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TÉHÉRAN (Tasnim) – Le ministre des Affaires étrangères Abbas Araqchi a réaffirmé la détermination du peuple iranien à défendre sa patrie contre toute agression flagrante, dénonçant la récente guerre menée par Israël contre l’Iran comme le résultat de l’impunité totale accordée par les États-Unis aux sionistes.
Le ministre iranien des Affaires étrangères a prononcé un discours lors du 17e sommet des BRICS au Brésil dimanche.
Voici le texte intégral de sa déclaration :
Son Excellence M. Luiz Inácio Lula da Silva,
Président de la République fédérative du Brésil,
Honorables chefs d’État, Premiers ministres et ministres des Affaires étrangères,
Mesdames et Messieurs,
C’est un grand honneur pour moi de m’adresser à cette auguste assemblée au nom du président Masoud Pezeshkian, qui vous adresse ses salutations, Monsieur le Président Lula, ainsi qu’à chacune et chacun d’entre vous ici présents.
Permettez-moi d’exprimer notre profonde gratitude au Brésil pour avoir si bien accueilli ce sommet et pour avoir pris toutes les dispositions nécessaires à cet effet.
Monsieur le Président,
Distingués participants,
Nos pays sont tous membres des Nations Unies. Nous adhérons tous aux principes fondamentaux de la Charte des Nations Unies, qui visent à « préserver les générations futures du fléau de la guerre » en interdisant le recours à la force et en résolvant les différends par des moyens pacifiques. Le maintien de la paix et de la sécurité est l’objectif ultime des Nations Unies.
La Charte des Nations Unies et le système juridique international qu’elle a créé sont censés soutenir et sauvegarder l’intégrité territoriale et la souveraineté nationale des États membres contre les caprices malveillants qui, s’ils ne sont pas maîtrisés, peuvent facilement mettre en danger la paix et la sécurité.
Il ne fait aucun doute que la paix et la sécurité ne sont pas seulement des conditions préalables à un développement inclusif et durable pour nous tous, mais aussi des conditions essentielles à la réalisation d’un ordre mondial plus humain, plus sûr et plus juste.
Le BRICS, guidé par ses principes fondamentaux de renforcement du multilatéralisme, de la justice et de la coopération, qui prône depuis longtemps un ordre juridique international fondé sur l’ONU et respectueux du multilatéralisme et de la règle du droit international, est bien placé pour remplir son rôle indispensable dans la préservation des principes fondamentaux de la Charte des Nations Unies contre des transgressions et des violations sans précédent.
Je tiens à remercier mes collègues membres du BRICS qui ont pris conscience de la grande responsabilité qui leur incombe en matière de paix et de sécurité internationales en condamnant et en déplorant les actes d’agression flagrants perpétrés contre mon pays par deux acteurs dotés de l’arme nucléaire depuis le 13 juin.
Monsieur le Président,
Chers collègues,
Au moment où je m’adresse à vous, mon grand peuple pleure les êtres chers qu’il a perdus à la suite de l’agression non provoquée d’Israël, qui a duré 12 longs jours avec le soutien, la collaboration et finalement la participation des États-Unis.
J’exhorte chacun à prendre la mesure de la gravité et de la profondeur du comportement illégal dont Israël a fait preuve du 13 au 24 juin à l’encontre de l’Iran, ainsi que des conséquences extrêmement dangereuses qui découlent de l’impunité dont continue de bénéficier Israël pour son occupation brutale, son apartheid, son génocide et son bellicisme dans notre région.
Aux premières heures du vendredi 13 juin, deux jours seulement avant la sixième série de pourparlers entre l’Iran et les États-Unis sur la question nucléaire, Israël a lancé une série d’attaques militaires et terroristes brutales contre mon pays. Des zones résidentielles et des bases militaires ont été prises pour cibles ; des commandants et des soldats hors service, ainsi qu’un certain nombre de professeurs d’université et de scientifiques, ont été assassinés de sang-froid ; des citoyens ordinaires, dont de nombreux enfants et femmes, ont été massacrés ; nos installations nucléaires pacifiques, toutes soumises à la surveillance stricte de l’AIEA, ont été attaquées ; nos infrastructures publiques, notamment plusieurs installations de production de carburant, ont été détruites par des explosions.
L’implication ultérieure des États-Unis dans cette agression en prenant pour cible les installations nucléaires pacifiques de l’Iran ne laisse aucun doute quant à la complicité totale du gouvernement américain dans la guerre d’agression menée par Israël contre l’Iran.
Monsieur le Président,
L’attaque illégale du régime israélien contre l’Iran était un acte d’agression en violation de l’article 2(4) de la Charte des Nations unies. Ces attaques illégales ont tué et blessé plus de 6 000 innocents et endommagé nos infrastructures, nos zones résidentielles et nos installations nucléaires. Mais pire encore, cette agression a porté un coup fatal à la diplomatie, à l’État de droit et au régime du TNP. Les attaques américaines et israéliennes contre nos installations nucléaires ont constitué une violation flagrante du TNP et de la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui a approuvé à l’unanimité le programme nucléaire pacifique de l’Iran en 2015. Il convient de rappeler que le programme nucléaire iranien est absolument pacifique et soumis à la surveillance la plus stricte de l’AIEA.
Monsieur le Président, ce que le régime israélien, puis les États-Unis, ont commis n’est rien de moins qu’une violation sans précédent de la paix internationale. Le fait qu’un État en développement non doté d’armes nucléaires ait été attaqué par deux régimes dotés d’armes nucléaires, avec le soutien d’au moins deux autres États dotés d’armes nucléaires qui sont également membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies, est tout simplement révoltant et extrêmement grave. Aucune règle de droit ni aucune logique ne permet à quiconque de prendre pour cible les installations nucléaires pacifiques d’un autre État surveillées par l’AIEA sur la base de simples spéculations selon lesquelles ces installations pourraient parfois être utilisées à des fins militaires. En effet, les attaques contre de telles installations sont absolument interdites par le droit international, notamment par la résolution 533 de l’AIEA et la résolution 487 du Conseil de sécurité des Nations unies.
Monsieur le Président,
Mon peuple est resté ferme et déterminé à défendre notre patrie contre ces actes d’agression flagrants, et les agresseurs ont dû cesser leurs attaques criminelles face à la résistance héroïque de nos forces armées puissantes. Nous continuerons sans aucun doute à nous défendre avec toute notre force contre toute agression future.
Mais cela ne sera pas terminé tant que le comportement illégal du régime israélien sera soutenu et justifié par ses partisans et ses apologistes. Il est honteux que la communauté internationale n’ait rien pu faire de significatif pour mettre fin au génocide des Palestiniens au cours des deux dernières années et empêcher Israël d’occuper les terres arabes voisines. En fait, l’acte d’agression d’Israël contre l’Iran est le résultat de l’impunité absolue qui lui est accordée par les États-Unis et certains autres États européens pour commettre toutes sortes d’atrocités dans notre région.
Distingués délégués,
Les valeurs communes de paix et de justice sont aujourd’hui gravement menacées. Chaque membre de l’ONU a la responsabilité de s’élever contre cette grave injustice et de condamner fermement l’agression israélienne.
La vérité et les faits ne doivent pas être déformés par Israël et ses partisans. L’agression israélienne contre l’Iran ne peut et ne doit être justifiée par aucune norme juridique ou morale. Toute justification de cette guerre injuste et criminelle équivaudrait à une complicité.
Nous sommes déterminés à documenter les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité commis par Israël lors de son agression contre mon pays. Israël et les États-Unis doivent être tenus responsables de leurs violations du droit international, y compris des droits de l’homme et du droit humanitaire.
Nous ne cesserons pas de réclamer justice et réparation.
Nous devons garder à l’esprit que les conséquences de cette guerre d’agression ne se limiteront pas à un seul pays. Toute la région, et au-delà, en souffrira. Mais plus encore : c’est tout le système juridique international fondé sur les Nations unies qui est sapé et mis de côté au profit de l’anarchie et d’un unilatéralisme malveillant.
C’est un moment historique pour la civilisation humaine, où une nation civilisée est victime d’une guerre d’agression injuste menée par un acteur qui n’a aucun respect pour l’état de droit ou l’éthique.
Le monde, chaque État, chaque mécanisme des Nations unies et chaque accord et groupe multilatéral doivent s’alarmer et agir dès maintenant pour mettre fin à l’impunité et tenir les criminels responsables de leurs atrocités sans fin et de leurs graves violations du droit international dans notre région.
En tant que porte-parole reconnu du Sud, le BRICS doit remplir son rôle de défenseur acharné du droit international et du multilatéralisme, en soutenant les principes fondamentaux des Nations unies que sont l’égalité souveraine de toutes les nations, le non-recours à la force et le règlement pacifique des différends.
Je vous remercie.