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Arabie Saoudite, Caraïbes, Cuba, Détroit d’Ormuz, Diego Garcia, Etats-Unis, F-15, Groupe aéronaval, Iran, JF-17, mer Rouge, Mig-29, Moyen-Orient, Pakistan, Première Guerre mondiale hybride, Russie, Samara, SITREP, Ukraine, ZSU-23-2
En dépit de l’échec du premier cycle de négociations entre les États-Unis et l’Iran à Islamabad et l’imposition d’un blocus naval US des ports iraniens, des efforts diplomatiques effrénés se poursuivent pour organiser un deuxième cycle de négociations entre les États-Unis et l’Iran à Islamabad ce week-end et plus probablement lundi 19 avril 2026, le président américain se montrant personnellement optimiste alors que des informations très contradictoires circulent quant au contenu d’un éventuel accord-cadre de trois pages. Le conflit entre les États-Unis et l’Iran reste dans une phase de négociations instable : Trump affirme qu’un accord est sur le point d’être conclu, exigeant de l’Iran qu’il suspende son programme nucléaire, transfère son uranium enrichi aux États-Unis et mette fin à son soutien aux groupes armés en Irak, au Liban et Yémen, tandis que l’Iran rejette publiquement et avec véhémence le transfert d’uranium et nie que des pourparlers aient lieu, déclarant que l’uranium enrichi est sacré et que la question nucléaire est non négociable. Les États-Unis maintiennent une pression militaire élevée par le biais d’un blocus naval et de menaces de reprise des bombardements.
Il est avéré maintenant que tous les pays du Conseil de Coopération du Golfe ou CCG ont participé activement aux opérations militaires américano-israéliennes contre l’Iran. L’arrestation par le Koweït, les Émirats Arabes Unis, l’Arabie Saoudite, le Qatar et le Bahreïn de centaines de personnes ayant pris des vidéos d’attaques iraniennes mais également la chute de trois avions de combat F-15E Strike Eagle au Koweït et des tirs de HIMARS et d’autres systèmes d’artillerie à longue portée américaine à partir du Bahreïn et des Émirats ou encore les activités des avions de combat US, français et britanniques de l’immense base US au Qatar démontre la duplicité de ces pays et le décalage entre leurs déclarations publiques et la réalité.
Le détroit d’Hormuz a été brusquement refermé aujourd’hui par l’armée iranienne quelques heures seulement après une brève et chaotique reprise du trafic maritime à travers ce détroit stratégique ; le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) fait désormais respecter cette fermeture par des attaques directes contre des navires commerciaux et des ordres radio adressés à l’ensemble du trafic maritime.
Liban
Un fragile cessez-le-feu de dix jours, négocié par les États-Unis, est en vigueur dans le sud du Liban, mais la situation reste instable et volatile en raison de la poursuite des frappes aériennes israéliennes, d’une attaque meurtrière contre des soldats de la FINUL et des demandes sous-jacentes de désarmement du Hezbollah libanais qui menacent cette opportunité diplomatique. Dans ce contexte précis, Washington a démontré qu’il pouvait contraindre Israël et arrêter ses actions quand les intérêts US l’exigent. La question du désarmement du Hezbollah libanais demeure problématique car la dernière guerre a démontré que le parti libanais dispose non seulement d’une étonnante combativité, démontrée sur le terrain mais que l’Iran ne concédera jamais sur cette question face à Israël et ses alliés arabes.
Mer rouge
Le groupe aéronaval de l’USS Gerald R. Ford a franchi le canal de Suez et est entré dans la mer Rouge, déployant ainsi une importante force navale américaine dans la région. C’est officiellement le troisième groupe aéronaval US engagé dans ce conflit après ceux de l’USS Abraham Lincoln et de l’USS George H.W. Bush (ce dernier est en train de contourner l’Afrique au lieu d’entret en mer Méditerranée)
Situation générale
La base aérienne Prince Sultan en Arabie Saoudite reste un pivot central pour la projection de puissance des États-Unis ainsi que pour les activités de renseignement, de surveillance et de reconnaissance (ISR) au Moyen-Orient.
Le déploiement de la flotte d’AWACS E-3G Sentry à partir de ce site permet d’assurer une surveillance continue du golfe Persique, une zone de tension majeure avec l’Iran.
Cette posture opérationnelle a désormais été élargie pour inclure un soutien direct aux opérations navales, comme en témoigne le ravitaillement en vol effectué par un avion ravitailleur KC-46A de la base au profit des avions de chasse du groupe aéronaval de l’USS Abraham Lincoln opérant en mer d’Oman et dans le golfe d’Oman.
La montée en puissance du déploiement militaire US autour de l’Iran et en Israël est tenue secrète mais il est désormais acquis que ce déploiement approche du seuil critique lui permettant une reprise des opérations militaires et même une intervention limitée au sol avec plus de 100 000 soldats déployées dans la région.
Il est à noter que la modeste aviation iranienne d’avant guerre existe toujours avec le survol d’hélicoptères d’attaque Mi-28NE de Téhéran et surtout ceux d’un vieux avion de combat F-4 Phantom II et d’un chasseur Mig-29 pour accueillir l’avion spécial du Chef des forces armées pakistanaises et rendre la courtoisie aux Pakistanais. Ces derniers avaient fait escorter l’avion des émissaires iraniens par neuf avions de combat CAC/PAF JF-17 Block 3 Thunder en plus d’un avion de surveillance aérienne.
Océan indien
Diego Garcia, plaque tournante logistique militaire essentielle pour les États-Unis et le Royaume-Uni dans l’océan Indien, connaît actuellement un renforcement notable de ses capacités en matière de transport aérien stratégique et de ravitaillement en vol.
Des images satellites confirment la présence au sol d’avions-cargos de gros tonnage de type C-5M et C-17A, ainsi que de plusieurs ravitailleurs KC-135R, tandis que d’autres appareils de type KC-135R et C-17A sont actuellement en route. Cette initiative renforce la capacité de projection rapide de forces et la conduite d’opérations aériennes soutenues dans l’ensemble du Moyen-Orient et de la région de l’océan Indien, soulignant ainsi les préparatifs en vue d’éventuelles opérations d’urgence dans le cadre d’une reprise de la guerre contre l’Iran.
Cuba
Les États-Unis poursuivent leur planification militaire et mènent des opérations de surveillance au large de Cuba, tandis que Trump laisse entendre qu’une intervention est imminente ; toutefois, cette posture se heurte désormais à une opposition internationale directe de la part des dirigeants régionaux.
Un drone de surveillance MQ-4C Triton de la marine américaine a mené une mission de reconnaissance au large des côtes cubaines.
La situation sur l’île soumise à l’un des plus longs embargos de l’histoire demeure fort préoccupantes: lors d’un exercice militaire anti-drones, l’armée cubaine a utilisé un canon antiaérien bitube ZSU23-2 tracté par des bœufs sur un chemin agricole et il semble que soit les forces armées cubaines rationnent au maximum le carburant ou bien celui-ci est totalement épuisé sur l’île. Ce qui est déjà le cas pour les secteurs civils. Une éventuelle intervention militaire US à Cuba n’aura aucun mérite et sera assimilée à une agression d’opportunité comme le font les délinquants dans les grandes agglomérations urbaines.
Eurasie
La raffinerie de pétrole de Novokouïbychevsk, située dans la région russe de Samara, a été touchée par des drones lancé d’Ukraine, provoquant un incendie. La raffinerie de pétrole de Syzran, dans l’oblast de Samara, a été touchée par plusieurs frappes de drones.
Ces attaques s’inscrivent dans le cadre d’une vague plus large visant au moins quatre installations pétrolières, notamment des raffineries et des terminaux, dans les régions de Samara, de Leningrad et de Krasnodar.
Les attaques contre les infrastructures énergétiques et économiques russes se poursuivent dans le cadre d’une offensive générale coordonnée de drones visant plusieurs cibles contre les infrastructures énergétiques russes menée par les pays baltes, la Pologne, la Roumanie, l’Allemagne, le Danemark, la Suède, la France, la Grande-Bretagne et les Pays-Bas dans un effort d’enrayer la machine de guerre russe. Ces pays se cachent à peine derrière l’Ukraine mais la Russie est consciente de cette situation et s’inquiète plus des opérations US en Caspienne et en Asie centrale, lesquelles participent de façon différente mais convergente à la même stratégie. Cette situation passée au second plan lors de la guerre de l’Iran est une stratégie US de réponse symétrique indirecte au ciblage des infrastructures énergétiques et aux intérêts US dans le Golfe persique par l’Iran grâce à des données précises supposés fournies par la Russie ou la Chine.
La troisième guerre mondiale est la première guerre mondiale hybride à fronts à intensités variables et localisés sur fond de manipulation généralisée de l’économie mondiale et un semblant de stabilités des zones dites grises sous le gouvernement de pouvoirs locaux vassaux et précaires. L’évolution des situations au Moyen-Orient/Golfe, en Eurasie et dans les Caraïbes ne semblent pas favorables à court terme pour la paix et on se rapproche de plusieurs minutes du fameux minuit nucléaire.