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le Liban vers l’inconnu politique… et sécuritaire ?
Toutes les questions sont désormais légitimes après le retrait des ministres du duo chiite de la session du Conseil des ministres. La crise politique est désormais très claire. Le Hezbollah et Amal ont envoyé un signal clair indiquant leur refus des exigences américaines et, par extension, de la décision du Conseil des ministres de limiter les armes selon un calendrier précis. Le Liban se trouve donc confronté à deux options contradictoires : le désarmement selon un calendrier précis et le refus catégorique de la communauté chiite, ce qui ouvre la voie à une longue crise politique et, plus grave encore, à des tensions sécuritaires.
L’étincelle a été le refus des ministres du duo chiite de discuter du document de Tom Brack jusqu’à ce que l’armée présente son plan, et après l’insistance de la majorité, ils ont décidé de se retirer. Cette fois-ci, Fadi Makki faisait partie des ministres qui se sont retirés, après avoir continué à participer à la séance de mardi.
En revanche, les ministres du « duo » s’accrochent à un fil avec le gouvernement, après avoir affirmé que leur retrait concernait la séance et non le gouvernement, ce qui laisse entrevoir une petite porte ouverte aux communications et aux négociations. Dans ce contexte, la ministre Tamara Al-Zein a déclaré que les revendications des ministres démissionnaires incluaient la priorité accordée à l’accord de cessez-le-feu conclu l’année dernière, tandis que le ministre Fadi Makki a annoncé qu’il se retirait de la séance sans suspendre sa participation au gouvernement.
Dans le même temps, Israël a repris ses attaques, notamment dans le Bekaa, où deux raids ont visé, jusqu’à l’heure de la rédaction de cet article, des personnes à Kfardan, dans le district de Baalbek, et une voiture sur l’autoroute de Masnaa.
Sur un autre plan politique, après que le Courant national libre ait organisé mercredi une manifestation de solidarité avec Roland Khoury sur la place du 7 août à Adlieh, les condamnations se sont poursuivies aujourd’hui après la décision soudaine et injustifiée de démettre Jean Gebran, directeur général des eaux de Beyrouth et du Mont-Liban. Pour le Courant national libre et une grande partie des observateurs, ces mesures ne peuvent s’expliquer que par la malveillance et la volonté d’éliminer les cadres du « Courant » de l’administration.
Il est à noter que ces mesures ont coïncidé avec la commémoration des arrestations du 7 août et des attaques brutales qui ont suivi le 9 août, dont le Courant célèbre la mémoire en insistant sur la lutte et le retour à un climat de persécution constante.