition à la ligne politique du nouveau patron de LR. Mais c’est aussi pour donner un nouveau coup de boutoir dans la faille tectonique qui est en train de diviser la droite. Tout en se donnant une stature d’opposant à Wauquiez. Car le président des Hauts-de-France a aussi des ambitions et une stratégie.
Ou plutôt une ambition. Xavier Bertrand ne s’en cache pas : il se voit bien président de la République. Et il a choisi sa stratégie : passer par la case terrain. Il pense que les partis sont morts. Que ce n’est plus là que cela se passe. Que la vie démocratique fonctionne différemment. Qu’une aura de gestionnaire locale a plus de poids que la tête d’un parti. C’est une des raisons pour laquelle il n’a pas été candidat à la présidence du parti (outre le fait qu’il risquait une cuisante défaite). Et face à Emmanuel Macron, qui incarne l’élite mondialisé, il pense que lui, l’homme des territoires, l’homme du concret, lui l’agent d’assurance franc-maçon a ses chances.