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Le Premier ministre malien de transition, Choguel Kokalla Maiga, s’adresse à la 77e session de l’Assemblée générale des Nations unies, samedi 24 septembre 2022, au siège de l’ONU.

Le Mali n’acceptera plus l’ingérence de la France dans la rédaction des résolutions et déclarations concernant la République du Mali au sein du CSNU.

Le système de leadership continu des États membres du CSNU sur des questions spécifiques a été développé vers 2008-2009 avec les « leaders » appelés « porte-plume », selon un rapport du CSNU de décembre 2018. L’une de ces questions était la situation au Mali.

Le gouvernement malien a déclaré le 1er mars dans une lettre adressée à Pedro Comissario Alfonso, président du Conseil de sécurité et ambassadeur du Mozambique à l’ONU, que la France n’a plus le pouvoir de rédiger des résolutions et déclarations concernant la République du Mali au sein du CSNU (Conseil de sécurité des Nations unies).

« Dans l’attente de la réunion spéciale du Conseil de sécurité demandée par le Mali, le gouvernement de la République du Mali […] conteste officiellement le statut de porteur de plume de la France sur toutes les questions examinées par le Conseil de sécurité concernant le Mali », peut-on lire dans la lettre.

Depuis décembre 2012, la France est chargée de produire tous les projets du Conseil de sécurité de l’ONU concernant le Mali. Cependant, le Mali s’est plaint au Conseil de sécurité en août 2022 d’actes d’agression, de subversion, de déstabilisation et de violation de l’espace aérien malien par des avions des forces armées françaises.

« Ces faits […] suscitent des interrogations sur l’objectivité et l’impartialité de la République française », note la lettre.

La présence des troupes françaises au Mali a été établie en 2013 sous le prétexte de contrer les activités terroristes dans la région du Sahel, après l’intervention en 2011 des forces de l’OTAN en Libye. Le pays a obtenu sa pleine indépendance après le retrait des troupes françaises le 15 août 2022, suite à la pression du gouvernement malien.

Bamako a mis fin à ses accords de défense bilatéraux avec la France plus tôt cette année-là, accusant son ancienne métropole d’une « partition de facto du pays d’Afrique de l’Ouest. »

« L’intervention [de la France] s’est transformée en une partition de fait du Mali, qui a contribué à la sanctuarisation de nos territoires pour les terroristes qui ont eu le temps de se réfugier et de se réorganiser pour revenir en force », a déclaré le Premier ministre malien Choguel Kokalla Maiga, s’adressant à des diplomates à Bamako, au Mali.

Au début du mois dernier, le Premier ministre malien de transition, Choguel Kokalla Maiga, a révélé que le Mali comptait présenter au Conseil de sécurité des Nations unies des preuves du soutien de la France aux groupes armés.

« Le jour où nous révélerons les preuves, nous verrons qui brouille les pistes. Tous ceux qui ne veulent pas que nous fournissions des preuves comprennent que les accusations portées contre nous n’ont aucun fondement », a souligné Maiga.

Selon le Premier ministre malien, le Mali gardera ces preuves pour lui aussi longtemps qu’il le jugera nécessaire.

Il convient de noter qu’à la mi-octobre, lors d’un discours prononcé à l’occasion d’un briefing du Conseil de sécurité des Nations unies sur le Mali à New York, le ministre malien des affaires étrangères Abdoulaye Diop a accusé la France de violer l’espace aérien malien et de livrer des armes aux militants qui paralysent le pays depuis une décennie, ce que la France a démenti.

Al Mayadeen