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Le 31 mai 2026, le média iranien Mehr a fait état d’explosions sur l’île de Qeshm et dans deux autres lieux non précisés.
Le lendemain, le Commandement central américain (CentCOM) a déclaré que les forces américaines avaient frappé des sites de radars, de défense aérienne et de commandement de drones iraniens sur l’île de Qeshm et à Goruk après que l’Iran eut abattu avec succès un drone américain MQ-1.
La riposte iranienne a ciblé une base militaire US au Koweït avec un missile balistique. L’attaque iranienne aurait causé des pertes avec au moins quatre militaires américains tués ou blessés.
Quelques jours après ces frappes, les forces américaines ont neutralisé un pétrolier battant pavillon du Botswana qui faisait route vers l’île de Kharg, en Iran. Ce pétrolier aurait ignoré les avertissements américains- une vingtaine selon la marine de guerre US, laquelle a fini par le cibler avec un missile Hellfire. Ce missile a fini sa course sur sa salle des machines.
Le 2 juin 206, les habitants de l’île de Qeshm ont de nouveau signalé des bruits semblables à des explosions ; cette fois-ci, le réseau Faytuks a fait état d’une attaque américaine contre l’île, et les médias iraniens ont rapidement annoncé une nouvelle vague de frappes de missiles contre la base aérienne Ali Salem au Koweït. Le conflit s’est considérablement intensifié plus tard dans la nuit lorsque l’Iran a lancé des missiles balistiques sur le QG de la Cinquième Flotte américaine au Bahreïn et des bases militaires américaines en Arabie saoudite.
L’US Air Force a riposté en frappant des positions militaires iraniennes sur l’île de Qeshm, notamment un poste de contrôle au sol, et a annoncé avoir détruit plusieurs sites iraniens abritant des drones et des missiles d’où partaient des attaques contre les pays alliés du Golfe, abritant les bases militaires américaines.
Le Corps des gardiens de la révolution islamique iranien a revendiqué ces attaques, les qualifiant de représailles à la frappe américaine et menaçant de nouvelles actions.
Des informations non confirmées font également état d’explosions dans certaines régions d’Irak et de Bahreïn. La succession rapide de frappes et de ripostes, qui s’étend désormais à plusieurs pays, ajoute une nouvelle dimension dangereuse à la confrontation entre les États-Unis et l’Iran et accroît les risques déjà extrêmes pour la navigation dans le détroit d’Hormuz.
Les négociations entre Washington et Téhéran sont au point mort depuis des semaines en dépit de la répétition de déclarations mensongères par la partie américaines sur certains points, notamment la question nucléaire, visant plus à maintenir un niveau de guerre hybride et une possible manipulation des marchés boursiers. De son côté la partie iranienne maintient ses conditions et refuse non seulement les demandes maximalistes US mais a lié tout accord durable de cessez-le-feu à une cessation des attaques totalement disproportionnées d’Israël au Liban.
Trois mois après le déclenchement de l’opération Epic Fury, la situation ressemble plus à un immense imbroglio inextricable d’une magnitude stratégique majeure duquel aucun belligérant ne risque de sortir. Ce n’est plus un cas comme un autre des plus grands désastres stratégiques. C’est le summum de tout ce qu’il ne faut jamais faire en matière de stratégie.
Dans cette affaire foireuse majeure, les États-Unis et Israël ont joué leur va-tout et déjà perdu. Depuis des années, les ultras extrémistes israéliens suivent une doctrine stratégique que l’on peut parfaitement résumer dans cette phrase précise: « Nous n’avons pas besoin du monde, nous n’avons besoin que de Washington, et Washington nous appartient ». Ils ont jeté le soft power d’un David face à Goliath contre le hard power d’un Goliath rasant tout autour de lui. Ce faisant, les extrémistes ont confié les relations publiques à un escroc incapable de prononcer le mot « humilité »et qui semble désormais physiquement incapable de dissimuler son mépris.
Quand le président américain Donald Trump affirme que « Tout le monde déteste Israël à cause de ça », il brandit un miroir fait de verre brisé provenant d’un palais des glaces. Le reflet est plus qu’effrayant, mais c’est le seul objet honnête dans la pièce remplies de faux et de mensonges. Le monde ne voit pas seulement les décombres monstrueux de Gaza ; il voit le visage d’un Premier ministre prêt à se faire réprimander comme un simple mafioso pour préserver l’intégrité de sa coalition gouvernementale. L’image mondiale d’Israël n’est plus celle d’un État artificiel créé de toutes pièces ; c’est celle d’un État client demandant à son avocat de la pègre si le chèque a été encaissé. C’est une catastrophe qu’aucun Dôme de fer ne peut intercepter.
Il n’y a pas d’issue à ce théâtre obscur. Nous assistons au dernier acte d’une folie à deux où l’étreinte s’est transformée en étreinte mortelle. Netanyahou a besoin de l’image de force de Trump pour échapper au tribunal ; Trump a besoin de la base évangélique de Netanyahou pour échapper au commissariat. Toute cette transaction repose sur le postulat « tout le monde te déteste désormais » et ce postulat est non seulement réel mais se renforce de jour en jour. C’est un exercice de branding digne d’un culte de la mort dont on voit le rouleau compresseur en action transformer tout en montagnes de débris et de cadavres ayant les mains attachés derrière le dos et achevés d’une balle dans la nuque.