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Emmanuel Macron a prononcé ce vendredi soir les ultimes « voeux aux Français » du quinquennat. Une énième prise de parole d’un président-candidat, a presque trois mois du premier tour de la présidentielle.
Que dire d’une déclaration de candidature qui ne dit pas son nom mais qui en condense tous les ingrédients? C’est à cet exercice que le Président s’est astreint pour les derniers vœux d’un quinquennat commencé en 2017 . En quinze minutes , Emmanuel Macron a « hussardisé » son mandat, opérant dans trois registres : l’immédiat en raison de la pression épidémique, le moyen terme avec la perspective européenne que la présidence de l’UE lui permet d’esquisser , l’échéance printanière enfin avec un SAV de son bilan qui laisse hors champ , bien entendu, tout ce que le chimérique “ nouveau monde “ doit à l’ancien. L’exercice en soi n’a rien appris sur le locataire de l’Elysée ; il ne pouvait en être autrement au demeurant et les trois étages du discours – covid, bilan , Europe – n’avait d’autre objet que de mettre sur orbite une candidature dont l’objet était de se satelliser encore une fois sans que cela soit dit , de manière naturelle , comme si la mécanique s’imposait d’elle même. Ces vœux relevaient des lors d’un pré-conditionnement , où le président s’hyper-presidentialisait au moment où ses concurrents s’efforcent de convaincre qu’ils sont aptes à accéder à ce statut présidentiel. Tout l’enjeu était de susciter un gap infranchissable entre le premier , en poste , et les seconds , en construction … En endossant d’emblée la fonction protectrice que les circonstances sanitaires lui fournissent, Emmanuel Macron s’est fait le chantre de sa stratégie- le tout vaccinal – là où celle-ci est susceptible d’interroger tout en se félicitant de sa gestion d’une crise dont il estime , non sans forfanterie , qu’elle a renforcé le pays …Se dessine ainsi le format d’une campagne qu’il mènera dans la foulée du mandat et de l’action , sans distinguer celui-ci de la bataille électorale à venir et réduisant selon toute hypothèse cette dernière à une séquence brève , une “blietzkrieg » la plus courte possible afin de conserver jusqu’au bout l’avantage statutaire que lui procure l’exercice de la charge . In fine ce President-candidat a récité la seule partition qu’il semble connaître : l’auto-satisfaction du sort qu’il offrirait au pays , la réitération de sa volonté de nous diluer dans un grand tout européen , eschatologie exclusive de l’avenir, et l’idée qu’il se fait de lui-même dans une confusion organique qu’il entend susciter entre son destin personnel et la destinée collective de la Nation . À se vouloir indiscutable, péché d’orgueil qu’il ne parvient pas à dissimuler, il parie sur la faiblesse de la concurrence pour s’auto-perpétuer . Ces vœux , un peu bâclés à vrai dire , tout autant catalogue vite-fait de ce qu’il estime être ses réalisations que projet brouillon de ses stéréotypes idéologiques, renvoyait à une sorte de formalité dont il espère sans doute , pour se conforter ,qu’elle sera aussi le sens de sa réélection . Comme s’il n’y avait pas mieux que Macron . À voir , cependant…